Il est un mystère que je ne suis jamais parvenu à résoudre : celui de la programmation des films à la télé. Alors que certaines semaines, toutes les chaînes ont l’air de se donner le mot pour allécher les cinéphiles, certaines autres, elles, font tout ce qu’elles peuvent pour les décourager. Cette semaine, par exemple, est à marquer d’une pierre «noire». Rien ne se détache du lot de médiocrités qui vous est proposé, à part «The Natural» qui doit essentiellement son intérêt au charisme de ses interprètes, Robert Redford, Glen Close, Kim Basinger et Barbara Hershey. Le film de Michael Goldenberg Bed or Roses porte bien son nom car il baigne dans la guimauve et l’eau de rose! En effet, le personnage de Lisa, interprété par Mary Stuart Materson, est une jeune femme qui travaille dans une banque d’investissements. Déçue dans sa vie sentimentale, elle a décidé de ne vivre que pour son travail. Lewis, interprété par Christian Slater, est un jeune veuf qui travaille comme livreur chez un fleuriste. Ces deux êtres sont faits pour ne jamais se rencontrer et pourtant le hasard va les mettre en présence. Dès lors, Lisa va recevoir tous les jours des roses... sans savoir qui les lui envoie... Michael Goldenberg a visiblement voulu faire une comédie romantique mais le résultat n’est ni comique, ni romantique. Le talent des interprètes n’est pas en cause mais la machine ne tourne jamais vraiment comme elle le devrait. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Rien non plus de très palpitant à dire en ce qui concerne Lover Boy, de Joan Micklin Silver. Le titre, à lui seul, suffit à vous éclairer sur le contenu. Randy est un jeune raté qui abandonne ses études pour travailler comme livreur dans une pizzeria. Sa clientèle est exclusivement composée de femmes plus très jeunes, mais très riches et négligées par leurs maris. Voici donc Randy transformé, par les circonstances, en gigolo et traînant d’un lit à l’autre... Toutes les situations sont prévisibles, avec toutes les complications d’usage : mariés trompés, maîtresses jalouses, etc. Ce n’est, de plus, ni très sexy, ni très explicite malgré le titre. Quant aux scènes de lit, elles ne sont ni drôles, ni embarassantes, ce qui est vraiment le comble de ce que l’on aurait pu en attendre! Un ratage total dont vous pouvez vous dispenser. Diffusion lundi à minuit sur LBCI The Natural de Barry Levinson n’est pas ce que Robert Redford a fait de mieux dans sa carrière. Et pourtant il y avait dans cette histoire, librement adaptée du roman original de Bernard Balamud, des éléments intéressants. Roy, le personnage qu’incarne Robert Redford, est un jeune campagnard extrêmement doué par le baseball, dans les années trente. Il quitte donc la campagne pour aller vers la grande ville afin d’y décrocher un contrat dans l’équipe de Chicago. Effectivement, ses qualités sportives attirent vite l’attention des dirigeants de l’équipe et Roy est sur le point de devenir la grande vedette qu’il espère lorsque sa carrière est brisée par un scandale : sa liaison avec une femme mariée et le drame qui en découlera. Alors commence pour Roy une longue traversée du désert et ce n’est que seize ans plus tard, alors qu’il a passé l’âge des exploits, qu’il décroche un contrat de joueur dans une équipe de base-ball. La faiblesse du film réside dans le scénario qui s’éparpille inutilement dans une foule de détails et de personnages secondaires. D’où la longueur du film qui aurait gagné à être amputé d’une bonne vingtaine de minutes. Il reste la qualité des interprètes avec au générique l’excellent Robert Duvall et trois actrices aux tempéraments totalement différents : Glen Close, Kim Basinger et Barbra Hershey. Et bien entendu le charme charismatique de Robert Redford, héros fragile qui fera chavirer tous les cœurs. Diffusion mardi à 23h30 sur LBCI Le réalisateur français Henri Verneuil a tenté une carrière hollywoodienne, à la fin des années soixante, avec Guns for San Sebastian. Au milieu du XVIIIe siècle, à Chihuahua, au Mexique. Poursuivi par les troupes gouvernementales, le rebelle Léon Alastray est hébergé et soigné par un vieux père franciscain, le père Joseph. Ce dernier est, à la suite de cette action, envoyé dans le petit village de San Sebastian. Il emmène avec lui Alastray. Après un long trajet à travers le désert, ils atteignent enfin San Sebastian où une voilente attaque des Indiens Yaquis vient de se produire. Le père Joseph est tué par un pillard et Alastray, habillé en franciscain, est pris par les habitants pour ce nouveau prêtre qu’ils attendent. Alastray accepte à contrecœur de tenir ce rôle... Henri Verneuil a manifestement tenté de retrouver le style et le succès de The Magnificent Seven. Si, plus d’une fois, on regrette que les rapports d’Alastray avec les bandits ou avec les Indiens n’aient pas plus de relief, la bataille finale est en tout cas un spectaculaire morceau de bravoure digne des meilleures réussites américaines du genre. Anthony Quinn, que l’on a connu si inégal, parvient à donner à son personnage une véritable intensité, son interprétation semblant d’ailleurs par moments curieusement inspirée de certains films japonais. Diffusion mercredi à 23h30 sur Future TV Les Américains trouvent que Chevy Chase est très drôle. Il n’y a qu’eux, visiblement, pour le croire. Aucun des films de cet acteur n’ayant marqué les annales du cinéma, en dehors des USA. Et ce n’est pas Modern Problems de Ken Shapiro qui vous convaincra du contraire. Chevy Chase incarne un employé au trafic aérien dans un aéroport qui vit avec la belle Darcey, après avoir divorcé. Mais la jalousie morbide qui a été à la base de l’échec de son premier mariage fait surface à nouveau et Darcey le quitte, sans crier gare. Alors qu’il est décidé à la reconquérir, il se trouve accidentellement investi de pouvoirs télépathiques qui lui permettent d’user de méthodes complètement inimaginables pour arriver à ses fins. Ce qu’il y a d’inimaginable dans le film, c’est l’histoire. Comment a-t-on pu penser une telle ineptie, complètement dénuée d’intérêt et jouée sans aucun humour par un Chevy Chase qui n’arrive même pas à vous faire sourire... Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Et voici revenu le robot justicier de Robocop dont Irvin Kershner signe, cette fois, la réalisation avec Robocop 2. En l’an 2000, à Detroit, Robocop, machine d’acier et d’électronique greffée sur le corps et le cerveau d’un policier assassiné, a fort à faire. Des gangs de voyous, galvanisés par une nouvelle drogue, le «nuke», terrorisent la ville. Robocop et sa fidèle coéquipière, Anne, affrontent Cain, le caïd de la drogue... Trois ans après Robocop, Peter Weller revêt à nouveau la carapace de 15 kilos de la créature métallique, cette fois sous la direction d’Irvin Kershner qui succède à Paul Verhoven. Peter Weller retrouve sa partenaire, Nancy Allen. Tom Noonan, qui incarne le méchant, jouait dans Wolfen. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Passer derrière la caméra est une ambition que beaucoup d’acteurs nourrissent... d’actrices aussi puisque tel est le cas d’Anne Bancroft, qui signe avec Fatso son premier (et dernier) film! Alors qu’Ida Lupino, actrice célèbre des années quarante, avait opéré avec succès sa reconversion en réalisatrice, en s’attaquant à des problèmes de la vie américaine, Anne Bancroft raconte avec Fatso l’histoire d’un Italien d’origine dont la gourmandise est le péché «mignon». Lorsqu’un de ses amis meurt d’une crise cardiaque à cause de son obésité, Dominic décide de se mettre au régime. Ce qui n’est pas facile! Hésitant entre la comédie et le pathétique, le film ne réussit jamais à convaincre d’autant plus que quelques-uns des gags sont à la limite de la vulgarité. Ce qui est sans doute le fait de Mel Brooks, le mari d’Anne Bancroft, qui n’a jamais fait dans la subtilité! Et Dom de Luise joue aussi gros qu’il est gros! Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
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