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Actualités - Biographies

Tanzanie L'ancien président Julius Nyerere est mort

L’ancien président Julius Nyerere de Tanzanie est mort à Londres à l’âge de 77 ans, a annoncé hier le président tanzanien Benjamin Mkapa à la télévision tanzanienne. Le président tanzanien a demandé à la nation de «rester calme». Julius Nyerere était hospitalisé dans une unité de soins intensifs à l’hôpital Saint-Thomas à Londres depuis le 9 septembre dernier pour une leucémie. Il avait été victime d’une attaque cérébrale dans la nuit de mardi à mercredi. Surnommé le «Mwalimu» (professeur en langue kiswahili), Julius Nyerere avait conduit son pays à l’indépendance en 1961 et s’était retiré volontairement de la présidence tanzanienne en 1985. Il a incarné à l’instar du Ghanéen Kwameh Nkrumah ou du Sénégalais Leopold Senghor une idée de l’indépendance africaine. De l’indépendance en 1961 à son départ pacifique de la présidence puis de sa retraite, il est resté un combattant engagé des causes continentales : non-alignement, anti-impérialisme, panafricanisme, lutte contre l’apartheid, nouvel ordre économique international. Officiellement nommé «père de la Patrie», Julius Nyerere a voulu créer un «socialisme à l’africaine» qui n’a jamais signifié un alignement sur les thèses soviétiques. L’expérience n’a pas été un succès économique, mais a cimenté une nation. Militant indépendantiste, Julius Nyerere avait conduit le Tanganyika, ancienne colonie britannique, à l’indépendance le 9 décembre 1961. En unissant le Tanganyika aux îles de Zanzibar et de Pemba, dans l’océan Indien, il a créé la Tanzanie le 26 avril 1964. Pour émanciper son peuple du néocolonialisme, il a imposé dans son fameux discours d’Arusha en 1967 une expérience originale de «socialisme à l’africaine», l’Ujamaa («solidarité» en kiswahili), basée sur une «villagisation» de l’habitat dispersé, dans des communautés traditionnelles, avec mise en commun des infrastructures essentielles (dispensaires, écoles, coopératives, etc.), et dont les membres choisissaient eux-mêmes leurs responsables. Toujours très populaire chez la grande majorité des Tanzaniens, Julius Nyerere a été sévèrement critiqué pour sa vision «utopique» du socialisme et pour avoir «appauvri» son pays. Sur la scène internationale, le nom et la voix de ce grand orateur sont vite devenus célèbres grâce à ses critiques acerbes du nouvel ordre économique mondial et de l’indifférence, quand ce n’était pas du cynisme, du monde industrialisé. Il a été l’un des fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963. Après son départ volontaire du pouvoir en 1985, il est resté pendant cinq ans le président du parti unique qu’il avait fondé en 1965, le Chama Cha Mapinduzi (CCM). Après sa retraite, des pays et des institutions internationales ont sollicité son art des négociations pour résoudre des conflits. En 1995, l’OUA lui a demandé de ramener la paix dans la région des Grands Lacs et il est devenu, en 1998, le médiateur des pourparlers à Arusha entre le pouvoir burundais dominé par les Tutsis et la rébellion hutue, sans jamais parvenir à faire cesser les combats jusqu’à aujourd’hui. Julius Kambarage Nyerere était né en 1922 à Butiama, près du lac Victoria. Son père était le chef de la tribu des Wazanaki, des éleveurs. Sa première vocation, après des études en Ouganda puis à l’Université d’Edimbourg (Écosse), a été l’enseignement, ce qui lui a valu, jusqu’à sa mort, le surnom de Mwalimu. Cet homme modeste, toujours souriant, dont la façon de vivre et l’attitude étaient souvent comparées à celles d’un prêtre, vivait depuis 1985 retiré dans son village natal de Butiama. Il a eu huit enfants.
L’ancien président Julius Nyerere de Tanzanie est mort à Londres à l’âge de 77 ans, a annoncé hier le président tanzanien Benjamin Mkapa à la télévision tanzanienne. Le président tanzanien a demandé à la nation de «rester calme». Julius Nyerere était hospitalisé dans une unité de soins intensifs à l’hôpital Saint-Thomas à Londres depuis le 9 septembre dernier pour une leucémie. Il avait été victime d’une attaque cérébrale dans la nuit de mardi à mercredi. Surnommé le «Mwalimu» (professeur en langue kiswahili), Julius Nyerere avait conduit son pays à l’indépendance en 1961 et s’était retiré volontairement de la présidence tanzanienne en 1985. Il a incarné à l’instar du Ghanéen Kwameh Nkrumah ou du Sénégalais Leopold Senghor une idée de l’indépendance africaine. De l’indépendance...