Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Shlomo Ben Ami et le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, se sont réunis hier à Jérusalem sans pouvoir parvenir à un accord sur un terrain disputé face à la basilique de l’Annonciation à Nazareth. Dans une déclaration à la presse à l’issue de la rencontre, Mgr Sabbah s’est contenté d’indiquer : «Il n’y a pas eu de solution». Le dignitaire religieux évoquait la dispute sur le terrain que les musulmans veulent utiliser pour édifier une mosquée face à la basilique de l’Annonciation, lieu où selon la tradition l’Ange Gabriel annonça à la Vierge Marie qu’elle portera l’Enfant Jésus. En revanche, le ministre israélien s’est voulu optimiste sur les chances de parvenir à un accord. «La réunion a été très bonne. Nous avons discuté de la question de Nazareth et des lignes générales des propositions que le gouvernement va soumettre aux musulmans et aux chrétiens», a-t-il dit. «Nous avons eu des discussions utiles», a ajouté M. Ben Ami. Il a indiqué ne pas être au courant d’une menace du Vatican de reconsidérer le principe d’une visite du pape Jean-Paul II en Terre sainte, programmée pour mars, en cas d’absence d’un accord sur cette question. M. Ben Ami avait indiqué, lundi, qu’il entendait donner son feu vert dans les prochains jours à la construction d’une mosquée de 700 m2 sur les 2 000 m2 de terrain, près de la basilique de l’Annonciation à Nazareth. «La décision définitive sera annoncée dans les tout prochains jours», a-t-il ajouté, sans préciser si le chantier serait lancé avant les festivités de l’an 2000 et la visite prévue du pape. Lundi soir, le ministre israélien du Tourisme, Amnon Lipkin-Shahak, a rencontré le patriarche Sabbah pour tenter de résoudre le litige entre chrétiens et musulmans. «Sa Béatitude a informé le ministre de la position de l’Église concernant la récente crise à Nazareth et lui a demandé de trouver un règlement rapide et juste qui conviendrait au statut unique et spécial de cette Ville sainte», a indiqué un communiqué du bureau de Mgr Sabbah. «M. Lipkin-Shahak a indiqué que le gouvernement israélien proposerait une solution à cette crise le plus tôt possible», selon le texte. Pour sa part, le Premier ministre israélien Ehud Barak a déclaré lundi qu’«avec de la bonne volonté, il y a toujours une solution» au sujet du litige de Nazareth. Le maire de Nazareth, Ramez Jaraisy, un chrétien, veut aménager une vaste place sur le terrain contesté en prévision de la venue de centaines de milliers de pèlerins attendus pour le Jubilé de l’An 2000. Les Églises chrétiennes et le Vatican sont opposés à la construction de la mosquée. Le tribunal de district de Nazareth a statué la semaine dernière que le terrain disputé n’appartenait pas au Waqf, l’organisme chargé de la gestion des biens musulmans, mais faisait partie du domaine public. Les musulmans de la ville revendiquent la propriété de ce terrain où a été érigé le tombeau d’un personnage local vénéré, Chéhabeddine, à qui ils veulent consacrer une mosquée. Le Mouvement islamique en Israël a vivement protesté contre l’opposition de principe du Vatican. Nazareth, 60 000 habitants, est la plus importante ville arabe d’Israël.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Shlomo Ben Ami et le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, se sont réunis hier à Jérusalem sans pouvoir parvenir à un accord sur un terrain disputé face à la basilique de l’Annonciation à Nazareth. Dans une déclaration à la presse à l’issue de la rencontre, Mgr Sabbah s’est contenté d’indiquer : «Il n’y a pas eu de solution». Le dignitaire religieux évoquait la dispute sur le terrain que les musulmans veulent utiliser pour édifier une mosquée face à la basilique de l’Annonciation, lieu où selon la tradition l’Ange Gabriel annonça à la Vierge Marie qu’elle portera l’Enfant Jésus. En revanche, le ministre israélien s’est voulu optimiste sur les chances de parvenir à un accord. «La réunion a été très bonne. Nous avons discuté de...