Révolution dans la natation : le bureau de la Fédération internationale de natation (Fina), réunie le week-end dernier au Koweït, a autorisé le port des combinaisons dans les compétitions, ce qui donnera aux champions des allures d’homme-grenouille. Ces combinaisons, employées jusqu’à présent notamment par les nageurs australiens Ian Thorpe et Michael Klim, ne devront pas couvrir la tête, les mains et les pieds, selon les firmes spécialisées dans ce secteur. Le célèbre entraîneur en chef australien Dan Talbot, qui avait soulevé la question en demandant à la Fina de se prononcer pour savoir si les combinaisons seraient autorisées aux Jeux olympiques de Sydney en septembre 2000, a immédiatement commenté cette décision en ces termes : «Maintenant je veux être sûr qu’elles seront disponibles pour tout le monde car ce n’est pas dans l’intérêt du sport si la technologie est seulement disponible pour certains nageurs». Ces combinaisons coûtent en effet à l’unité environ 250 dollars américains (190 euros environ). Chez Speedo, la firme australienne propriété du groupe britannique Pentland, on se réjouit de la décision de la Fina. «Nos combinaisons en Aquablade, qui découvrent les bras, permettent de réduire la résistance de la forme et la friction des contacts pendant le temps de la glisse, notamment au départ et aux virages qui représentent 15 % en moyenne du temps des courses et pendant lesquels les nageurs doublent leur vitesse», assure un porte-parole. «Elles sont efficaces dans les coulées, particulièrement en papillon et sur les distances à partir du 400 mètres». « Comme un pneu antipluie » «La structure du textile agit comme un pneumatique antipluie», ajoute ce porte-parole de Speedo qui promet une nouvelle «bombe» pour le printemps prochain, trop tard pour que la concurrence puisse selon lui réagir avant Sydney. Chez Arena, fournisseur de l’équipe de France, on affirme que ces «combinaisons, pas très esthétiques, éloignent un peu de la philosophie qui voulait jusqu’à présent que le maillot soit le plus léger possible avec le moins de tissu possible». Ces nouvelles combinaisons pourraient permettre l’apparition d’inscriptions publicitaires, apportant une manne importante à un sport qui a longtemps vécu dans le plus pur amateurisme, mais peuvent être génératrices de nombreux conflits. Ainsi le jeune (16 ans) prodige australien Ian Thorpe a dévoilé le 31 août une nouvelle combinaison intégrale Adidas, qu’il pourrait ne pas être autorisé à enfiler à Sydney en raison d’un conflit avec Speedo, le parraineur de l’équipe australienne de natation. La seule manière pour Thorpe de porter la combinaison Adidas est de convaincre le Comité olympique australien qu’elle fait partie de l’équipement technique, au même titre que les lunettes. «Je l’ai portée pour ma première séance à mon retour des Jeux Pan Pacifiques, je l’ai quittée à la moitié de la séance, et j’ai alors eu l’impression de pousser et de tirer un semi-remorque», avait déclaré Thorpe pour vanter les mérites de cette nouveauté qui pourrait faire fureur au XXIe siècle.
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