Le président palestinien Yasser Arafat a vivement accusé hier le Premier ministre israélien Ehud Barak de poursuivre la colonisation juive en Cisjordanie qui détruit selon lui le processus de paix. «La poursuite de la colonisation détruit le processus de paix et viole un accord clair que j’avais passé avec Yitzhak Rabin, selon lequel il n’y aurait aucune nouvelle maison (juive) ou extension des implantations existantes», a-t-il affirmé dans une conférence de presse en faisant allusion au défunt chef de gouvernement israélien assassiné en novembre 1995. M. Arafat s’est exprimé à Gaza après des entretiens avec le président de la Finlande Martti Ahtisaari. Il a indiqué que des appels d’offres pour la construction de 3 084 logements juifs en Cisjordanie ont été lancés depuis que M. Barak a accédé au pouvoir il y a trois mois. Le mois dernier, le mouvement anticolonisation La Paix maintenant avait affirmé que le Cabinet de M. Barak avait lancé des appels d’offres pour la construction de 2 600 logements dans les territoires palestiniens, contre 3 000 par an en moyenne lorsque le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu était aux affaires. M. Arafat a par ailleurs réitéré sa volonté de créer à brève échéance un État palestinien indépendant. «Le comité central (de l’OLP) prendra une décision à ce sujet, et ce sera sans doute bientôt», a-t-il dit. Abed Rabbo se déchaîne Par ailleurs, le chef des négociateurs palestiniens pour le statut final, Yasser Abed Rabbo, s’est déchaîné hier contre le Premier ministre israélien Ehud Barak, estimant que ses récentes initiatives sont «provocatrices» et «folles» et vont «attiser le feu». Lors d’une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, M. Abed Rabbo a dénoncé «l’augmentation du nombre des initiatives provocatrices de Barak ainsi que ses folles décisions sur la colonisation et la confiscation de très grandes superficies de terres désormais considérées comme zones militaires». «Barak se comporte comme s’il voulait affirmer que sa politique était une continuation de celle du gouvernement extrémiste de (Benjamin) Netanyahu, avec quelques modifications dans la forme et le ton», a-t-il dit. Selon Yasser Abed Rabbo, également ministre de l’Information, la politique du Premier ministre israélien «finira par attiser de nouveau le feu et anéantir la confiance au lieu de la bâtir, ce dont Barak prétend être soucieux». Il s’en est particulièrement pris à la politique israélienne sur Jérusalem, estimant que «la poursuite des atteintes à la Ville sainte sera le détonateur non seulement de l’anéantissement des perspectives futures de négociations mais aussi de tout ce qui a été réalisé jusqu’à présent». Le responsable palestinien a également estimé que le fait que M. Barak n’a pas encore désigné les membres de la délégation israélienne aux négociations sur le statut final «vise à perdre du temps afin de transformer le facteur temps en un moyen de pression sur nous». «Barak, a-t-il enchaîné, veut nous faire traîner jusqu’au mois de février pour nous proposer un plan pour le règlement final ou une nouvelle solution intermédiaire, qui seront sans aucun rapport avec les principes énoncés par la légalité internationale». Pour M. Abed Rabbo, «le gouvernement israélien doit se rendre compte qu’aucune solution et aucun règlement ne peuvent être trouvés sans la création d’un État palestinien ayant pour capitale Jérusalem». Israéliens et Palestiniens sont convenus, dans l’accord qu’ils conclu le 5 septembre dernier à Charm el-Cheikh en Egypte, de mettre au point, au plus tard le 13 février 2000, un accord-cadre définissant les grandes lignes d’un règlement final sur les territoires de Cisjordanie et Gaza. En septembre dernier, juste après la signature de l’accord de Charm el-Cheikh, Israël a bouclé quelque 2 300 hectares de terres dans le sud de la Cisjordanie. Les négociations israélo-palestiniennes sur le statut final ont été officiellement lancées par la suite le 13 septembre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président palestinien Yasser Arafat a vivement accusé hier le Premier ministre israélien Ehud Barak de poursuivre la colonisation juive en Cisjordanie qui détruit selon lui le processus de paix. «La poursuite de la colonisation détruit le processus de paix et viole un accord clair que j’avais passé avec Yitzhak Rabin, selon lequel il n’y aurait aucune nouvelle maison (juive) ou extension des implantations existantes», a-t-il affirmé dans une conférence de presse en faisant allusion au défunt chef de gouvernement israélien assassiné en novembre 1995. M. Arafat s’est exprimé à Gaza après des entretiens avec le président de la Finlande Martti Ahtisaari. Il a indiqué que des appels d’offres pour la construction de 3 084 logements juifs en Cisjordanie ont été lancés depuis que M. Barak a accédé au pouvoir il...