Les Palestiniens souhaitant emprunter le passage spécial qui reliera la bande de Gaza et la Cisjordanie seront soumis à de sévères mesures de contrôle par l’armée israélienne. Le «passage sûr», dont le parcours de 44 km emprunte les autoroutes 4 et 35 dans le sud du territoire israélien, doit faciliter la circulation des Palestiniens entre les régions autonomes de Cisjordanie et de Gaza. Pour utiliser ce passage, les candidats doivent présenter une demande au ministère palestinien des Affaires civiles, qui transmettra les listes au coordinateur spécial de l’armée israélienne dans les territoires occupés. Selon l’accord conclu, les responsables israéliens sont tenus de faire connaître leur réponse dans un délai de deux jours ouvrables pour les voyageurs ne disposant pas de véhicule et de cinq jours ouvrables pour les autres. Tous les véhicules palestiniens seront soumis à la fouille du côté israélien du terminal routier d’Erez, à la sortie nord de la bande de Gaza ou dans une base de l’armée israélienne située au bout de la route numéro 35, près de Tarqumiyah, aux abords de Hébron, en Cisjordanie. Les chauffeurs devront apposer sur leur pare-brise un autocollant et disposeront d’une heure et demie pour effectuer le parcours, jalonné de panneaux de signalisation noir et blanc portant des inscriptions en arabe et en hébreu. Les autocars disposeront de deux heures. Les Palestiniens «interdits d’entrée en Israël» pourront toutefois voyager à bord d’autobus escortés par la police israélienne pendant tout le parcours et devront se soumettre à la fouille des Israéliens soit au départ soit à l’arrivée. Les autorités israéliennes ne précisent pas pour quelles raisons elles interdisent l’accès de leur territoire. En tout état de cause, les voyageurs palestiniens, qu’ils circulent à bord de leur véhicule ou non, doivent respecter le principe de la souveraineté israélienne et peuvent donc à tout moment être arrêtés par la police israélienne, précise un communiqué officiel israélien. Lorsqu’un Palestinien s’éloigne du passage spécial, viole la loi israélienne ou ne respecte pas les délais imposés pour parvenir au terminal routier dans le sens inverse, il s’expose à une enquête de police voire à une détention. Les Palestiniens pourront utiliser ce passage dans les deux sens pendant dix heures par jour, entre 07h00 locales (05h00 GMT) et 17h00 (15h00 GMT). Le passage sera ouvert les samedis (shabbat, le jour de repos hebdomadaire sacré chez les juifs). Mais il sera fermé à l’occasion de trois jours fériés israéliens, le Yom Kippour (jour du Grand Pardon), le jour du Souvenir et le jour de l’Indépendance d’Israël, ainsi que pendant des jours «ayant une signification particulière». L’ouverture de ce passage donne simplement le droit aux Palestiniens d’emprunter une route déjà existante qui restera ouverte à tout le monde, Israéliens comme touristes. La route, que rien ne distingue d’une route normale, sera patrouillée par la police israélienne. Il sera toutefois strictement interdit aux Palestiniens de s’en écarter, le trajet ayant été défini à l’avance et devant être achevé dans une durée précise. Si un véhicule n’a pas atteint l’autre bout à l’échéance du temps imparti, la police commencera ses recherches sur-le-champ. La seule exception à l’interdiction de s’écarter de la route prescrite concerne les urgences médicales. Dans ce cas, le conducteur a le droit de se rendre directement à l’hôpital le plus proche. Mais il devra ensuite faire rapidement un rapport aux autorités.
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