L’offre du dollar continuait de se développer à Beyrouth en ce début de semaine, dans un marché toujours tourné vers les placements en livre libanaise et gouverné par l’action de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière, en maintenant ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue à faire clôturer le billet vert au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, en raison de la réticence de la demande privée, les établissements de crédit ont été amenés à céder le dollar à la BDL au bas de sa fourchette d’intervention, indique-t-on dans les milieux cambistes de la place. Pour ce qui est du volume d’affaires de la journée d’hier, il aurait dépassé dix millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 501,00 LL, selon ces mêmes sources. Le dollar dans des marges étroites sauf contre le yen avant la Fed À l’étranger, et après avoir évolué toute la matinée d’hier dans des marges étroites, le dollar a été poussé à la hausse face au yen en fin de journée sur les marchés des changes internationaux, encouragé par une reprise de Wall Street à la veille de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux. Le billet vert a fait aussi du surplace face aux principales devises européennes dans la perspective d’un statu quo monétaire aux États-Unis qui a tiré l’indice Dow Jones des industrielles à la hausse dans un mouvement interprété comme un signe que le marché table dans sa majorité sur un maintien des taux américains. À cet égard, les opérateurs ont été rassurés hier par une enquête de la National Association for Business Economics où 37 économistes interrogés pensent que la Fed ne changera pas sa politique monétaire. Certains d’entre eux pensaient qu’elle pourrait au plus adopter une directive penchant vers une hausse future des taux à l’issue de sa réunion d’aujourd’hui. Selon la majorité de ces économistes, l’inflation devrait se situer à 2,1 % en rythme annuel cette année et à 2,3 % en 2000. Et d’ajouter que la croissance devrait se poursuivre à 3,8 % en 1999 avant de ralentir quelque peu à 2,7 % en 2000, pour justifier ce statu quo monétaire à la faveur d’un contexte de croissance solide mais sans signe d’inflation. Si la Fed laisse ses taux inchangés, il est probable que la Banque centrale européenne (BCE) fasse de même après-demain, à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs, indique-t-on dans les milieux cambistes pour expliquer le peu d’engouement pour la monnaie unique. Il est à rappeler que celle-ci a été soutenue ces derniers jours par des spéculations sur une possible hausse du loyer de l’argent dans la zone euro après une série de chiffres économiques positifs et de déclarations encourageantes de responsables européens. Quant à la livre sterling, elle est restée relativement stable face au dollar et à l’euro. Selon les opérateurs, elle devrait continuer à évoluer dans une fourchette étroite en attendant aussi la décision après-demain du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt. À cet égard, la majorité des économistes prévoit une pause après la hausse surprise des taux d’intérêt d’un quart de point en pourcentage à 5,25 % au début du mois, mais un nouveau resserrement monétaire n’est pas totalement exclu. Eu égard à toutes ces considérations, une prudente expectative s’est installée hier sur les marchés, faisant finalement négocier le dollar à New York sur une ton légèrement soutenu à indécis, comme suit : – 1,0732 pour un euro contre 1,0730, vendredi dernier – 1,6555 pour un sterling contre 1,6550 – 1,8225 DM contre 1,8230 – 6,1120 FF contre 6,1135 – 1,4845 FS contre 1,4820 _ 1 804,25 lires contre 1 804,55 – 106,25 yens contre 104,95. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth s’est stabilisée en ce début de semaine, toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions devant reproduire leurs derniers cours de vendredi dernier. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est finalement maintenu à 75,51 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 180,04 points. Le marché, initialement très calme, a été pourtant animé hier par une application portant sur 50 997 actions de la société Rymco à 2 1/2 dollars la pièce. De ce fait, le volume d’affaires de la journée d’hier devait totaliser quelque 96 964 actions d’une valeur globale de 243 823 dollars. Wall Street : hausse d’espoir Wall Street semble estimer en ce début de semaine que la Fed ne va pas remonter ses taux d’intérêt aujourd’hui, après les précédentes hausses décidées en août et en juin qui ont porté le taux interbancaire au jour le jour servi sur les fonds fédéraux (Fed funds) à 5,25 % et le taux d’escompte à 4,75 %. Cette perspective a donc relancé des anticipations de hausse de la cote américaine, tirant tous les indices à la hausse. La Bourse américaine a été en plus encouragée par plusieurs fusions et acquisitions annoncées ou en préparation dont les plus importantes impliquent le secteur de télécommunications qui a entraîné dans son sillage le compartiment de la haute technologie ainsi que les industrielle. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas de 10 274,27 points à un plus haut à 10 417,69 points, avant d’afficher en préclôture 10 390,78 points, en hausse de 117 78 points sur vendredi dernier. Nette reprise des Bourses européennes Les principales places européennes affichaient de sensibles hausses lundi en fin de journée, malgré que les investisseurs restaient prudents alors que trois banques centrales – américaine, britannique et européenne – se réunissent cette semaine pour décider ou non de relever leurs taux d’intérêt. En clôture, l’indice CAC 40 à Paris et le FTSE-100 à Londres affichaient un gain de 1,16 % et de 1,38 % tandis que le Dax allemand s’adjugeait 1,84. Milan et Zurich gagnaient 1,4 % chacune, Madrid 1,6 % et Amsterdam 1,3 %. Les valeurs belges perdaient en revanche du terrain, cédant en moyenne 0,4 % selon le Bel-20. Quant aux indices multipays, le FTSE Eurotop 300 paneuropéen et l’Eurostox 50 limité aux valeurs vedettes de la zone euro engrangeaient chacun 1,35 %. Les nouvelles, en provenance des sociétés, n’étaient pas légion. À Londres, le groupe chimique britannique ICI gagnait 0,5 % vers 10h00 GMT, après l’annonce de la vente de son activité acrylique pour 505 millions de livres ($834,3 millions). Toujours dans le domaine des cessions, la National Westminster Bank cédait près de 1 %. La Banque britannique envisagerait de se séparer de certains actifs non stratégiques d’une valeur de quelque cinq milliards de livres pour mieux résister à l’offensive de la Bank of Scotland, a-t-on appris dimanche de source bancaire. Le titre de l’agence de recrutement Reed Executive faisait un bond de près de 19 %, après avoir été recommandé à l’achat par le Financial Mail de dimanche. À Paris, Seita gagnait 2,7 %, après l’annonce officielle par le fabricant de cigarettes français de négociations en vue d’un rapprochement avec l’espagnol Tabacalera. À Madrid, la cotation de Tabacalera, qui, de son côté, a fait état de discussions avancées avec son concurrent français, devait reprendre à 10h00 GMT (midi heure de Paris). Toujours à Paris, Aerospatiale-Matra s’adjugeait 6,5 % dans la perspective de sa prochaine entrée dans le CAC 40. À la distribution, le britannique Tesco affichait une des plus fortes hausses des valeurs du Footsie, après les informations du Financial Times de samedi selon lesquelles la chaîne de supermarchés pourrait faire l’objet d’une offre de la part d’un concurrent européen. Le quotidien financier souligne que Tesco pourrait être une cible attrayante pour ses concurrents européens dont les valorisations boursières sont plus élevées. Ainsi, a souligné le FT, Tesco ne se négocie que 17 fois ses résultats attendus, tandis que certains distributeurs alimentaires européens se paient jusqu’à 30 fois leurs résultats. Le multidistributeur Pinault-Printemps-Redoute faisait mieux que le CAC 40 et avançait de 1,8 %. À Milan, Unim, foncière dans laquelle l’assureur Ina détient 16 %, accusait un repli de 1,19 % à 0,497 euro vers 10h23 GMT, mais se traitait toutefois légèrement au-dessus du prix de 0,49 euro offert par Milano Centrale, filiale immobilière de Pirelli, dans le cadre de son OPA hostile de 2,3 milliards d’euros. Tokyo : en hausse modérée malgré le « Takan » La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,3 % lundi, une vague de ventes de dernière minute effaçant en partie une nette progression enregistrée en cours de séance après l’annonce d’une amélioration du moral des grandes entreprises. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a gagné 51,15 points pour finir à 17 763,71 points. L’indice élargi Topix a progressé de 0,90 point à 1 515,98 points. Le volume des transactions a été de 428 millions d’actions contre 543,5 millions vendredi. Le Nikkei avait gagné quelque 180 points à 17 888,86 au cours de la séance du matin à la suite de la publication du rapport Takan de la Banque du Japon traduisant une nette progression de la confiance dans la grande industrie japonaise. Cet indice de confiance pour les trois mois se terminant en septembre s’est établi à moins 22 (ce qui signifie que les pessimistes l’emportent sur les optimistes) contre moins 37 lors de la dernière enquête de la BoJ, ce qui représente sa plus forte hausse en 12 ans. «L’enquête Takan a pavé la voie aux gains d’aujourd’hui», a indiqué Kazue Mayuzumi, senior analyste à Nikko Securities. «Les résultats de l’enquête, qui correspondent aux hypothèses les plus optimistes du marché, vont soutenir la tendance haussière de l’économie», a ajouté M. Mayuzumi. La Bourse a cependant fléchi peu avant la clôture. Les investisseurs «se sont débarrassés d’une partie de leurs actions en fin de séance quand ils se sont aperçus que les cours ne monteraient pas plus haut», a indiqué Kazunori Jinnai, opérateur à Daiwa Securities SB Capital Markets. L’action Sumitomo Metal Mining Co., compagnie mère de JCO, l’opérateur du site de Tokaimura où est survenu jeudi l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire du pays, a perdu 36 yens, soit 80,4 %, à 391 yens. Les titres high-tech ont progressé, Kyocera Corp. gagnant 220 yens, soit 2,7 % à 8 320 yens, Toshiba progressant de 17 yens, soit 2,2 %, à 795 yens.
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