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Actualités - Chronologie

Voyages - Recettes et flux accrus Ethique mondiale du tourisme

Un «code mondial d’éthique du tourisme», élaboré par les 138 pays et territoires membres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), ambitionne de jouer un rôle de garde-fou accompagnant le triplement des flux internationaux de voyageurs prévu d’ici à 2020. Le code, qui prône les idéaux d’un tourisme respectueux des hommes, des cultures locales et de l’environnement, a été formellement adopté à la fin de la semaine dernière en clôture des travaux de l’assemblée générale de l’OMT, réunie tous les deux ans pour voter ses grands chantiers. «La pression du tourisme sur la société va s’accentuer de manière considérable dans les prochaines années», prévient Francesco Frangialli, président de l’organisation intergouvernementale (chargée par les Nations unies de promouvoir et développer l’activité). L’OMT prévoit en effet 1,602 milliard d’arrivées internationales de touristes à travers le monde en 2020, contre 625 millions en 1998. Depuis 1990, ces flux de voyageurs ont fait un bond de 36 %, accompagnés de recettes touristiques accrues de 65 %. «Le tourisme peut entraîner le meilleur et le pire à la fois», résume le responsable de l’OMT. D’un côté, l’activité est créatrice d’emplois et de nouveaux débouchés pour des produits artisanaux. De l’autre, elle peut contribuer à la destruction des communautés d’accueil et à la standardisation de leur culture, regrette M. Frangialli. Un premier code éthique avait été rédigé par l’OMT il y a quinze ans, sans grand impact sur la branche. À l’époque, «la prostitution des enfants n’était pas aussi présente et les problèmes environnementaux étaient moindres», souligne M. Frangialli. Dimension ambitieuse Le nouveau document de recommandations éthiques prend une dimension relativement ambitieuse, car il est assorti d’un protocole d’application créant d’ici à deux ans un «comité mondial d’éthique du tourisme». Les membres de ce comité pourront à l’avenir être saisis d’une demande de règlement d’un litige d’ordre éthique, par un État, un organisme ou une entreprise, et ils émettront un avis. L’initiative repose toutefois sur «un mécanisme de conciliation volontaire», n’imposant pas aux États souverains de tenir compte de cet avis. Après avoir sondé ses membres, l’organisation a en effet renoncé à imposer une instance d’«arbitrage» dont les décisions auraient eu un caractère plus coercitif. «L’OMT n’est pas un Parlement mondial en matière de tourisme, le code n’a pas de caractère obligatoire pour les États», a dû marteler Alain Pellet, le conseiller juridique de l’OMT, face à quelques délégations comme l’Inde, l’Allemagne, le Japon ou l’Algérie, opposées à l’adoption d’un protocole d’application. Le code d’éthique lui-même, dont les principes généraux restent assez éloignés des pratiques en vigueur dans certains pays membres de l’OMT, n’a pas suscité un débat de fonds dans les travées plutôt clairsemées des congressistes. L’Uruguay ou l’Argentine se sont toutefois inquiétés d’un paragraphe stipulant que les États ont la responsabilité de la sécurité des touristes. Cuba a salué la condamnation de l’exploitation sexuelle, tout en souhaitant y ajouter une phrase critiquant «la diffamation» à l’encontre d’un pays. La Colombie a également mis en exergue les responsabilités des médias, susceptibles d’être de «grands ennemis du tourisme». Les règles de bonne conduite adoptées à Santiago doivent être largement diffusées dans les prochains mois auprès des acteurs publics et privés du tourisme, ainsi que du grand public via Internet.
Un «code mondial d’éthique du tourisme», élaboré par les 138 pays et territoires membres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), ambitionne de jouer un rôle de garde-fou accompagnant le triplement des flux internationaux de voyageurs prévu d’ici à 2020. Le code, qui prône les idéaux d’un tourisme respectueux des hommes, des cultures locales et de l’environnement, a été formellement adopté à la fin de la semaine dernière en clôture des travaux de l’assemblée générale de l’OMT, réunie tous les deux ans pour voter ses grands chantiers. «La pression du tourisme sur la société va s’accentuer de manière considérable dans les prochaines années», prévient Francesco Frangialli, président de l’organisation intergouvernementale (chargée par les Nations unies de promouvoir et développer...