Quelque 2 000 faux chirurgiens esthétiques sévissent au Pérou, et plus particulièrement à Lima, provoquant souvent chez leurs patients insatisfaits de leur apparence physique des dégâts irréparables, selon la Société de chirurgie plastique péruvienne. Une véritable frénésie du remodelage facial, surtout parmi les Péruviennes, est à l’origine de ce phénomène. Souvent dans les mois qui suivent une intervention, à un tarif défiant toute concurrence par rapport aux honoraires d’un vrai spécialiste, la patiente a le désagrément de constater que son nez est toujours aussi aquilin qu’auparavant, qu’un de ses seins est nettement plus menu que l’autre en dépit de l’installation d’un implant de silicone, et que la cellulite qui avait fondu à la suite d’une liposuccion est de retour. La négligence et l’incompétence de ces faux chirurgiens qui opèrent pour des sommes variant de 200 à 300 dollars ont des conséquences désastreuses. «Souvent à l’issue d’une ces opérations, la cliente se retrouve affublée d’une cicatrice pour le moins disgracieuse, provoquant immanquablement un traumatisme psychologique qui parfois, dans des cas extrêmes, peut conduire au suicide», souligne le docteur Jorge Moreno, président de la société de chirurgie plastique du Pérou. Les hommes aussi Les hommes n’échappent pas non plus à la tentation de se doter d’une apparence physique plus avantageuse, suivant en cela l’exemple de vedettes péruviennes de la télévision et du cinéma qui ne font pas mystère d’avoir eu recours à la dextérité d’un chirurgien. Ainsi le transsexuel Fulvia Célica, vedette de la télévision, a non seulement reconnu qu’il avait changé de sexe grâce à l’art médical, mais aussi que son corps a été entièrement remodelé au prix de 35 interventions afin d’acquérir une silhouette féminine, à laquelle il aspirait «avec ardeur et plaisir». «Le Pérou compte à peine 150 vrais chirurgiens spécialisés dans ce domaine dont 120 sont dûment enregistrés auprès de notre société», rappelle le docteur Jorge Moreno, qui a demandé aux autorités d’intervenir sans délai pour mettre un terme à cet abus de confiance. «Ces faux chirurgiens ont pignon sur rue à Lima, poursuit-il. Leurs cabinets sont situés dans le centre-ville et dans les principales artères de la capitale. En outre, ils publient des encarts publicitaires dans les journaux offrant leurs services». «Se qualifiant eux-mêmes de chirurgiens esthétiques, ils n’hésitent pas à affirmer qu’une simple liposuccion suffit pour faire disparaître jusqu’à 90 % de l’excès de graisse et qu’on peut rectifier jusqu’à 80% d’un visage», souligne-t-il encore. « Nipponiser » les yeux Il raconte que tout récemment, une jeune femme s’est présentée à son cabinet pour solliciter un remodelage de son nez. Un rapide examen lui a permis de constater que celle-ci s’était fait rectifier l’appendice nasal au moins à cinq reprises par un faux chirurgien. «Son nez n’était qu’une cicatrice, les tissus étaient défaits et fibreux, ce n’était pas une rectification dont elle avait besoin mais une authentique reconstruction», a-t-il expliqué. Il y a quelques années, un de ces charlatans affirmait dans une publicité qu’il était en mesure de «nipponiser» les yeux des Péruviens afin de pouvoir se faire passer pour un descendant de Japonais installés au Pérou au début du siècle et obtenir ainsi plus facilement un visa pour le pays du Soleil levant après avoir adopté un faux patronyme à consonance nippone. «On ignore combien de personnes il a pu duper, car il est plus aisé de débrider des yeux que le contraire», affirme le docteur Jorge Moreno, appelant les candidats à une intervention à prendre des précautions minimales pour s’assurer de la compétence du chirurgien qu’ils envisagent de consulter pour éviter de connaître des déboires traumatisant et qui aboutissent presque toujours à un résultat contraire à celui recherché.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quelque 2 000 faux chirurgiens esthétiques sévissent au Pérou, et plus particulièrement à Lima, provoquant souvent chez leurs patients insatisfaits de leur apparence physique des dégâts irréparables, selon la Société de chirurgie plastique péruvienne. Une véritable frénésie du remodelage facial, surtout parmi les Péruviennes, est à l’origine de ce phénomène. Souvent dans les mois qui suivent une intervention, à un tarif défiant toute concurrence par rapport aux honoraires d’un vrai spécialiste, la patiente a le désagrément de constater que son nez est toujours aussi aquilin qu’auparavant, qu’un de ses seins est nettement plus menu que l’autre en dépit de l’installation d’un implant de silicone, et que la cellulite qui avait fondu à la suite d’une liposuccion est de retour. La négligence et...