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Actualités - Chronologie

Garzon l'incorruptible : un ancien séminariste devenu magistrat

Baltasar Garzon, qui veut accrocher à son tableau de chasse Augusto Pinochet, est un juge-vedette, incorruptible, admiré et redouté dans toute l’Espagne pour avoir jeté en prison pêle-mêle terroristes, trafiquants de drogue ou anciens ministres. Après avoir enquêté sur de nombreux scandales, ce juge d’instruction de l’Audience nationale (principale instance pénale espagnole) s’est attaqué à l’ex-dictateur chilien dans une affaire de dimension internationale jamais atteinte dans toute sa carrière, pourtant déjà bien remplie. Grâce à sa forte personnalité et à sa réputation de «bosseur infatigable», Garzon, un Andalou de 43 ans à l’allure d’un play boy discret, était devenu, avant même l’affaire Pinochet, un des personnages les plus connus en Espagne mais aussi l’un des plus controversés. Beaucoup l’accusent d’ambition démesurée. Il répond rarement à ses détracteurs et préfère se servir, avec parcimonie, de la presse pour éviter que ses enquêtes ne soient enterrées ou que le gouvernement ne s’y mêle de trop près. Baltasar Garzon se déclare de «gauche» et estime que «la corruption politique est le pire des maux». Ces deux raisons l’ont conduit à accepter un passage en politique en 1993 : il est élu député sur les listes socialistes et le chef du gouvernement de l’époque Felipe Gonzalez le nomme secrétaire d’État pour la lutte antidrogue. Sa «carrière» politique fut toutefois courte. Il démissionne de son secrétariat d’État neuf mois plus tard car, selon lui, on ne lui donne pas les moyens pour lutter contre la corruption. Les socialistes prétendent que la vraie raison de son départ du gouvernement est plutôt qu’on lui a refusé un poste de ministre (Intérieur ou Justice). À peine revenu à l’Audience nationale, Garzon rouvre le dossier des Groupes antiterroristes de libération (GAL), les commandos antiséparatistes basques responsables d’une vingtaine d’assassinats dans les années 80. Grâce à sa longue et tumultueuse enquête sur ce scandale ayant touché le gouvernement de Felipe Gonzalez, la justice a condamné l’an dernier à dix ans de prison l’ancien ministre de l’Intérieur socialiste José Barrionuevo et son ex-bras droit, le secrétaire d’État à la Sécurité Rafael Vera. Baltasar Garzon est également connu pour sa lutte implacable contre l’organisation indépendantiste basque ETA – envoi en prison de nombreux activistes, fermeture du quotidien nationaliste Egin – et les mafias organisant le trafic de drogue à grande échelle. Rien pourtant ne le prédestinait à ces faits de gloire. D’origine très modeste, il avait beaucoup hésité avant de choisir le métier de magistrat, penchant longtemps pour la vocation de prêtre, après avoir passé six ans dans des séminaires d’Andalousie.
Baltasar Garzon, qui veut accrocher à son tableau de chasse Augusto Pinochet, est un juge-vedette, incorruptible, admiré et redouté dans toute l’Espagne pour avoir jeté en prison pêle-mêle terroristes, trafiquants de drogue ou anciens ministres. Après avoir enquêté sur de nombreux scandales, ce juge d’instruction de l’Audience nationale (principale instance pénale espagnole) s’est attaqué à l’ex-dictateur chilien dans une affaire de dimension internationale jamais atteinte dans toute sa carrière, pourtant déjà bien remplie. Grâce à sa forte personnalité et à sa réputation de «bosseur infatigable», Garzon, un Andalou de 43 ans à l’allure d’un play boy discret, était devenu, avant même l’affaire Pinochet, un des personnages les plus connus en Espagne mais aussi l’un des plus controversés....