Des dirigeants africains se sont plaints à l’Onu que le monde néglige les problèmes du continent, alors que le président Bill Clinton appelait à une action internationale pour résoudre les conflits armés en Afrique. La communauté internationale ne s’intéresse pas suffisamment aux problèmes de l’Afrique, ont déclaré le président du Zimbabwe Robert Mugabe et le ministre ghanéen des Affaires étrangères James Gbeho au cours de la seconde journée de débats de l’Assemblée générale de l’Onu à New York. Citant en exemple l’intervention de la force de maintien de la paix dirigée par le Nigeria en Sierra-Leone, Bill Clinton a estimé que «lorsque des pays africains agissent pour rétablir la paix et sauver des vies, nous devrions trouver des moyens de les aider». M. Mugabe a fait part de son inquiétude en affirmant qu’«une opération de maintien de la paix insuffisamment financée en République démocratique du Congo serait une preuve de la marginalisation croissante de l’Afrique dans le nouvel ordre mondial». «Nous avons vu ces derniers mois les ressources que le monde est capable de mobiliser en peu de temps pour les Balkans. Nous ne voyons pas les mêmes réactions pour les tragédies qui se déroulent en Afrique», a déclaré pour sa part James Gbeho. Les États africains «se sentent victimes d’une discrimination quand la réaction de la communauté internationale face aux conflits du continent est faible ou tiède», a-t-il ajouté. Lundi, le Premier ministre français Lionel Jospin avait regretté «la relative timidité de l’Organisation (des Nations unies) lorsque l’Afrique est concernée». Le président du Zimbabwe a pour sa part appelé la communauté internationale «à soutenir de tout son poids les initiatives de paix africaines, mais aussi à épauler les capacités institutionnelles et opérationnelles de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) en matière de prévention, traitement et résolution des conflits en Afrique». M. Mugabe a notamment demandé une application plus stricte des sanctions de l’Onu contre l’Unita, le mouvement rebelle qui a relancé l’offensive dans la guerre civile qui ravage l’Angola. S’agissant de la pauvreté du continent, il a fait remarquer que l’aide au développement était tombée de 21,5 milliards de dollars en 1993 à 18,7 milliards en 1997, soit bien en dessous des 30 milliards que les économistes estiment nécessaires pour faire baisser la pauvreté en Afrique. Enfin, dans le domaine de la santé, le sida devrait tuer plus de personnes et faire plus d’orphelins dans la prochaine décennie que toutes les guerres du XXe siècle réunies, a déclaré M. Mugabe. «Ceci est tragique, injuste, c’est une calamité économique», a-t-il ajouté. Bill Clinton a indiqué qu’il essaierait d’obtenir 100 millions de dollars pour la «bataille contre l’épidémie de sida» en Afrique. Il a aussi engagé les États-Unis à accélérer la mise au point et l’envoi de vaccins contre le paludisme, la tuberculose, le sida et d’autres fléaux. Pour le président américain, l’aide au développement doit aller là «où nous savons que ça marche : des crédits pour les personnes démunies créant leur affaire, pour maintenir les filles à l’école, pour répondre aux besoins des mères et des enfants».
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