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Actualités - Chronologie

Yémen L'empereur Saleh triomphe avant même le verdict des urnes

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dépeint comme un empereur par ses partisans, tenait hier un dernier meeting à Sanaa et s’attendait à une victoire triomphante au scrutin présidentiel. Alors que les 5,6 millions de votants inscrits se préparaient à se rendre aux urnes aujourd’hui pour cette première élection présidentielle dans la péninsule arabique, le candidat indépendant Najib Qahtan al-Chaabi semblait se résigner à la défaite et n’est même pas apparu à son propre meeting mardi à Sanaa. Dès le début de la campagne, il a été éclipsé par M. Saleh, au pouvoir depuis 21 ans, dont les portraits et les slogans couvrent la capitale. La candidature de M. Chaabi, 46 ans, pourrait n’être guère plus qu’un signe de respect pour la Constitution, qui requiert au moins deux candidats. Virtuellement inconnu, M. Chaabi, qui tire sa notoriété du fait qu’il est le fils du premier président de l’ex-Yémen du Sud, a reçu peu d’attention de la part des médias. Et son programme est semblable à celui du président Saleh, ce qui n’est pas surprenant vu qu’il est membre du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG). M. Saleh est demeuré sous les feux des projecteurs alors qu’il couronnait par un meeting populaire à Sanaa hier une campagne de 20 jours dans les principales provinces du pays, promettant l’égalité sociale, moins de corruption, un appareil judiciaire plus indépendant et une décentralisation politique. Selon des économistes, M. Saleh devrait tirer avantage de la légitimité qui lui serait octroyée par une victoire massive pour aller de l’avant dans l’austère programme de réforme économique lancé il y a quatre ans. D’après un sondage effectué auprès de 10 500 personnes, le président est crédité de 88,25 % des suffrages et son adversaire de 11,75 % des voix. La campagne a été pacifique, ce qui relève de l’exploit dans un pays où la population est fortement armée et où les tribus échappent au pouvoir central. Mais les autorités ont mobilisé 55 000 militaires pour veiller au bon déroulement du scrutin. Le maréchal Saleh, 57 ans, se pose comme le champion d’un Yémen moderne, stable et unifié et les affiches le présentent comme «le symbole de la liberté et de la démocratie». Ses partisans le comparent à Napoléon et des portraits le montrent à cheval, en uniforme de combat et portant le drapeau yéménite, une image empruntée à un tableau célèbre de l’empereur français. Le président Saleh a été élu président du Yémen unifié en 1990 et son mandat a été renouvelé par l’Assemblée en 1994, après que ses troupes eurent écrasé une tentative de sécession sudiste lors d’une guerre civile de deux mois. Depuis l’unification, il a entamé un processus de démocratisation et deux élections législatives se sont déroulées, en 1993 et en 1997, bien que cette dernière ait été boycottée par l’opposition conduite par le Parti socialiste yéménite (PSY, ancien parti dirigeant du sud).
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dépeint comme un empereur par ses partisans, tenait hier un dernier meeting à Sanaa et s’attendait à une victoire triomphante au scrutin présidentiel. Alors que les 5,6 millions de votants inscrits se préparaient à se rendre aux urnes aujourd’hui pour cette première élection présidentielle dans la péninsule arabique, le candidat indépendant Najib Qahtan al-Chaabi semblait se résigner à la défaite et n’est même pas apparu à son propre meeting mardi à Sanaa. Dès le début de la campagne, il a été éclipsé par M. Saleh, au pouvoir depuis 21 ans, dont les portraits et les slogans couvrent la capitale. La candidature de M. Chaabi, 46 ans, pourrait n’être guère plus qu’un signe de respect pour la Constitution, qui requiert au moins deux candidats. Virtuellement...