Le président chinois Jiang Zemin s’est efforcé d’imposer la relance des réformes économiques et le principe de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) lors d’une importante réunion du Parti communiste chinois (PCC) qui s’est ouverte hier à Pékin. À dix jours du cinquantième anniversaire de la fondation du régime, la première réunion du comité central depuis un an n’a que quatre jours pour s’attaquer à «la tâche formidable» de résoudre les problèmes des entreprises d’État, a annoncé le Premier ministre Zhu Rongji. Selon l’économiste Hu Biliang, de la banque SG Securities, les 300 membres du comité central approuveront «des documents très importants» sur la réforme de ces entreprises souvent déficitaires en s’attaquant à leur cession après avoir largement engagé leur restructuration. «Il est temps de mettre fin à la maladie de la gestion directe des entreprises par le gouvernement», a indiqué l’agence Chine nouvelle. Les entreprises «qui souffrent de surproduction, d’inefficacité et de gaspillage seront inévitablement absorbées ou éliminées». L’assainissement des entreprises d’État, qui emploient encore près de 80 millions de citadins, a été lancé en septembre 1997 par le XVe congrès du parti. Mais l’élan a été sérieusement ralenti par la crise financière asiatique, qui a pesé sur l’économie chinoise à un moment où les autorités avaient besoin d’une croissance forte pour absorber les licenciements provoqués par la fermeture de milliers d’entreprises non rentables. Alors que quelque 20 millions de Chinois ont été licenciés en 1997 et 1998, plus de 7,4 millions ont encore été mis à pied au premier semestre, provoquant une montée du mécontentement social et des résistances au sein de l’appareil du PCC. Jiang Zemin a dû jeter tout son poids dans la bataille, prêchant la bonne parole des restructurations lors de multiples tournées en province, alors que son Premier ministre semblait lui laisser l’initiative sur ce terrain. M. Zhu, initialement considéré comme le principal architecte des réformes, s’est retrouvé en difficulté pour les concessions qu’il a offertes en avril aux États-Unis dans l’espoir d’obtenir l’adhésion de la Chine à l’OMC. Des rumeurs concernant sa démission toujours «prochaine» continuent à circuler. M. Zhu voit dans l’OMC un moyen d’imposer un calendrier de réformes au pays, mais les industriels chinois, relayés par les conservateurs du parti, craignent que ces concessions n’affaiblissent l’appareil productif en ouvrant brutalement la Chine aux importations. Après une interruption de plus de trois mois provoquée par le bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade, négociateurs chinois et américains se sont finalement retrouvés face à face la semaine dernière pour tenter d’arracher un accord sur l’OMC avant la fin de l’année. Selon M. Hu, le 4e plénum du comité central pourrait aussi décider d’accélérer la mise en place d’un véritable système de sécurité sociale national remplaçant les systèmes gérés actuellement par les entreprises publiques elles-mêmes. Cherchant à désamorcer la grogne avant le cinquantenaire du régime, les autorités ont annoncé une hausse de 30 % des allocations de chômage ainsi que des hausses de salaires «variables» dans les entreprises publiques. Mais «la pression du chômage augmentera après la réunion du parti, parce qu’il y aura plus de faillites», prévoit M. Hu. Pour alléger la pression, le pouvoir peut espérer une amélioration de la conjoncture : en août, les exportations se sont envolées de 17,8 %, un chiffre qui atténue les risques de dévaluation, estime-t-il.
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