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Actualités - Chronologie

Espionnage Archives Mitroukhine : les SR britanniques dans la tourmente

Les services de contre-espionnage britanniques, le MI5, se retrouvent une nouvelle fois accusés d’incompétence et d’irresponsabilité après les cas d’espionnage au profit de Moscou révélés par Vassili Mitrokhine, ancien archiviste du KGB passé à l’ouest en 1992. Déjà abondamment critiqué par le passé pour ses multiples bourdes, le MI5 a été sommé de s’expliquer lundi sur cette affaire par le ministre de l’Intérieur, Jack Straw. Il aurait omis d’informer le gouvernement jusqu’en décembre dernier du cas d’une grand-mère communiste qui avait fourni des décennies durant des secrets d’État au gouvernement soviétique. Les services secrets de la Couronne, soucieux de ne pas éveiller l’attention de Moscou sur les archives Mitrokhine, avaient dès 1992 décidé de leur propre chef de ne pas poursuivre l’espionne Melita Norwood, aujourd’hui âgée de 87 ans. À en croire la presse et d’anciens agents de la Couronne, les services de renseignements intérieurs britanniques n’en sont pas à leur premier ratage et leur fonctionnement prend parfois des tournures des plus fantaisistes. En août 1997, David Shayler, ancien agent du MI5 aujourd’hui réfugié en France, avait ainsi dénoncé publiquement «l’inefficacité, la bureaucratie, l’alcoolisme» et les bévues de ses anciens collègues. D’après lui, l’organisation avait «complètement raté» l’occasion qui s’offrait à elle, au début des années 1990, de démanteler l’Armée républicaine irlandaise. Ce «ratage» était dû uniquement à l’«inefficacité et à la bureaucratie excessive» du service, trop occupé à enquêter sur les personnalités travaillistes susceptibles de devenir ministres en 1992. L’année dernière, Richard Tomlinson, un ancien espion de la Couronne, avait de son côté jeté le discrédit sur le MI6, les services de renseignements extérieurs, qu’il avait notamment accusés d’«activités illégales». Les «révélations» de David Shayler avaient suscité un vif émoi en Grande-Bretagne, et un comité parlementaire britannique avait réclamé la mise en place d’une procédure d’enquêtes indépendantes sur les activités des services secrets. Ces demandes étaient restées lettre morte, mais après les premières révélations des «archives Mitrokhine», Jack Straw a décidé de sévir : le MI5 sera désormais invité à dresser chaque année à l’intention du gouvernement un état circonstancié des cas d’espionnage. Avec la fin de la guerre froide et la disparition de la menace soviétique, le MI5 s’est vu confier davantage de missions de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, notamment le trafic de drogue. Quant à Vassili Mitrokhine, il est aujourd’hui un citoyen britannique. Il se cache quelque part au Royaume-Uni, sous la protection des services secrets de la Couronne reconnaissants: l’ancien archiviste leur a fourni quelque 200 000 documents sur les activités du KGB, patiemment recopiés pendant plus d’une décennie.
Les services de contre-espionnage britanniques, le MI5, se retrouvent une nouvelle fois accusés d’incompétence et d’irresponsabilité après les cas d’espionnage au profit de Moscou révélés par Vassili Mitrokhine, ancien archiviste du KGB passé à l’ouest en 1992. Déjà abondamment critiqué par le passé pour ses multiples bourdes, le MI5 a été sommé de s’expliquer lundi sur cette affaire par le ministre de l’Intérieur, Jack Straw. Il aurait omis d’informer le gouvernement jusqu’en décembre dernier du cas d’une grand-mère communiste qui avait fourni des décennies durant des secrets d’État au gouvernement soviétique. Les services secrets de la Couronne, soucieux de ne pas éveiller l’attention de Moscou sur les archives Mitrokhine, avaient dès 1992 décidé de leur propre chef de ne pas poursuivre...