Le dollar est resté confiné dans des limites très étroites autour du point inférieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL), à Beyrouth, sur un marché rendu très calme par l’absence d’intérêts à la demande du billet vert dont l’offre continuait à être liée aux besoins de placement en bons du Trésor libanais. Et c’est grâce au maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, que la devise américaine a dû achever la journée au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Toutefois, en l’absence de contreparties valables à l’achat du billet vert en dehors de la BDL, les établissements de crédit de la place ont été amenés à le céder à cette dernière à 1 502,00 LL, dans un volume d’affaires ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, indique-t-on dans les milieux cambistes. Le sterling dopé par la hausse surprise des taux britanniques À l’étranger, la livre sterling s’est nettement appréciée face aux autres grandes monnaies hier sur les marchés des changes internationaux, soutenue par la décision inattendue de la Banque d’Angleterre d’augmenter d’un quart de point en pourcentage les taux d’intérêt britanniques, pour la première fois depuis juin 1998. Le dollar, pour sa part, est parvenu à se reprendre légèrement face à l’euro et au yen, profitant du renouement de Wall Street avec la hausse consécutivement à la détente du marché obligataire américain. Ce phénomène s’est renforcé après qu’il se fut avéré que l’intervention, tant attendue, du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, hier n’a eu aucun impact sur les places financières, ce dernier ayant prononcé à Chicago un discours très général sur l’économie, sans référence explicite aux marchés. Pourtant, le billet vert avait entamé la journée en net recul face aux devises européennes après la publication de bonnes statistiques en Allemagne et en Italie et le relèvement surprise des taux d’intérêt en Grande-Bretagne. À cet égard, les opérateurs avaient été très sensibilisés dans la matinée d’hier par l’annonce d’une hausse de 1 % de la production industrielle allemande en juillet contre 0,3 % en juin et par la révision à la hausse de la croissance économique italienne de 0,9 % à 1,1 % cette année par la confédération patronale Confindustria. Cela d’autant que ces deux statistiques intervenaient au lendemain de l’annonce par l’INSEE d’une accélération de la croissance en France au deuxième trimestre. De plus, le billet vert s’était ressenti aussi par la décision surprise de la Banque d’Angleterre qui a voulu agir par précaution afin d’éviter de plus importants relèvements du loyer de l’argent à l’avenir et pour juguler la progression des prix à long terme. Pour ce qui est du yen, il a fini par se stabiliser face au dollar après un repli initial en début de journée consécutivement à la publication de chiffres décevants faisant état d’une diminution de 13,4 % des investissements des entreprises japonaises au deuxième trimestre. Cette statistique, qui a amené de nombreux économistes à réviser à la baisse leurs prévisions sur la croissance nippone, continuait donc à peser sur la devise nippone. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar, qui s’est affaibli face au sterling, a présenté de meilleures dispositions contre les autres grandes monnaies, se négociant à New York, comme suit : – 1,0598 pour un euro contre 1,0590, la veille – 1,6205 pour un sterling contre 1,6050 – 1,8458 DM contre 1,8470 – 6,1895 FF contre 6,1935 – 1,5105 FS contre1,5095 – 1 827,00 lires contre 1 828,25 – 111,02 yens contre 110,80. Bourse de Beyrouth : hausse de Solidere A Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a fonctionné hier sous le signe de la hausse des actions A de Solidere de 7 1/4 à 7 1/2 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les sociétés libanaises cotées a augmenté de 0,29 % à 76,52 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit hier dans un marché étriqué avec 39 587 actions négociées d’une valeur globale de 291 869 dollars. Irrégularité de Wall Street Sur les autres grandes places, Wall Street a fait preuve d’irrégularité après une ouverture dans le rouge en attendant le discours du président de la Fed à Chicago. D’un côté, sa tendance a été affectée par les tensions sur les taux d’intérêt américains qui ont frappé d’hésitation les valeurs financières. Mais d’un autre côté, elle a été soutenue par la hausse des prix pétroliers qui a revigoré les compagnies de ce secteur, ainsi que par l’engouement manifesté pour les valeurs de la distribution. De fait, la cote américaine, qui était très prudente avant l’intervention du président de la Fed, s’est montrée plus rassurée après que celui-ci se fut borné à un discours très général sur l’économie, sans référence explicite aux taux d’intérêt pas plus qu’aux marchés boursiers américains. Mais, après les craintes exprimées par le gouverneur de la Fed, Laurence Meyer, quant à une possible résurgence de l’inflation, le marché américain a replongé dans le rouge avec la remontée du rendement de l’obligation du Trésor à 30 ans de 6,0320 à 6,0550 %. C’est ainsi qu’après un début faible et en douceur, les échanges ont été ensuite plus nourris, mais avec des signes d’irrégularité de la cote. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a oscillé entre un plus bas à 10 967,32 points et un plus haut à 11 117,39 points, avant d’afficher en préclôture 11 998,62 points, en baisse de 35,51 points sur la veille. Résistance des Bourses européennes sauf Londres Les marchés boursiers européens ont le plus souvent bien résisté mercredi, malgré le relèvement inattendu des taux de la Banque d’Angleterre (BOE), ceux de la zone euro n’enregistrant pour la plupart que des écarts limités. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a cédé 0,11 %, à 1 320,66, tandis que l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro se repliait de 0,19 %, à 3 827,07. Tandis que le FTSE, à Londres, reculait de 0,89 %, et que la Bourse suisse perdait 0,38 %, Paris est resté pratiquement inchangé (+0,01 %), Francfort a pris 0,17 % et Milan 0,60 %. Les compartiments qui ont perdu du terrain sont ceux qui avaient particulièrement monté ces derniers temps, les télécoms et la pharmacie notamment. Quant aux hausses, elles ont été menées par les valeurs des médias, au lendemain de l’annonce du projet de fusion entre les américaines Viacom et CBS. Plus généralement, ce sont les valeurs susceptibles de bénéficier le plus de l’amélioration des perspectives économiques en Europe qui ont progressé. «Pour se renforcer dans ces secteurs, il faut réaliser des bénéfices par ailleurs, et il y a des bénéfices dans les télécoms», a expliqué Nigel Cobby, chez Morgan Stanley Dean Witter. En réaction au relèvement d’un quart de point du taux directeur de la BOE, à 5,25 %, la Bourse de Londres a reculé, comme l’on pouvait s’y attendre, mais aussi les places de la zone euro, à la veille de la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Après cette réaction, qualifiée par certains d’épidermique, les marchés de la zone euro ont en général effacé leurs pertes. Les valeurs de la distribution ont progressé de 0,7 %, grâce surtout à l’envolée de 4,5 % réalisée par le français Carrefour bien que le commissaire européen à la concurrence, Karel van Miert, eut dit que la Commission européenne se pencherait probablement sur son projet de fusion avec Promodès, en hausse quant à elle de 4,08 %. Dans le compartiment médias, en progrès de 1,5 %, on a notamment remarqué l’intérêt dont a bénéficié le français Canal Plus, en hausse de 3,7 %, au lendemain de l’annonce du rachat de CBS par Viacom aux États-Unis pour environ 37 milliards de dollars en titres. «Cette fusion a réveillé les rumeurs sur Canal Plus et BSkyB», a dit Nigel Cobby en notant qu’une consolidation semble déjà s’être amorcée aussi dans les médias européens. BSkyB, à Londres, n’a que légèrement progressé de 0,08 %. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,4 % mercredi, les investisseurs hésitant à s’engager à la veille de la publication des chiffres de la croissance japonaise, selon des sources de marché. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a abandonné 66,12 points pour finir à 17 641,38 points. L’indice élargi Topix a perdu 2,05 points à 1 502,57 points, avec un volume des échanges plus limité, qui a porté sur 480 millions d’actions contre 487,1 millions mardi. «Les investisseurs ne pouvaient qu’être prudents», a estimé Tsuyoshi Segawa, analyste chez New Japan Securities Co. Ltd. Le gouvernement japonais doit publier jeudi le chiffre du Produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre. Selon un panel de 20 économistes interrogés par l’AFP, cet indicateur devrait être en repli de 0,2 % par rapport au 1er trimestre. La prudence des investisseurs s’explique également par l’attente de déclarations que doivent faire dans la journée le président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan et le secrétaire au Trésor Lawrence Summers, selon Tsuyoshi Segawa. Toutefois, selon un courrier de Nikko Securities Co. Ltd., «le sentiment du marché ne se dégrade pas, la résistance à la baisse restant solide autour des 17 500 points». «Même si demain les chiffres du PIB sont moins bons que prévu, nombre d’investisseurs attendant du gouvernement des mesures susceptibles d’assurer la reprise économique», a-t-il estimé. L’indice Nikkei a perdu jusqu’à près de 200 points durant la séance, tombant à 17 509,73 dans l’après-midi avant de regagner du terrain en clôture.
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