Le roi Abdallah II de Jordanie a achevé mardi une visite au Koweït où il a jeté les bases d’une nouvelle relation entre les deux pays après une décennie de discorde datant de la crise du Golfe. Le souverain jordanien s’est entretenu avant son départ avec l’émir du Koweït, cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah, «des moyens de renforcer les relations bilatérales», selon un responsable à la cour de l’émir, cheikh Nasser Mohammad al-Sabah. «Les discussions se sont déroulées dans un climat fraternel et d’entente», a ajouté cheikh Nasser, cité par l’agence officielle Kuna. La visite de deux jours du roi Abdallah est la première d’un souverain jordanien au Koweït depuis l’invasion irakienne en 1990, au cours de laquelle Amman avait été accusé de prendre le parti de Bagdad. Le souverain hachémite a quitté l’émirat pour l’Égypte, afin de s’enquérir de la santé du président Hosni Moubarak, légèrement blessé lundi par un assaillant armé d’un couteau. La presse koweïtienne s’est félicitée mardi des résultats de la visite, le journal al-Qabas la qualifiant de «couronnement de la normalisation entre le Koweït et la Jordanie» alors que pour le quotidien anglophone Kuwait Times, il s’agit d’une «réconciliation royale». «L’Irak craint le rapprochement jordano-koweïtien», titrait pour sa part le journal al-Rai al-Am. Le ministre koweïtien de l’Information, Saad Mohammad ben Teflah al-Ajmi, avait affirmé samedi que «la détente entre le Koweït et la Jordanie va renforcer l’isolement du régime irakien et accélérera sa chute». Un journal irakien, al-Iraq, a violemment réagi mardi en affirmant que Bagdad était capable de faire tomber le régime koweïtien s’il le voulait et accusé les dirigeants koweïtiens de servir un complot visant à «diviser la nation arabe et islamique». Le roi Abdallah II avait affirmé à son arrivée dans l’émirat lundi que sa visite ouvrait «une nouvelle page historique pour les relations fraternelles qui nous lient au Koweït». «Les différends passagers ne vont pas affecter nos relations», avait-il ajouté. Après sa libération en février 1991 de sept mois d’occupation irakienne, le Koweït avait gelé toute relation avec le royaume hachémite, accusé de s’être rangé aux côtés de Bagdad, et les liens n’ont été rétablis qu’en mars avec la réouverture de l’ambassade de Jordanie à Koweït. Le roi Abdallah a également rencontré mardi des membres de la communauté jordanienne au Koweït, qui ne sont plus aujourd’hui qu’environ 40 000. Après la libération de l’émirat, près de 300 000 Jordaniens d’origine palestinienne qui travaillaient dans cet émirat ont été forcés de partir. Parmi eux figurait une certaine Rania al-Yassine, aujourd’hui reine de Jordanie et qui a accompagné son mari lors de cette visite. La reine Rania a profité de son retour au Koweït pour visiter la New English School qu’elle avait fréquentée entre 1975 et 1987 et où elle était accompagnée par une meute de photographes, encadrés par un important dispositif de sécurité. Avant la guerre du Golfe, la Jordanie et le Koweït entretenaient d’excellentes relations. Le royaume hachémite avait mandaté des forces armées dans cet émirat en 1959 lorsque le président irakien de l’époque Abdel Karim Qassem avait menacé d’envahir le Koweït. En outre, le Koweït a été le premier pays à soutenir la Jordanie lors d’émeutes contre la cherté de vie en 1989, en lui apportant une aide d’urgence de 40 millions de dollars.
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