L’Allemand Marcel Wust (Festina) a endossé mardi le maillot or de leader du Tour d’Espagne cycliste en remportant la 3e étape, la plus longue de l’épreuve avec 233 km entre La Roda près d’Albacete et Fuenlabrada dans la banlieue de Madrid. Wust, déjà vainqueur la veille, s’est imposé au sprint devant l’Italien Giovanni Lombardi et le Russe Sergueï Smetanine après plus de six heures de course. Au classement général, il devance l’Australien Robbie McEwen et le Sud-Africain Robert Hunter, vainqueur de la première étape. Premier favori, Abraham Olano est 5e. À 32 ans, Wust compte dix victoires dans la Vuelta mais enfile son premier maillot de leader. Il ravit la première place au Français des Lotto Jacky Durand, arrivé loin derrière après avoir décroché dans le seul col de la journée, qui ne présentait pourtant pas une grosse difficulté. Le coureur espagnol German Nieto a tenté l’impossible avec une échappée solitaire de 190 km et une avance maximale de 23 minutes. Repris à sept kilomètres de l’arrivée, il a fini, épuisé, avec plusieurs minutes de retard. Raisons pour tenter l’impossible German Nieto ? Le coureur espagnol des Fuenlabrada avait au moins trois bonnes raisons pour sortir de l’anonymat l’espace d’un jour. D’abord, l’étape finissait à... Fuenlabrada, une ville qui abrite le siège de son équipe. Ensuite, sur le plan personnel, ce Madrilène de 26 ans sait qu’il peut se retrouver sans formation à la fin de la saison après avoir fini dernier de la Vuelta-98. «Je pourrais me consacrer à la charpenterie», racontait-il dimanche, fataliste et philosophe, au quotidien espagnol El Pais dans un article prémonitoire intitulé : «La victoire impossible de German Nieto». Enfin, encore plus poignant que les affaires d’équipe et de contrat : Nieto avait reçu le matin même l’accolade du père de Manuel Sanroma, son équipier décédé en course en juin. Cravate noire, traits tirés, l’homme a salué un par un les anciens camarades de son fils mort à 22 ans sur le Tour de Catalogne. Avec un petit développement, pour avaler au plus vite les kilomètres, les mâchoires serrées, Nieto a longtemps maintenu son effort à 50 km/heure, mais son avance n’était plus que de 6 minutes à 25 km de l’arrivée, 3 minutes à 15 km, 46 secondes à 10 000 mètres... Derrière, on jugeait déjà qu’il avait usé et abusé de son bon de sortie. À sept kilomètres, la logique rébarbative de l’arrivée massive avait repris le dessus sur l’illusion lyrique d’une victoire en solitaire. Wust décrochait son premier maillot or, qu’il peut espérer conserver jusqu’à l’apparition de la montagne, dans deux jours. Globe-trotters et polyglotte, Wust partage son temps entre l’Australie, où il s’entraîne l’hiver, et l’Espagne, où il obtient toujours de bons résultats. Dans les villes-étapes, il n’hésite pas à faire du tourisme, profitant des bons moments de son métier itinérant. Pour sa plus grande chance, Wust ne participait pas au Tour de France-98, où ses équipiers de l’équipe Festina ont été pris dans la tourmente de la plus grave affaire de dopage de toute l’histoire du cyclisme. Principal sprinteur de l’équipe franco-espagnole, qui a revu ses ambitions à la baisse depuis «l’affaire», l’Allemand n’a pas non plus participé au dernier Tour en raison d’une fracture d’une clavicule. «Il faut lui laisser certaines libertés pour qu’il se sente à l’aise», affirme son directeur sportif Juan Fernandez. «Il ne faut pas se formaliser s’il a besoin de rester dix minutes de plus au lit ou s’il arrive en retard pour dîner. C’est une personne terriblement heureuse». Aujourd’hui, la 4e étape partira de Las Rozas dans la banlieue de Madrid pour rejoindre la célèbre ville universitaire de Salamanque (185,6 km). Le Russe Pavel Tonkov (Mapei) sera l’un des régionaux de l’étape puisqu’il vit avec son épouse espagnole dans la ville de départ.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemand Marcel Wust (Festina) a endossé mardi le maillot or de leader du Tour d’Espagne cycliste en remportant la 3e étape, la plus longue de l’épreuve avec 233 km entre La Roda près d’Albacete et Fuenlabrada dans la banlieue de Madrid. Wust, déjà vainqueur la veille, s’est imposé au sprint devant l’Italien Giovanni Lombardi et le Russe Sergueï Smetanine après plus de six heures de course. Au classement général, il devance l’Australien Robbie McEwen et le Sud-Africain Robert Hunter, vainqueur de la première étape. Premier favori, Abraham Olano est 5e. À 32 ans, Wust compte dix victoires dans la Vuelta mais enfile son premier maillot de leader. Il ravit la première place au Français des Lotto Jacky Durand, arrivé loin derrière après avoir décroché dans le seul col de la journée, qui ne présentait...