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Actualités - Chronologie

Une demi-île oubliée, à l'avenir lourd de menaces

Jusqu’à la révolution des œillets au Portugal il y a près de 25 ans, le Timor-Oriental, qui vient de choisir son indépendance, n’était qu’une demi-île oubliée, aux plages de sable blanc, réputée pour son calme et son vin portugais. Avec une population qui atteignait 600 000 personnes et quelques Portugais pour administrer cette colonie vieille de 400 ans, le Timor-Oriental ne connaissait alors que bien peu d’incidents violents. Tout a basculé pour ce producteur de café lorsque la dictature de Salazar a été renversée au Portugal par la révolution des œillets le 25 avril 1975. Les partis de gauche ont commencé à essaimer dans les colonies portugaises d’Afrique (Angola et Mozambique) et à Timor. L’Indonésie et l’Australie voisine ne cachent pas alors leur nervosité face à l’émergence du Fretilin, un parti de gauche favorable à l’indépendance du Timor-Oriental, dont le voisin immédiat sur l’autre moitié de l’île est la province indonésienne du Timor-Ouest. Le 5 décembre 1975, l’Indonésie envahit le Timor-Oriental après la déclaration d’indépendance du Fretilin qui suit la débacle précipitée de la décolonisation, indépendance pourtant prévue pour 1978 par le nouveau gouvernement de Lisbonne. Djakarta sous-estime alors gravement la résistance de la population à majorité chrétienne du Timor-Est, s’attendant tout au plus à une opération de police à l’image de ce qu’elle a rencontré en 1963 avec l’ex-colonie néerlandaise d’Irian jaya. Les pertes sont lourdes pour l’armée indonésienne, mais cela n’empêchera pas Djakarta de décréter le 17 juillet 1976 le Timor-Est 27e province de l’Indonésie. Cette annexion n’a jamais été reconnue par les Nations unies. Quelque 200 000 personnes, soit un tiers de la population, ont trouvé la mort au cours de ces années noires, du fait des violences, de la famine ou de la maladie. L’Australie devient l’un des rares pays à reconnaître la souveraineté de l’Indonésie sur le Timor-Oriental, malgré les violations continuelles des droits de l’homme et les déplacements forcés de population. Les Nations unies lancent en 1983 des pourparlers entre Jakarta et Lisbonne, huit ans après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, mais sans succès. En 1991, le Timor-Oriental attire les regards du monde entier lorsque l’armée indonésienne tire sur une foule pacifique de manifestants pro-indépendance le 12 novembre à Dili, capitale du Timor-Oriental. Le bilan officiel est de 50 morts, mais approche les 200 morts selon des informations non confirmées. En Australie et au Portugal, des Timorais en exil commencent à constituer des groupes de soutien à la guérilla est-timoraise. Reléguée dans les montagnes, sérieusement mise à mal par l’armée indonésienne et la maladie, la guérilla change de tactique. Priorité est désormais donnée à la propagande, à la parole plutôt qu’au fusil, après la capture en 1992 de son chef historique Xanana Gusmao. En 1994, des négociations de paix entre l’armée et les guérilleros tournent court, mais Xanana Gusmao, qui doit être libéré deux semaines plus tard, garde le contact. La reconnaissance tant attendue arrive finalement en 1996 avec l’attribution du prix Nobel de la paix au militant indépendantiste Jose Ramos-Horta et à l’évêque catholique de Dili Carlos Felipe Ximenes Belo. La démission le 21 mai 1998 du président indonésien Suharto précipite les choses. Le successeur de Suharto, Jusuf Habibie, ordonne la libération de prisonniers politiques est-timorais, à l’exception notable de Gusmao, ordonne le retrait de tropes du Timor-Oriental et invite Mgr Belo à Djakarta. Les étudiants se rassemblent à Dili pour réclamer l’indépendance, mais Djakarta n’offre que l’autonomie. Finalement, à la surprise générale, le ministre indonésien des Affaires étrangères Ali Alatas annonce le 27 janvier 1999 que le gouvernement a demandé au Parlement d’envisager l’indépendance pour le Timor-Oriental si une offre d’autonomie devait être rejetée. Le 5 mai, le Portugal et l’Indonésie se mettent d’accord à New York pour laisser à l’Onu le soin d’organiser un scrutin d’autodétermination. Le résultat, annoncé samedi par le secrétaire-général des Nations unies Kofi Annan, révèle un non massif à l’autonomie proposée par Jakarta.
Jusqu’à la révolution des œillets au Portugal il y a près de 25 ans, le Timor-Oriental, qui vient de choisir son indépendance, n’était qu’une demi-île oubliée, aux plages de sable blanc, réputée pour son calme et son vin portugais. Avec une population qui atteignait 600 000 personnes et quelques Portugais pour administrer cette colonie vieille de 400 ans, le Timor-Oriental ne connaissait alors que bien peu d’incidents violents. Tout a basculé pour ce producteur de café lorsque la dictature de Salazar a été renversée au Portugal par la révolution des œillets le 25 avril 1975. Les partis de gauche ont commencé à essaimer dans les colonies portugaises d’Afrique (Angola et Mozambique) et à Timor. L’Indonésie et l’Australie voisine ne cachent pas alors leur nervosité face à l’émergence du Fretilin, un...