La livre est restée recherchée face au dollar à Beyrouth à des fins de souscription en bons du Trésor libanais pour profiter de leur rendement relativement élevé, dans un marché toujours gouverné par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue donc à faire clôturer le billet vert au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. De leur côté, les établissements de crédit ont continué de céder le dollar à la BDL au point inférieur de sa fourchette d’intervention en l’absence d’autres contreparties valables à la demande en dehors d’elle. Pourtant le volume des échanges est demeuré limité, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars entièrement achetés par la BDL à 1 502,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes de la place. Dollar sous pression à l’étranger À l’étranger, le dollar a nettement reculé hier surtout face à l’euro sur les marchés des changes internationaux, déprimé par la faiblesse de Wall Street sur des craintes de nouveau resserrement de la politique monétaire américaine. Bien que les marchés continuent de spéculer sur une éventuelle intervention de la Banque du Japon pour freiner l’appréciation de sa monnaie, le dollar est demeuré généralement faible même contre le yen. À cela aurait contribué le déclin des marchés boursiers et obligataires américains qui a été précipité hier par les déclarations d’un gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) qui a estimé que la Banque centrale américaine était «extrêmement vigilante» face au contexte économique et notamment sur la nécessité de resserrer à nouveau la politique monétaire. Edward Kelley, membre du comité de l’open market de la Fed, a déclaré que cette «vigilance» pourrait se traduire par un nouveau resserrement des taux directeurs de la Fed lors de la prochaine réunion du comité le 5 octobre, dans un entretien à Market News, un fil spécialisé à destination des marchés financiers. Et d’ajouter que la Fed pourrait attendre d’avoir un peu plus d’indications notamment avec les indices des prix à la production ou à la consommation en milieu de mois, ou avoir un œil attentif sur l’évolution de la demande, estimant que les marchés financiers auraient tort de penser que le problème du «bogue 2000» pourrait geler les initiatives de la Fed en matière de politique monétaire jusqu’à la fin de l’année. Ces inquiétudes, qui ont fait chuter Wall Street, ont permis donc aux autres grandes monnaies de continuer sur leur lancée de la veille contre le dollar qui est resté vulnérable à la veille de la publication aujourd’hui des chiffres américains sur l’emploi pour le mois d’août. Si ces chiffres sont vigoureux, ils relanceront les spéculations sur une nouvelle hausse des taux d’intérêt américains, et pèseront sur Wall Street et par ricochet sur le dollar. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre hier que le nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis aurait augmenté de 4 000 seulement la semaine dernière au lieu de 7 000 attendus par les experts, et que les commandes à l’industrie se sont accrues de 2,1 % en juillet contre 0,8 % en juin, laissant craindre une surchauffe économique génératrice d’inflation. Compte tenu de toutes ces considérations et abstraction faite de la révision à la baisse du taux de la productivité américaine de 1,3 % à 0,6 % au deuxième trimestre contre 3,6 % au premier, le dollar est resté vulnérable hier, se négociant à New York comme suit : – 1,0695 pour un euro contre 1,0595, la veille – 1,6080 pour un sterling contre 1,6065 – 1,8285 DM contre 1,8455 – 6,1350 FF contre 6,1890 – 1,4920 FS contre 1,5125 – 1 811,10 lires contre 1 827,95 – 109,10 yens contre 109,05. Statu quo à la Bourse de Beyrouth Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a observé hier un statu quo consécutivement à la stabilisation des actions A et B de Solidere, de celles du secteur bancaire ainsi que des Ciments libanais qui ont fait seules l’objet de transactions. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 75,97 points de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit dans des volumes d’affaires toujours modérés avec au total 39 810 actions d’une valeur de 249 143 dollars. Les craintes sur les taux américains font baisser Wall Street… La remontée des taux d’intérêt sur les obligations américaines, attribuée aux craintes d’un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Fed après les propos tenus par un membre de son directoire Edward Kelley, ont pesé hier sur les prix des actions boursières à Wall Street. Ces craintes ont été ravivées par les chiffres publiés hier sur les demandes d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière et sur les commandes aux fabriques en juillet, laissant craindre des chiffres sur l’emploi et sur les salaires très forts en août. En effet, les yeux des opérateurs boursiers sont restés braqués toute la journée d’hier sur l’orientation des taux d’intérêt américains, ce qui a pesé sur les valeurs des banques qui ont entraîné dans leur sillage le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fléchir d’un plus haut de la séance à 10 934,08 points à un plus bas à 10 732,71 points avant d’afficher en préclôture 10 808,70 points, en baisse de 129,18 points sur la veille. ... et les Bourses européennes Les craintes d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt américains, illustrées dans la baisse de Wall Street, ont mis à mal les marchés européens jeudi. «Wall Street est le facteur qui fait bouger les marchés», a constaté Oliver Wrangel de chez Merck Finck & Co à Munich, qui a noté toutefois que la situation de l’Europe est «complètement différente» de celle des États-Unis. «Les taux d’intérêt dans la zone euro n’ont aucune raison de monter. Je pense que tôt ou tard, il y aura un découplage par rapport au scénario des taux aux États-Unis, mais cela prendra du temps». Les marchés attendent avec fébrilité la statistique de l’emploi aux États-Unis en août qui sera publiée aujourd’hui à 12h30 GMT. Si elle se révélait par trop «inflationniste», les marchés pourraient chuter à nouveau en anticipation d’un prochain tour de vis sur le coût du crédit. Francfort a été la place la plus durement touchée avec une chute de 2,4 % de l’indice Dax. À Paris, le CAC 40 a cédé 1,8 %, tandis que le FTSE 100 de Londres et la Bourse de Zurich battaient en retraite de 1,3 %. Les valeurs espagnoles ont perdu 2,12 % en moyenne selon l’indice Ibex, tandis qu’à Milan, le Mibtel milanais lâchait 1,7 % et qu’à Bruxelles, le Bel 20 belge abandonnait près de 2 %. L’indice Eurotop 300 paneuropéen était amputé de 1,8 %, tandis que l’Eurostoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, perdait 1,6%. Les télécoms ont payé un lourd tribut aux prises de bénéfices. Deutsche Telekom a abandonné plus de 4 %. Colt Telecom affichait à Londres un des plus forts replis des valeurs du Footsie avec une baisse de 5,6 %. Le géant Vodafone Air Touch a cédé plus de 4 % et British Telekom (BT) 1,9 %. Les financières britanniques Bank of Scotland, HSBC Holdings, Lloyds TSB et Abbey National ont perdu respectivement 5,7 %, 2,7 %, 2,5 % et 2,1 %. Dans les services publics, les allemands Viag et Veba ont subi des prises de bénéfices : Viag a perdu 1,7 % et Veba 4,06 %. Les deux groupes, qui ont nettement monté ces derniers jours dans la perspective d’une fusion, ont reculé du fait que rien n’est encore acquis. Tout rapprochement dépend de l’accord du Land de Bavière qui détient une minorité de blocage de 25,1 % dans Viag. Viag avait pris plus de 9 % mercredi et Veba plus de 5 %. L’autre grande entreprise de services aux collectivités, RWE, qui entend prendre 15 % du marché européen de l’énergie, recule de 0,6 %. Dans cet océan de baisses, on notait cependant quelques avancées. À commencer par la banque française CCF avec un gain de 2,5 % sur des rumeurs d’OPA qui serait lancée par un de ces trois actionnaires de référence, ING, KBC ou Swiss Life. Tokyo : en forte baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 1,0 % jeudi, les investisseurs liquidant leurs valeurs liées à l’exportation handicapées par la hausse du yen, selon des sources de marché. L’indice Nikkei a perdu 171,23 points à 17 631,25 points. L’indice élargi Topix a enregistré pour sa part une légère hausse de 0,75 point, à 1 496,99 points. Le volume des échanges s’est élevé à 602,95 millions d’actions, contre 612,57 millions la veille. «Le dollar ayant glissé au niveau des 108 yens, les ventes se sont concentrées sur les valeurs vedettes internationales», a commenté Tsutomu Ono, analyste chez Universal Securities. Les investisseurs ont procédé à des prises de bénéfices consécutives à leurs gains de la veille, alors que l’appréciation du yen face au dollar exerçait une pression sur les grands exportateurs, notamment dans les secteurs de l’électricité, de consommation et de l’automobile. Le dollar a plongé en-deçà des 109 yens pour la première fois depuis sept mois et demi, à 108, 92-95 yens contre 109, 21-24 la veille. La Bourse a enregistré un regain modeste en milieu d’après-midi, grâce à des achats de valeurs bancaires et de haute technologie ainsi que de valeurs cycliques bon marché, avant d’être victime d’une nouvelle vague de ventes due à l’absence de directions positives. Selon les courtiers, les investisseurs se sont montrés réticents à prendre de nouvelles positions avec un yen se situant à 109 pour un dollar et un indice Nikkei bloqué au niveau des 17 800 points. Les investisseurs devraient rester prudents dans l’attente de la publication des statistiques trimestrielles sur le PIB la semaine prochaine, toujours selon les courtiers. 871 valeurs étaient en baisse, 372 en hausse et 92 inchangées.
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