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Actualités - Interviews

Pierre Hélou : non à un nouveau decret 93(photo)

Refus de l’implantation, remise en cause du décret sur la naturalisation, et revendication d’une loi sur la nationalité, qui soit intransigeante mais juste et équitable dans un sens facilitant le retour des émigrés, voici en bref, la position de la Ligue maronite sur le problème des nationalités dans leur ensemble. «Nous avons été surpris par un décret qui a donné le droit à la naturalisation non pas à quelques personnes, mais à des familles entières ayant présenté, chacune, un dossier» souligne le président de cet organisme, M. Pierre Hélou, en faisant allusion au décret qui a accordé la nationalité à plus de 300 000 personnes, dont des Palestiniens. L’usage veut que le président de la République récompense certaines personnes éminentes qui ont rendu service à la nation en leur octroyant la nationalité libanaise. La situation était différente cette fois-ci, souligne le président de la Ligue, non seulement du point de vue du nombre de dossiers présentés mais également de l’aptitude des personnes à répondre aux qualifications requises. Et M. Hélou de dénoncer le fait que non seulement il y avait parmi les personnes naturalisées des Palestiniens – ce qui est contraire à la Constitution – mais aussi des repris de justice, des personnes qui avaient fait de fausses dépositions, d’autres qui n’ont même pas séjourné au Liban, des hommes mariés à plus de trois femmes, etc. «Il y a mille et une raisons pour obtenir l’annulation de ce décret», affirme le président de la Ligue qui reconnaît cependant que l’opinion était, au départ, prête à accepter le cas des sept villages frontaliers et ceux de Wadi Khaled. Par ailleurs, «le moment était mal choisi, dit-il, car on en vient à se poser des questions sur le rapport qui existe entre les naturalisations et la menace de l’implantation». En outre, la Ligue admet que certains dossiers sont légitimes, estimant toutefois que la naturalisation ne peut, en aucun cas, être une sorte de gratification accordée à l’une ou l’autre communauté – selon les données en présence – «ou un moyen de donner satisfaction à une certaine opinion publique», précise M. Hélou. Car ce qu’il faut bien comprendre, reprend l’ancien ministre sur un ton plus solennel, c’est que le Liban ne peut survivre sur la base de la loi du nombre, au risque d’être menacé d’éclatement. C’est une manière pour M. Hélou de refuser de penser en termes de changement démographique, mais uniquement et exclusivement sur la base d’une «volonté de vivre en commun, quels que soient les accidents de l’histoire». Partant de là, la question de la loi sur la nationalité se trouve aujourd’hui remise sur le tapis alors que le recours en annulation du fameux décret sur la naturalisation introduit auprès du Conseil d’État, semble traîner depuis plus de quatre ans. Parallèlement à un discours régional sinon international sur l’implantation des Palestiniens, une loi sur la naturalisation est actuellement en gestation. Elle vise à réglementer, et par conséquent à rendre plus strict – on s’en doute bien - le droit d’accès à la nationalité libanaise. Simple coïncidence ou dossiers corollaires ? La réponse à ce type d’interrogation n’apparaît pas évidente, tant il est vrai de telles questions se décident souvent ailleurs, comme l’histoire l’a maintes fois prouvé. Cependant, la position du président de la Ligue maronite, est, on ne peut plus intransigeante : «Nous ne voulons pas d’un nouveau décret de 1993. Ceux qui ont droit à la nationalité doivent pouvoir l’obtenir par une loi en bonne et due forme, et non pas par des décrets décidés plus ou moins au gré des caprices d’une quelconque personnalité haut placée». D’où une assurance de la part du ministre Murr que cette loi sera la plus rigoureuse possible, mais aussi qu’elle pourra en même temps représenter une promesse d’assurer le retour des émigrés, affirme M. Hélou qui aime à répéter – comme tant d’autres d’ailleurs – que le Liban n’est pas un pays en mesure d’absorber tous ceux qui auraient choisi, pour une raison on une autre, d’en acquérir la nationalité. Pour M. Hélou, l’implantation des Palestiniens est devenue la hantise aussi bien des Libanais que des Palestiniens. «On nous dore la pilule en réduisant leur nombre et en parlant de compensation matérielle, commente le président de la Ligue qui faisait allusion aux rumeurs sur une éventuelle «récompense» accordée à l’État libanais ( qui serait sous la forme d’un allégement de ses dettes extérieures) contre l’acceptation de garder des réfugiés palestiniens sur son territoire. «Nous ne pouvons accepter le projet de l’implantation, reprend M. Hélou. Ce refus est en accord aussi bien avec notre Constitution qu’avec la volonté des Palestiniens». À l’instar de plusieurs responsables libanais qui ont exprimé en chœur leur refus de toute implantation, Pierre Hélou est intraitable sur ce sujet. Quant à la proposition du président du Parti national libéral (PNL) , M. Dory Chamoun, d’organiser «un congrès national pour rejeter l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban», M. Hélou affirme que le chef du PNL «partage nos inquiétudes comme celles de tous les Libanais». «Encore, faut-il que les Libanais aient les moyens de leur refus», commente M. Hélou.
Refus de l’implantation, remise en cause du décret sur la naturalisation, et revendication d’une loi sur la nationalité, qui soit intransigeante mais juste et équitable dans un sens facilitant le retour des émigrés, voici en bref, la position de la Ligue maronite sur le problème des nationalités dans leur ensemble. «Nous avons été surpris par un décret qui a donné le droit à la naturalisation non pas à quelques personnes, mais à des familles entières ayant présenté, chacune, un dossier» souligne le président de cet organisme, M. Pierre Hélou, en faisant allusion au décret qui a accordé la nationalité à plus de 300 000 personnes, dont des Palestiniens. L’usage veut que le président de la République récompense certaines personnes éminentes qui ont rendu service à la nation en leur octroyant la...