L’activité s’est contractée hier sur le marché des changes de Beyrouth où le dollar est demeuré «survendu» en l’absence de contreparties valables à la demande en dehors de la Banque du Liban (BDL). Mais, après que celle-ci eût procédé à l’achat de tous les excès d’offre en cette monnaie à 1 502,00 LL tout en se déclarant prête à la céder à 1 514,00 LL, le billet vert a dû se maintenir invariablement de l’ouverture à la clôture des échanges interbancaires au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Cela étant, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar au bas de cette fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle, en l’absence d’intérêts particuliers à la demande, ont indiqué les cambistes de la place, estimant le volume d’affaires de la journée d’hier à quelque sept millions de dollars, entièrement achetés par la BDL à 1 502,00 LL. Nouvel accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est une nouvelle fois déprécié hier sur les marchés des changes internationaux et le yen est allé toucher ses plus hauts depuis le 11 janvier dernier. Le billet vert a en revanche cédé un peu de terrain face à l’euro qui, après avoir franchi à la hausse le seuil de 1,06 dollar dans la matinée au lendemain d’une quatrième baisse consécutive de Wall Street, s’est replié sous ce niveau alors que la Bourse de New York repassait dans le vert pour se négocier finalement autour de cette barre. Certes, le dollar devait faire les frais de l’assurance des investisseurs sur le répit qui leur est donné par la Banque du Japon dont le seuil d’intervention est maintenant sur 105,00 yens. Selon les cambistes, la devise nippone continuait à faire preuve de vigueur face au billet vert, soutenue par l’optimisme grandissant du marché sur les perspectives économiques du Japon. Ce sentiment a été renforcé hier par les nouvelles selon lesquelles le gouvernement japonais proposera en novembre un deuxième collectif budgétaire de relance économique qui devrait reposer essentiellement sur de grands travaux publics et s’ajoutera à une batterie de mesures engagées depuis le début de l’année pour stimuler les investissements. De son côté, la monnaie unique européenne a été soutenue par l’annonce des directeurs d’achat européens que la reprise économique est bien en marche dans la zone euro, notamment en Allemagne, en France et en Italie. Ces signes de reprise ont permis donc à l’euro de passer outre aux propos tenus par le nouveau président de la Bundesbank, Ernst Welteke, et le membre du directoire de la Banque centrale européenne, Sirkka Haemaelaeinen, selon lesquels il n’était pas nécessaire d’augmenter les taux d’intérêt européens. Cela étant, les opérateurs ont ignoré hier une déclaration faite par le secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, au quotidien USA Today, réaffirmant son attachement à un «dollar fort qui est dans l’intérêt des États-Unis». Les investisseurs ont donc préféré être prudents sur leurs positions en dollars avant la publication demain des chiffres de l’emploi américains en août qui leur donnera un nouvel aperçu des possibilités offertes à la Réserve fédérale (Fed) en matière de politique monétaire. Dans cette attente, le dollar n’est pas parvenu à se soustraire aux influences baissières, se négociant à New York comme suit : – 1,0601 pour un euro contre 1,0580, la veille – 1,6050 pour un sterling contre 1,6065 – 1,8450 DM contre 1,8505 – 6,1875 FF contre 6,2070 – 1,5110 FS contre 1,5135 – 1 826,50 lires contre 1 832,40 – 108,70 yens contre 109,60. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la hausse de Solidere B Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth est parvenue hier à recouvrer presque toutes les pertes qu’elle avait subies la veille, grâce à la hausse des actions B de Solidere de 7 1/4 à 7 1/2 dollars, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,29 % à 75,97 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 179,84 points. Mais il n’en demeure pas moins que ce mouvement de reprise s’est déroulé encore une fois dans un marché à faible volume avec au total 29 602 actions échangées seulement d’une valeur de 115 236 dollars. Wall Street : reprise technique Par ailleurs, Wall Street s’est raffermie hier après quatre séances consécutives de baisse sur des rachats de découvert et des chasses aux bonnes affaires, a-t-on indiqué dans les salles de marché. Selon les opérateurs boursiers, les dernières statistiques publiées hier par le Conference Board, notamment le maintien de la hausse de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine à 0,3 % en juillet comme en juin, ont confirmé la poursuite d’une expansion solide aux États-Unis au cours des prochains mois, dans la mesure où cet indice est censé préfigurer l’évolution de la conjoncture sur les six à neuf prochains mois. La baisse de 0,5 % des dépenses de construction aux États-Unis en juillet, qui a pris à contrepied les prévisions des analystes qui tablaient sur une progression de 0,4 %, ne semblait pas modifier le pronostic d’une remontée en puissance de l’activité au second semestre après un tassement dû surtout à la réduction des stocks des entreprises. Quoi qu’il en soit, les opérateurs continuent à craindre l’apparition de tensions inflationnistes génératrices de nouvelles hausses des taux directeurs de la Fed. À cet égard, ils sont restés hier à l’affût d’indications sur les chiffres de l’emploi américains en août devant paraître demain pour prendre de nouvelles initiatives. Dans cette attente, les mouvements de la cote hier ont eu un caractère plutôt technique comme en témoigne le ralentissement de l’activité de la cote. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer entre un plus bas à 10 828,44 points et un plus haut à 10 937,65 points, avant d’afficher en préclôture 10 927,43 points, en hausse de 98,15 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes s’affichaient en hausse mercredi en fin de journée, à la faveur d’une forte demande pour les valeurs liées aux services publics, les technologiques et les automobiles. Les marchés européens ont réagi par ailleurs à l’indice d’activité manufacturière de l’association américaine des directeurs d’achats (NAPM), publié la veille, un jour plus que prévu, qui est ressorti à 54,2 en août contre 53,4 en juillet. En clôture le CAC 40 à Paris a pris 0,96 % le FTSE 100 à Londres 0,5 % et le Xetra Dax à Francfort 0,88 %. Bruxelles cédait 0,12 % mais Amsterdam avançait de 0,31 %, Zurich de 0,86 %, Madrid de 0,8 % et Milan de 0,62 %. La place italienne a adopté mercredi de nouveaux horaires d’ouverture, avançant l’ouverture du marché à 07h30 GMT contre 08h00 GMT et fixant la clôture à 15h30 GMT. Elle est la première Bourse européenne à mettre en place les horaires de cotation qu’avaient fixés les huit places boursières en vue de leur alliance à venir. Veba et Viag en vedette Les mouvements de concentration qui traversent plusieurs activités en Europe font passer les inquiétudes que provoque l’évolution de l’économie américaine au second plan. Lundi et mardi, c’était le mariage de Carrefour et de Promodès qui tenait le haut de pavé. Mercredi, c’est la confirmation que Veba et Viag, deux géants du service public allemands, sont bien engagés dans des discussions en vue d’une fusion qui attire l’attention. Dans une interview à Reuters, le directeur général de Viag, Wilhelm Simson, a fait savoir que les grandes lignes d’une éventuelle fusion avec Veba avait été fixées, ajoutant que le conseil de surveillance du groupe en débattrait d’ici deux ou trois semaines. De son côté, Ulrich Hartmann, directeur général de Veba, a déclaré envisager avec optimisme le projet de fusion, tout en soulignant qu’il n’y avait encore rien de certain. À Francfort, Veba avançait de 2,57 % et Viag de 5,71 %. Le secteur de la distribution soufflait un peu après la forte hausse enregistrée ces deux derniers jours. Carrefour cédait 0,65 %, Promodès 0,45 %. Casino gagnait 0,40 % après avoir annoncé une hausse de 24 % de son bénéfice part du groupe au premier semestre de l’année. Ailleurs, Ahold prenait 1,33 % et Tesco 0,95 % tandis que Metro cédait 0,64 % et Sainsbury 0,23 %. Le secteur pétrolier était également en hausse, soutenu par la bonne tenue des cours du brut et par l’engagement pris par les ministres séoudien, vénézuélien et mexicain du pétrole de maintenir les restrictions sur les exportations de pétrole. Tokyo : nette reprise La Bourse de Tokyo, a regagné mercredi le terrain perdu la veille, clôturant sur un bond de 2,1 %, à la suite d’une vague d’achats de la part d’investisseurs à la recherche de bonnes affaires. L’indice Nikkei 225 a clôturé sur un gain de 365,92 points à 17 802,48 points, rattrapant en partie la chute de 482,41 points (–2,7 %) de la veille. Les investisseurs ont pris aussi des positions courtes sur des valeurs liées à l’exportation et à la haute technologie en dépit de la baisse de mardi soir à Wall Street et de la nouvelle poussée du yen face au dollar. L’indice élargi Toppix a lui aussi progressé de 39,22 points à 1 496,24. «Il s’est agi aujourd’hui d’une réaction à la baisse d’hier, a indiqué Hiroichi Nishi de Nikko Securities. Les investisseurs étrangers ont acheté sur le plongeon (de la veille) et les investitutionnels ont suivi», a-t-il ajouté. Le montant des transactions s’est élevé à 612,57 millions d’actions contre 709,21 millions la veille. Le yen est parvenu au niveau de 109,23 pour un dollar dans l’après-midi contre 110, 17-20 yens mardi soir. Selon Hiroichi Nishi, les investisseurs étrangers semblent avoir acheté en yens «pour encaisser les bénéfices de la reprise économique au Japon». «Une idée est en train d’émerger : un yen plus fort est une bonne opportunité pour acheter, étant donné l’impact positif de l’appréciation du yen pour les importateurs», a indiqué un opérateur de Yamatane Securities. Le ministre des Finances Kiichi Miyazawa a toutefois indiqué dans une interview que les autorités financières surveillaient de près l’appréciation du yen. Selon les opérateurs, ce commentaire a soutenu l’activité boursière. Les valeurs en hausse ont dominé à 765 contre 440, 119 restant inchangées. Les valeurs bancaires ont grimpé de 4,85 % avec Fuji Bank en hausse de 58 yens, soit 5,1 %, à 1 188 yens. Les partenaires de Fuji dans une future alliance ont aussi gagné du terrain, Dai-Ichi Kangyo Bank progressant de 40 yens, soit 3,5 % à 1 191 yens et Industrial Bank of Japan de 86 yens, soit 7,7 % à 1 201 yens. Les valeurs touchant la demande intérieure ont aussi progressé, les entrepreneurs en tête, à la suite d’un rapport du gouvernement sur une reprise de la construction en juillet (+1;9 % par rapport à l’année précédente). Obayashi a progressé de 48 yens, soit 8,1 % à 639 yens, Sekisui House de 43 yens soit 3,7 % à 1 220 yens.
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