Des dessins de grottes néolithiques et de leur art «magique» aux anciens peuples du bassin méditerranéen qui pratiquaient leur culte à travers leur art divinatoire : «Tout était Dieu excepté Dieu lui-même». (*) Ils avaient «leurs divinités, leurs créatures surnaturelles, leur faune et leur flore sacrées ; ils professaient dans leur mythologie le dogme de la métaphore de l’homme en animal ou en plante et tenaient pour acquis l’animisme… la superstition était le lot du peuple et des grands… un mot que l’on entend… un oiseau qui passe… l’éclair qui brille… le tonnerre qui gronde… tout enfin sert à nous épouvanter…». L’Antiquité gréco-romaine, (phénomène vécu, bien avant, depuis les chaldéens), l’Inde, la Chine… tous avaient pour dénominateur commun : «la pensée magique», parce que la superstition fait «partie de l’homme: elle est dans son cerveau, dans son cœur, dans toutes les fibres de sa chair…». Pour des auteurs, dont ceux du Moyen Âge, la superstition est «fille de l’ignorance et de la peur : l’ignorance des lois de la nature, de la médecine, la peur de la mort, de la maladie, de la misère, de la famine, des phénomènes météorologiques…». S’il est indéniable que la superstition traduit «l’incompréhension de l’homme face à certains faits et l’inquiétude qu’il éprouve devant sa destinée, elle s’enracine également dans une croyance plus ou moins consciente en la fatalité, dans la volonté de guider son destin, d’être maître de la nature et de toutes ses créatures: elle témoigne de son goût profond pour le merveilleux et du désir d’être au centre d’un univers qui ne cesse de délivrer des signes». Si la superstition est ce «sentiment d’une intime communion de l’homme avec le monde…», il ne faut pas, par conséquent, négliger les croyances aux présages, collectifs ou personnels. Et si la religion renvoie l’homme à «un au-delà transcendant, la superstition imprègne l’ici-bas…», et «la superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie : la fille très folle d’une mère très sage » (Voltaire). Quant à La Bruyère, plus proche de la réalité : «La superstition n’est qu’une crainte mal réglée de la divinité». La superstition serait-elle liée à l’histoire biblique. Les Pères de l’Église l’ont assimilé au «paganisme». Le Vatican a, de nouveau, condamné les superstitions . Il pense que la superstition est «la déviation du sentiment religieux et des pratiques qu’il impose. Elle peut affecter aussi le culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple, lorsqu’on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs illégitimes ou nécessaires. Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors des dispositions intérieures qu’ils exigent, c’est tomber dans la superstition». (*): Le Livre des superstitions – Éloise Mozzani – R. Laffont – 1997.
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