L’US Open a perdu sa principale vedette masculine Pete Sampras, l’homme aux 12 victoires en grand chelem, qui a déclaré forfait mardi victime d’une hernie discale. Une première tête de série masculine est tombée par ailleurs avec la sortie sans gloire du Britannique Tim Henman (n° 6) victime du 68e joueur mondial, l’Argentin Guillermo Canas. Henman, loin de la forme qui l’avait porté en demi-finale de Wimbledon, s’est incliné en trois manches, 7-6 (7/1), 6-4, 6-3, ponctuant une piteuse campagne d’été américaine par une troisième sortie au premier tour après celles de Los Angeles et Montréal au début du mois. Un autre des gradés du tournoi masculin, l’Américain Todd Martin, a bien failli lui aussi laisser sa tête devant un autre sans grade du tournoi, le Français Stéphane Huet, modeste 154e du classement ATP, qui avait dû batailler pour passer les trois tours du tournoi de qualification et accéder au tableau final. Sur le central Arthur Ashe, il a fallu près de quatre heures à Martin pour vaincre la résistance du Français, ne s’imposant à un rival pris par les crampes que dans le tie-break de la cinquième manche après avoir gâché quatre balles de set dans la troisième à 5-3 et 5-4 en sa faveur. Score final pour le match le plus long depuis le début de l’US Open : 6-4, 6-3, 6-7 (2/7), 6-7 (5/7), 7-6 (7/3). Une autre tête de série, la Française Julie Halard (n° 9), a tremblé, s’imposant difficilement à la petite joueuse du Zimbabwe Cara Black, une ancienne championne junior à Flushing Meadows, 6-3, 5-7, 6-3. Halard, qui connaît la meilleure saison de sa carrière, menait 4-0, mais concédait 9 des jeux suivants pour se retrouver à 2-0 pour Black dans la 3e, avant de faire prévaloir sa plus grande expérience. Sampras, qui devra observer un repos complet d’au moins un mois, ne devait effectuer son entrée en lice que mercredi, ayant obtenu un délai de grâce de 24 heures des organisateurs. Il a été remplacé pour affronter le Russe Marat Safin, 31e à l’ATP et vainqueur dimanche du tournoi de Boston, par le Suédois Mikael Tillstrom, 130e joueur mondial, tiré au sort parmi les éliminés du dernier tour du tournoi de qualification. Le vainqueur de Roland-Garros, considéré comme le grand favori de l’US Open après le forfait de celui qui le précède au classement mondial, son compatriote Pete Sampras, avait certes la partie facile dans la soirée de lundi à Flushing Meadows contre le Suédois Nicklas Kulti, devenu surtout un joueur de double. Cent places exactement au classement séparaient le numéro deux mondial de son adversaire du jour. Mais l’Américain, sur un petit nuage, se permettant même de suivre son service au filet, a fait paraître l’écart encore plus grand. L’affaire a été bouclée en 76 minutes sur le score sans appel de 6-0, 6-1, 6-3 par le professeur Agassi, qui aura en principe la partie tout aussi facile au prochain tour contre un joueur venant des qualifications, l’Allemand Axel Pretzsch, 124e à l’ATP. À l’instar d’Agassi, tous les ténors du tournoi masculin en lice au cours de cette première journée longtemps perturbée par le vent ont passé sans encombre le cap du premier tour. Laborieusement en quatre manches pour le Russe Yevgueni Kafelnikov (n° 3), à l’arraché en cinq sets pour le Chilien Marcelo Rios (n° 10). Les favorites du tournoi féminin ont facilement assuré leur qualification pour le 2e tour, aussi bien la Suissesse Martina Hingis (n° 1) que l’Américaine Venus Williams (n° 3), dont les trajectoires peuvent se croiser, si la logique est respectée en demi-finale. La journée des Français Il y a longtemps que Nicolas Escudé n’avait pas été à pareille fête : le Palois d’adoption a réussi l’exploit de se qualifier lundi pour le deuxième tour de l’US Open de tennis en éliminant le vétéran suédois Magnus Gustafsson en cinq manches 4-6, 4-6, 7-6 (8/6), 6-2, 6-4 à l’issue d’un marathon de plus de trois heures. «Une victoire pareille, cela montre que je suis en train de revenir», a souligné Escudé, qui avait fait naître de grands espoirs en atteignant les demi-finales de l’open d’Australie l’année dernière, avant de sombrer dans les profondeurs du classement à la suite d’une série de pépins physiques et du décès soudain de son père. Trentième joueur mondial il y a 11 mois, le Français abordait Flushing Meadows à la 136e place du classement ATP, ce qui l’avait contraint à disputer les qualifications, où il avait passé les trois tours sans concéder un seul set, afin d’accéder au tableau final. Contre Gustafsson, un ancien numéro 10, maintenant 75e à l’ATP, il affrontait un joueur sur le déclin certes, mais encore avec de beaux restes, notamment un coup droit dévastateur. Pris de vitesse, Escudé s’accrochait de son mieux, mais se retrouvait à un point de la défaite avec deux balles de matches contre lui dans le tie-break de la 3e manche. Une double faute et un revers dehors du Suédois lui permettaient de se tirer d’affaire. Escudé devait finalement s’imposer au bout de 3 heures 11 de jeu, non sans avoir tremblé jusqu’au bout après avoir gâché à son tour deux balles de matches à 5-2 en sa faveur dans la dernière manche. Revenu de loin, Escudé affrontera maintenant un client bien plus sérieux en la personne de Carlos Moya, numéro un mondial pendant deux semaines en début d’année et tête de série numéro huit à Flushing Meadows. «Cela va être un match intéressant, a-t-il estimé. C’est un jeu qui me convient. Il y aura des échanges». Des quatre Français en lice au cours de cette première journée de l’US Open, Escudé aura été le seul à passer le cap. Guillaume Raoux, maintenant 96e à l’ATP, s’est incliné 3-6, 7-6 (7/3), 6-2, 6-2 devant l’espoir du tennis belge Xavier Malisse, passé par les qualifications mais à peine moins bien classé que lui (113e). Julien Boutter a dû abandonner alors qu’il était mené 7-5 et 5-1 par l’Espagnol Galo Blanco, victime d’ampoules au pied droit, tandis que Cyril Saulnier s’inclinait en trois manches sèches devant l’Allemand Axel Pretzsch dans un duel de qualifiés. Stéphane Huet a frôlé l’exploit battu en cinq sets, le dernier au tie-break par l’Américain Todd Martin, tête de série n° 7 du tournoi. Le déchet a par contre été minime dans le tableau féminin où Anne-Gaelle Sidot, aux dépens de la Belge Laurence Courtois, Amélie Mauresmo (n° 15) en toute facilité contre une autre Belge Justine Hénin, Julie Halard face à la Zimbabwéenne Cara Black et Sarah Pitkowski devant la modeste Américaine Jenny Hopkins, ont assuré leur place au 2e tour. Seule Emilie Loit, de toutes la plus tendre (86e à la WTA), et Nathalie Dechy sont restées en chemin, dominées 6-0, 6-4 par l’Américaine Lisa Raymond (29e) et en trois sets par la Tchèque Adriana Gersi. Les choses logiquement devraient s’arrêter là pour Sidot et Pitkowski confrontées aux prochains tours respectivement à l’Américaine Venus Williams, tête de série numéro trois, et à la numéro un mondiale Martina Hingis, deux des principales prétendantes à la victoire finale.
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