Un jeune Sud-Africain a été tué il y a quelques jours par un requin, cinquième attaque depuis janvier, soulevant des craintes d’une nouvelle année noire comme en 1998, bien que les scientifiques insistent sur le caractère erratique et imprévisible des incidents. Hercules Pretorius, 14 ans, a été mortellement blessé au flanc et à la jambe droite par un squale alors qu’il surfait avec un ami à 50 mètres à peine du rivage, sur une plage de Buffels Bays, près de Knysna (côte sud du pays, à l’est du Cap). Des témoins ont entendu des cris et vu la planche de boogie voler en l’air, avant que le compagnon de Pretorius parvienne à le tirer sur la plage. Il y est décédé de ses blessures, malgré l’arrivée rapide des secours. Buffels Bay, considérée comme une plage «sûre», n’avait pas connu d’attaques depuis trente ans. En 1998, les côtes sud-africaines ont connu 15 attaques de requins avec blessures, dont une mortelle, contre une moyenne annuelle de cinq attaques. Une année «anormale», selon les chercheurs, qui fait figurer le pays, après les États-Unis, au deuxième rang des 50 attaques de squales recensées dans le monde, selon un institut spécialisé de Floride. Les scientifiques sud-africains avaient avoué en 1998 leur perplexité devant cette recrudescence et soulignaient encore cette semaine la difficulté à parler de tendance et le caractère imprévisible des attaques. «Le fait est que les attaques de requins restent un événement relativement rare», a souligné Geremy Cliff, chef de recherche au Natal Sharks Board, près de Durban (sud-est). «Et l’un des grands problèmes est de convaincre les gens que le risque est en réalité minimum». La plupart des attaques de 1998 étaient imputables à des grands requins blancs, squales «particulièrement curieux et agressifs», l’espèce la plus dangereuse familière des côtes sud de l’Afrique du Sud, avec les requins mako, tigre et Zambèze, plus vers l’est. Filets de protection La période juin-juillet, qui voit d’immense bancs de sardines remonter l’océan Indien le long de la côte de l’Afrique du Sud, parfois à une centaine de mètres du bord, est généralement considérée comme propice aux requins. Les statistiques n’attestent pourtant pas de régularité «saisonnière» des attaques. Au large du Kwazulu-Natal, nombre de plages populaires aux eaux chaudes sont protégées de filets de protection antirequins, un réseau de quelque 40 kilomètres au total. Une mesure inimaginable sur les 3 000 kilomètres de littoral du pays et de toute façon de plus en plus discutée : dauphins et tortues aussi, comme les requins, viennent s’empêtrer et mourir dans les rêts. Diverses théories ont été avancées pour le nombre d’attaques en 1998 : bancs de sardines, conséquences du phénomène climatique el-Nino, pêche excessive poussant les squales près des côtes, voire développement des plongées «touristiques» en cage, qui pour le requin associeraient présence humaine et nourriture. «Non-sens», estime Geremy Cliff a propos de cette dernière hypothèse, rappelant un simple facteur statistique sans doute pas innocent dans le nombre croissant d’attaques de requins : «Beaucoup plus de gens qu’autrefois» se baignent en mer et y pratiquent le surf. Les surfeurs, victimes de méprise par des requins blancs en quête de phoques, restent les victimes principales : 70 % des attaques dans le monde en 1998.
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