Mal du pays ou curiosité, le célèbre pâté Hénaff fait l’objet d’un véritable pèlerinage touristique qui attire chaque été des centaines de visiteurs et de Bretons expatriés sur son seul site de production à Pouldreuzic, près de Quimper (Finistère). «Je suis du coin mais j’ai souvent travaillé à l’étranger. Je voulais découvrir le processus de fabrication de ce produit mythique de la Bretagne», explique Yannick, 34 ans, venu avec ses enfants et des amis suivre la visite pédagogique, d’environ quatre-vingt-dix minutes. Vêtus d’une tunique blanche plastifiée et d’une calotte pour des raisons d’hygiène, ils écoutent avec une vingtaine d’autres personnes le guide Laetitia, étudiante chargée de leur présenter les différentes étapes de fabrication. Du cochon sur pied à l’emblématique boîte de conserve bleue et jaune (57 % du CA), la visite débute avec l’histoire de l’entreprise familiale, créée en 1907, qui emploie actuellement 200 personnes sur son unique site de production finistérien et réalise un chiffre d’affaires annuel d’envion 200 millions de francs (30,18 millions d’euros). En 1963, 90 % des ventes étaient réalisées dans les cinq départements bretons. Devenu progressivement national avec l’approvisionnement de la «diaspora bretonne» de la région parisienne, il s’est internationalisé à Singapour, aux États-Unis, dans le sud-est asiatique et un peu partout dans le monde jusque dans l’Himalaya. « Un morceau d’identité » Élevé au rang d’élément du patrimoine culturel breton, il figure désormais à l’inventaire du patrimoine culinaire de la France. «Le Breton expatrié retrouve dans son pâté un morceau de son identité», confirme un convaincu. L’abattoir intégré à l’usine suscite parfois l’émoi mais, comme le souligne le directeur de production, François Pape, «pour fabriquer le pâté, il faut bien tuer le cochon». Cet épisode passé, les visiteurs, dont environ 5 % de touristes étrangers, se promènent munis d’un appareil antibruit dans les ateliers de fabrication et de conditionnement. Le circuit est toutefois limité par la «confidentialité» de la savante recette à base des «meilleurs morceaux de porc et d’épices», restée dans le secret de la famille Hénaff. Pour Marguerite et Odile, deux retraitées de la région de Poitiers adeptes de la Bretagne, le pâté Hénaff fait partie des «incontournables» du tourisme industriel. «C’est tellement emblématique», commente Marguerite, étonnée par «l’investissement technologique» de l’entreprise. Le circuit s’achève dans une boutique, installée dans une petite maison en pierres de taille, où les visiteurs peuvent acheter les différents produits commercialisés. «Cette activité reste anecdotique. Nous avons souhaité répondre à une demande, à la suite de très nombreux courriers de “fans”», explique M. Pape. «Il ne s’agit pas d’en faire une activité économique avec des tours opérateurs mais de répondre à une attente de nos clients», ajoute-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mal du pays ou curiosité, le célèbre pâté Hénaff fait l’objet d’un véritable pèlerinage touristique qui attire chaque été des centaines de visiteurs et de Bretons expatriés sur son seul site de production à Pouldreuzic, près de Quimper (Finistère). «Je suis du coin mais j’ai souvent travaillé à l’étranger. Je voulais découvrir le processus de fabrication de ce produit mythique de la Bretagne», explique Yannick, 34 ans, venu avec ses enfants et des amis suivre la visite pédagogique, d’environ quatre-vingt-dix minutes. Vêtus d’une tunique blanche plastifiée et d’une calotte pour des raisons d’hygiène, ils écoutent avec une vingtaine d’autres personnes le guide Laetitia, étudiante chargée de leur présenter les différentes étapes de fabrication. Du cochon sur pied à l’emblématique boîte de...