Le déploiement des troupes russes de la Kfor à Orahovac (sud-ouest) a été reporté de 24 heures, en raison du blocage des entrées de la ville hier par la population kosovare albanaise qui accuse les Russes de vouloir protéger des criminels de guerre serbes présumés. Les 50 premiers soldats russes d’un contingent de 750 hommes devaient se déployer hier dans cette zone en secteur allemand où se trouvent des soldats néerlandais. Mais ils en ont été empêchés par la population albanaise locale qui a bloqué dès minuit (22h00 GMT) hier les trois routes menant à la ville avec des camions, tracteurs ou voitures. «Nous le ferons demain. Nous avons une mission de paix à accomplir à Orahovac et nous l’accomplirons», a déclaré à Moscou le commandant des forces aéroportées russes, le général Gueorgui Chpak, à l’agence russe Interfax. «Nous ne voulons pas dramatiser la situation et nous allons nous déployer là où nous devons le faire», a ajouté le général Chpak, cité par l’agence d’information militaire, AVN. Les Albanais d’Orahovac considèrent que les Russes vont protéger les quelque 2 000 Serbes retranchés sur les hauteurs de la ville, divisés entre fermiers, anciens policiers et paramilitaires, dont certains accusés d’être des criminels de guerre. Trois Serbes, soupçonnés de crimes de guerre, ont été arrêtés vendredi. L’Armée de libération du Kosovo (UCK) devait remettre hier au Tribunal pénal international (TPI) une liste d’autres criminels présumés. La population accuse aussi des mercenaires russes, traditionnels alliés des Serbes, d’avoir combattu aux côtés des forces régulières et paramilitaires serbes pendant la guerre. Le déploiement des Russes à Orahovac «prendra du temps», a reconnu à Pristina un porte-parole de la Kfor, le commandant Roland Lavoie. «Nous sommes conscients des difficultés et des appréhensions de la population albanaise vis-à-vis des Russes. Il faudra du temps – peut-être jusqu’à deux mois – pour rassurer la population et pour que la méfiance disparaisse», a estimé le commandant Lavoie. Ce dernier a comparé la situation actuelle à celle de Kosovska Kamenica (est, secteur américain), où les Russes ont été la cible d’incidents à répétition avant que la tension baisse. L’hostilité a également diminué à Malisevo (sud) où sont déployés 750 soldats russes, se rassurait dès vendredi le porte-parole des troupes russes au Kosovo, le lieutenant-colonel Mikhaïl Kovtounenko. Hier finalement, pas un soldat russe n’est entré dans la ville, a indiqué l’un d’eux positionné sur un blindé à 3 kilomètres d’Orahovac devant un check-point sauvage mis en place par la population locale avec de vieux pneus et de la caillasse. En fin d’après-midi, le véhicule de transport de troupes avait rebroussé chemin. Pas d’incidents De leur côté, les Albanais n’ont pas bougé leurs véhicules. Le face-à-face n’a donné lieu à aucun incident ni aucune provocation. À l’exception d’une vieille femme venue interpeller les soldats : «Qu’est-ce que vous cherchez ici ? Vous avez volé, battu, brûlé, c’est honteux», leur a-t-elle lancé. «Je ne comprends pas. Nous ne venons pas ici pour faire la guerre, juste pour l’ordre», a répondu un soldat russe. Le mouvement de protestation, «spontané» au début, selon les personnes interrogées, a finalement été pris en main par un conseil d’une trentaine de personnes qui a envoyé une délégation de trois représentants à Pristina pour négocier le non-déploiement des Russes à Orahovac. Des commandants néerlandais, russe et albanais (de l’UCK) doivent par ailleurs se réunir mardi à Orahovac, a indiqué un commandant néerlandais. Moscou a à plusieurs reprises reproché à la Kfor de ne pas assez protéger les Serbes de la province, qui ne sont plus que 30 000 contre 200 000 avant la guerre. Un total de 3 600 soldats sont actuellement au Kosovo, dont 750 déployés à l’aéroport de Pristina. Deux pelotons sont également arrivés samedi près de Srbica (centre), fief historique de l’UCK.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le déploiement des troupes russes de la Kfor à Orahovac (sud-ouest) a été reporté de 24 heures, en raison du blocage des entrées de la ville hier par la population kosovare albanaise qui accuse les Russes de vouloir protéger des criminels de guerre serbes présumés. Les 50 premiers soldats russes d’un contingent de 750 hommes devaient se déployer hier dans cette zone en secteur allemand où se trouvent des soldats néerlandais. Mais ils en ont été empêchés par la population albanaise locale qui a bloqué dès minuit (22h00 GMT) hier les trois routes menant à la ville avec des camions, tracteurs ou voitures. «Nous le ferons demain. Nous avons une mission de paix à accomplir à Orahovac et nous l’accomplirons», a déclaré à Moscou le commandant des forces aéroportées russes, le général Gueorgui Chpak, à...