Joseph Sayegh est un esthète incurable, inoculé à la veine poétique. Ajoutez à cela un tempérament ardent et un esprit assoiffé de culture. Vous obtiendrez un septuagénaire qui raconte, en rimes et en vers, les aventures de son âme. De retour au bercail après 35 ans d’exil volontaire à Paris, le poète zahliote bénéficie ce soir d’un hommage organisé par la Société des gens de lettres «le Diwan littéraire» présidé par Salwa al-Khalil al-Amine. Pourquoi les Zahliotes sont-ils des poètes dans l’âme ? «Zahlé est un incubateur de poètes», affirme Joseph Sayegh, pince-sans-rire. Et le poète d’ extrapoler : «Zahlé était un village isolé. La plupart de ses habitants étaient d’origine modeste. Les atouts principaux du village : une position géographique avantageuse, une nature luxuriante, des femmes non voilées, de l’arak et du vin, le Berdaouni… Autant de sources d’inspirations…». Joseph Sayegh poursuit : «Nous n’avions aucune possibilité d’apprendre les sciences ou les beaux-arts. Notre unique loisir était la lecture. Imprégnés des plus belles pages de la littérature, nous avions une disposition plus que favorable à l’amour. J’ai connu le sentiment amoureux avant de connaître l’amante». Ses premières amours : les héroïnes de romans et les stars de cinéma. «Nous étions épris d’une figure imaginaire jusqu’à ce que nous trouvions un visage qui nous inspire un tant soit peu». Là, toute cette passion amoureuse se déchaînait. Pour l’exprimer, un seul moyen : les mots. Joseph Sayegh dit avoir conçu sa vie dans la recherche de la beauté, l’harmonie des formes. «Dans la poésie, le vrai et le faux n’ existent pas. Il y a des valeurs moins catégoriques : l’œuvre peut répondre ou non à des normes de beauté qui restent finalement très subjectives». Outre la beauté, le poète avoue être taraudé par une question qui l’angoisse. «Pourquoi devenons-nous ce que nous sommes ?» Comment se forment nos goûts, nos sentiments, notre personnalité ? «J’ai choisi la poésie faute de pouvoir maîtriser un autre moyen d’expression artistique. J’ai fait quatre ans de piano et de violon mais ma mère m’a supplié d’arrêter : elle ne supportait plus cette cacophonie». Joseph Sayegh avoue un intérêt particulier pour l’astrophysique. Hanté par le cosmos, interloqué par l’univers et ses origines, tourmenté par le vide créateur il se gave de lectures sur le sujet. Mais son salut, il le cherche et le trouve dans la poésie, toujours et encore. «Pour se sauver, un homme doit s’enivrer. De vin, de musique, de poésie, de l’amour de n’importe quoi pour que la raison se décharge de cette angoisse du vide cosmique. La poésie est le meilleur moyen d’exprimer mes angoisses et ma joie». Sa muse éternelle, intarissable? «La femme», répond-il avec une esquisse de sourire aux lèvres. L’Amour avec son arc et son carquois… Que de poètes ont recours à toi …
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Joseph Sayegh est un esthète incurable, inoculé à la veine poétique. Ajoutez à cela un tempérament ardent et un esprit assoiffé de culture. Vous obtiendrez un septuagénaire qui raconte, en rimes et en vers, les aventures de son âme. De retour au bercail après 35 ans d’exil volontaire à Paris, le poète zahliote bénéficie ce soir d’un hommage organisé par la Société des gens de lettres «le Diwan littéraire» présidé par Salwa al-Khalil al-Amine. Pourquoi les Zahliotes sont-ils des poètes dans l’âme ? «Zahlé est un incubateur de poètes», affirme Joseph Sayegh, pince-sans-rire. Et le poète d’ extrapoler : «Zahlé était un village isolé. La plupart de ses habitants étaient d’origine modeste. Les atouts principaux du village : une position géographique avantageuse, une nature luxuriante, des femmes...