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Actualités - Chronologie

Les imams en guerre contre le wahabisme

Les imams du Daghestan dénoncent le wahabisme professé par les rebelles, qui se sont emparés de plusieurs villages depuis une semaine dans le sud-ouest de la république, et appellent la population à ne pas céder aux mirages d’un islam radical. Alors que la police daghestanaise, aux côtés des forces russes, est engagée dans les opérations menées contre les groupes armés islamistes dans les montagnes, les imams interviennent à la télévision locale pour appeler la population à la raison. «Je peux parler au nom de tous les imams du Daghestan, parce que nous sommes unanimes à réprouver l’apparition de sectes et de courants fondamentalistes», déclare l’imam d’une des mosquées de Makhatchkala, Mogamed Khadji. «De quelle foi peut-on parler, quand ils font couler le sang de frères musulmans?», ajoute t-il. Les quelque deux millions d’habitants du Daghestan sont très majoritairement des musulmans sunnites. Introduit par les Arabes dès le VIIIe siècle, l’islam s’est affaibli pendant la période soviétique, mais le Daghestan, tout comme la Tchétchénie voisine, était considéré comme la région la plus activement religieuse de l’URSS. «Nous faisons confiance à nos ancêtres, qui nous ont montré le chemin vers Allah», déclare l’imam Taga Khadji. «Nous avons préservé l’islam au Daghestan. Ceux qui combattent aujourd’hui sous le drapeau de l’islam font honte aux musulmans et Allah ne leur pardonnera pas». « La charia, un processus long et difficile » Les combattants islamistes, venus de la Tchétchénie voisine mais s’appuyant sur le wahabisme implanté dans plusieurs villages de la zone frontalière qu’ils ont envahie, affirment que leur mission est l’application de la charia au Daghestan. «Tous les musulmans doivent défendre aujourd’hui la vraie foi», déclare l’imam Promoukhamad Khadji. «Les wahabites se sont définitivement tachés de sang et ont montré leur vrai visage. Ils veulent utiliser l’islam et les souffrances de la population pour prendre le pouvoir. L’application de la charia est une bonne chose, mais c’est un processus long et difficile, qui doit se faire sous l’empire de la raison et non sous la menace des armes», ajoute l’imam. Vendredi, des prières ont été prononcées dans de nombreuses mosquées du Daghestan à l’intention des soldats qui combattent les groupes armés islamistes. Selon une enquête menée par l’Agence sociologique et analytique du Caucase (proche du pouvoir), les Daghestanais sont opposés pour 89 % d’entre eux au wahabisme et 3 % seulement y sont favorables. La police a appelé la population à signaler aux autorités la présence de wahabites. Trois jeunes gens ont été arrêtés dans le district de Khassav Iourt (ouest du pays, à la frontière avec la Tchétchénie), a rapporté le ministère de l’Intérieur. Des vidéocassettes de propagande religieuse ont été trouvées en leur possession.
Les imams du Daghestan dénoncent le wahabisme professé par les rebelles, qui se sont emparés de plusieurs villages depuis une semaine dans le sud-ouest de la république, et appellent la population à ne pas céder aux mirages d’un islam radical. Alors que la police daghestanaise, aux côtés des forces russes, est engagée dans les opérations menées contre les groupes armés islamistes dans les montagnes, les imams interviennent à la télévision locale pour appeler la population à la raison. «Je peux parler au nom de tous les imams du Daghestan, parce que nous sommes unanimes à réprouver l’apparition de sectes et de courants fondamentalistes», déclare l’imam d’une des mosquées de Makhatchkala, Mogamed Khadji. «De quelle foi peut-on parler, quand ils font couler le sang de frères musulmans?», ajoute t-il. Les...