Une mosaïque ethnique qui fait l'effet d'une bombe à retardement
le 09 août 1999 à 00h00
La république caucasienne du Daguestan est en proie depuis des mois à une violence croissante. Faisant partie de la fédération de Russie, elle est une région d’importance stratégique, traversée par un oléoduc reliant la mer Caspienne à la rive russe de la mer Noire. D’une superficie de 50 300 km2, le Daguestan, «pays de montagnes», est peuplé de presque deux millions d’habitants, dont plus d’un quart dans la capitale, Makhatchkala. Avec plus d’une trentaine de minorités nationales (les Russes ne représentent pas plus de 10 %), le Daguestan est majoritairement musulman. Ses ethnies principales sont les Avars (près de 500 000), les Darguines (environ 270 000) et les Lezguiens (200 000). Une vingtaine de langues caucasiennes y sont parlées. Le nombre important de minorités nationales et religieuses fait considérer ce territoire comme une bombe à retardement comparable, selon les experts du Caucase, à la république indépendantiste voisine de Tchétchénie. Le Daguestan est l’une des régions les plus pauvres de Russie : 40 à 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le chômage permanent touche 20 % de la population active mais 56 % des jeunes, et la majorité des emplois sont saisonniers. L’agriculture, principale ressource de cette république au climat plutôt favorable et qui lui permettait du temps de l’URSS de subvenir à ses besoins et même d’expédier de l’argent à Moscou, s’est quasiment écroulée faute d’entretien. L’industrie agroalimentaire, obsolète, ne travaille presque plus. Les seuls domaines un tant soit peu épargnés sont la pêche dans la mer Caspienne et la viticulture. L’économie officielle fonctionne à moins de 30 % de sa capacité et 87 % du budget de la république vient de Moscou. Outre les problèmes communs à toute la Russie, le Daguestan a souffert de la guerre de Tchétchénie, qui l’a coupé des deux voisins dont il dépendait le plus : la Tchétchénie et l’Azerbaïdjan, dont une partie de la production agricole était transformée dans ses usines. Et surtout, la guerre a coupé sa principale voie de communication : le doublé route-chemins de fer Rostov-sur-le-Don/Bakou, reliant la côte russe de la mer Noire à la côte azerbaïdjanaise sur la Caspienne. Le Daguestan, comme l’Azerbaïdjan, possède du pétrole en mer. Mais son acheminement vers la mer Noire par l’oléoduc traversant la Tchétchénie est lui aussi devenu problématique.
La république caucasienne du Daguestan est en proie depuis des mois à une violence croissante. Faisant partie de la fédération de Russie, elle est une région d’importance stratégique, traversée par un oléoduc reliant la mer Caspienne à la rive russe de la mer Noire. D’une superficie de 50 300 km2, le Daguestan, «pays de montagnes», est peuplé de presque deux millions d’habitants, dont plus d’un quart dans la capitale, Makhatchkala. Avec plus d’une trentaine de minorités nationales (les Russes ne représentent pas plus de 10 %), le Daguestan est majoritairement musulman. Ses ethnies principales sont les Avars (près de 500 000), les Darguines (environ 270 000) et les Lezguiens (200 000). Une vingtaine de langues caucasiennes y sont parlées. Le nombre important de minorités nationales et religieuses fait...
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