Les semaines se suivent et se ressemblent sur le marché des changes de Beyrouth où le dollar continuait à être offert sans contrepartie valable à la demande en dehors de la Banque du Liban (BDL), toujours soucieuse de préserver la stabilité monétaire dans le pays tout en veillant à reconstituer ses réserves de change. Dans ce contexte, le niveau relativement élevé du rendement réel des bons du Trésor libanais ne cesse de nourrir des courants d’achat de la monnaie nationale aux dépens du billet vert. Mais le maintien par la BDL de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar en l’état, entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, a servi encore une fois cette semaine à le faire clôturer régulièrement tous les jours de lundi à vendredi au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Pourtant, l’abondance de l’offre et la réticence de la demande privée en dollar ont eu pour conséquence de le faire négocier bien en deçà de ce taux moyen et tout près du bas de la fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,10 LL et rarement en dehors de celle-ci, comme la semaine dernière et celle qui l’avait précédée. En effet, l’essentiel des transactions effectuées quotidiennement cette semaine devait être en grande partie la part de la BDL, selon les cambistes de la place qui ont estimé les montants achetés par elle à quelque 45 millions de dollars et au taux de 1 502,00 LL. Le dollar fragilisé par les craintes inflationnistes À l’étranger, le dollar est resté sous pression toute cette semaine à l’image de Wall Street en raison des inquiétudes de hausse prochaine des taux d’intérêt aux États-Unis, tandis que l’euro a bondi, par moments, à ses plus hauts niveaux depuis trois mois grâce à de nouveaux chiffres encourageants sur la zone euro. Le billet vert a brièvement fléchi aussi ces derniers jours sous le seuil des 114,00 yens, au plus bas depuis six mois face à la devise nippone, les opérateurs faisant fi de nouvelles menaces d’intervention de la Banque du Japon sur les marchés des changes pour contrecarrer l’appréciation du yen. La livre sterling a quant à elle fait preuve de fermeté soutenue par le sentiment que le cycle d’assouplissement monétaire entamé en octobre 1998 par la Banque d’Angleterre a bel et bien touché à sa fin. La Bourse de New York a été encore une fois très instable cette semaine, l’indice Dow Jones des vedettes industrielles ayant clôturé en baisse à plusieurs reprises dans la crainte que la Réserve fédérale américaine (Fed) relève à nouveau les taux d’intérêt le 24 août à l’issue de la réunion prochaine de son comité de l’open market. Ainsi, les opérateurs sont restés prudents toute la semaine en attendant les données sur l’emploi aux États-Unis pour le mois de juillet publiées hier. Ces dernières ont révélé que les créations d’emplois non agricoles ont été supérieures à ce qui était attendu (310 000 au lieu de 200 000 comme en juin) et que le salaire horaire moyen a progressé de 0,5 % contre 0,4 % pendant la même période. Selon les analystes, ces chiffres fournissent à la Fed un argument de plus pour resserrer les rênes du crédit lors de sa prochaine réunion du 24 août, faisant trébucher Wall Street avant de la frapper d’indécision et dans son sillage le dollar. L’euro, qui redresse la tête depuis deux semaines déjà, a encore profité de nouveaux bons chiffres sur les performances économiques de la zone euro. Mercredi, l’Insee a révélé que le moral des ménages français, qui se situait déjà à un très haut niveau, avait de nouveau progressé en juillet par rapport à juin, revenant aux pics historiques observés en début d’année. Jeudi, ce sont les données bien meilleures que prévu sur les entrées de commandes dans l’industrie allemande pour le mois de juin qui ont brièvement porté l’euro au-dessus de 1,08 dollar, un seuil qu’il n’avait pas franchi depuis le début du mois de mai. De son côté, le yen a quelque peu souffert en fin de semaine de nouvelles rumeurs sur une dévaluation du yuan chinois ainsi que de la montée des tensions entre la Chine et Taiwan. La devise nippone s’est finalement repliée un peu après être remontée jeudi à ses plus hauts niveaux depuis six mois face au dollar. Les opérateurs avaient auparavant continué à pousser le dollar à la baisse malgré les mises en garde mardi du ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, en accord avec son homologue américain, Lawrence Summers, contre une hausse excessive de la devise nippone. Les investisseurs sont en effet sceptiques quant à la volonté réelle de la Banque du Japon et surtout de la Fed de freiner la progression du yen, alors que le secrétaire américain au Trésor a encore réaffirmé cette semaine être en faveur d’un dollar fort. Pour ce qui de la livre sterling, elle est restée soutenue, la Banque d’Angleterre ayant décidé, comme prévu, pour le deuxième mois consécutif, de laisser les taux d’intérêt britanniques inchangés à 5 %, à l’issue de la réunion mensuelle de son comité de politique monétaire jeudi dernier. La grande majorité des analystes spécule désormais sur la date du prochain relèvement des taux d’intérêt au Royaume-Uni alors que la reprise de l’économie britannique est de plus en plus nette. C’est dans ce contexte que le dollar est parvenu à achever la semaine, hier, à New York, sur un ton indécis en comparaison avec la fin de la semaine dernière, comme suit : – 1,0750 pour un euro contre 1,0705 – 1,6105 pour un sterling contre 1,6220 – 1,8195 DM contre 1,8270 – 6,1025 FF contre 6,1275 – 1,4890 FS contre 1,4910 – 1 801,75 lires contre 1 808,75 – 114,75 yens contre 114,50. Bourse de Beyrouth : marché étriqué Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a connu une nouvelle semaine d’accalmie et dépourvue d’activité en l’absence de motivations à l’achat comme à la vente des quelques valeurs libanaises cotées. Et malgré le regain d’intérêt manifesté pour les actions Solidere des deux catégories A et B qui ont progressé de 6 7/8 à 7 1/8 dollars et de 7 1/4 à 7 3/8 dollars respectivement, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à la fin de cette semaine à 75,40 points, comme à la fin de la semaine dernière. Cette hausse de Solidere a été neutralisée par la baisse des actions C de la Byblos Bank de 2 3/8 à 2 1/4 dollars et de celles de Lebanon Holdings de 6,00 à 5 3/4 dollars. De ce fait, seul l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires devait payer les frais de la baisse de la Byblos Bank pour abandonner 0,23 % à 179,84 points d’une semaine à l’autre. Ces développements se sont produits encore une fois cette semaine dans des volumes d’affaires très minces, ne dépassant pas au total 186 670 actions d’une valeur globale de 1 246 723 dollars contre 298 757 actions d’une valeur globale de 1 294 002 dollars, la semaine dernière. Wall Street réduit ses gains et les autres Bourses terminent en baisse Les craintes de reprise de l’inflation aux États-Unis ont fait passer une nouvelle mauvaise semaine à Wall Street et dans son sillage toutes les autres grandes Bourses internationales. L’été 99 se montre vraiment chaud et inconfortable et les événements de cette semaine, avec notamment les 310 000 créations d’emplois en juillet assorties d’une nouvelle hausse de 0,5 % du salaire horaire moyen, plaident pour un nouveau relèvement des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion du 24 août. Pour les autres indicateurs de l’économie américaine, la semaine n’a pas été meilleure, des commandes à l’industrie en juin à la productivité américaine au deuxième trimestre, passant par l’évolution des coûts salariaux aux États-Unis pendant la même période. Certes, les responsables de la Fed vont donc très vraisemblablement en conclure que les pressions en provenance des salaires augmentent, d’autant plus que plusieurs facteurs qui contenaient l’inflation montrent des signes de faiblesse, ce qui ne cesse d’augmenter les possibilités d’un resserrement de la politique monétaire de la Fed. Un tel contexte a fait oublier aux investisseurs la qualité des résultats financiers publiés par plusieurs grandes sociétés américaines ainsi que les fusions entre des géants du secteur chimique et de la haute technologie ainsi que les bonnes nouvelles économiques en provenance de la zone euro. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles n’a pas pu donc conserver tous ses gains du début de la semaine, affichant hier en préclôture 10 694,72 points contre 10 655,15 points à la fin de la semaine dernière, marquant une hausse de 0,37 % d’une huitaine à l’autre. En parallèle, les Bourses européennes ont achevé la semaine sur une note faible, abandonnant aussi la plus grande partie de leurs gains après la statistique de l’emploi américain en juillet qui a sapé leur enthousiasme. En effet, l’indice FT 100 de la Bourse de Londres a finalement cédé 1,78 % à 6 121,00 points à la fin de cette semaine contre 6 231,90 points à la fin de la semaine dernière, de même que l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort qui a perdu 1,79 % à 5 010,47 points contre 5 101,87 points, et l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a abandonné 3,62 % à 4 223,64 points contre 4 382,06 points, ainsi que l’indice Nikkei 100 de la Bourse de Tokyo qui est tombé de 17 861,86 points à 17 084,24 points, en baisse hebdomadaire de 4,35 % en moyenne.
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