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Actualités - Reportages

Les Etats-Unis, un gendarme du monde résolu mais sans vision

Malgré les turbulences internes du procès en destitution affronté par le président Bill Clinton, les États-Unis ont tenu en 1998 un rôle diplomatique international hyperactif, mais qui n’a jamais semblé sous-tendu par une stratégie globale, estime l’IISS. Washington a vu tomber en déliquescence ses tentatives de partenariat avec les anciens ennemis russe et chinois, note l’IISS. Les menaces auxquelles ont répondu les interventions diplomatiques et militaires américaines sont bien davantage dirigées vers sa crédibilité que vers ses intérêts proprement dits, et les résultats n’ont été nulle part un «succès total». La «rhétorique énergique» convoyée par une Madeleine Albright «s’est trop souvent réduite à des fanfaronnades», comme dans le cas de son intransigeance à faire livrer par la Libye les suspects de l’attentat de Lockerbie. Seul un aménagement des «conditions humanitaires» faites aux deux Libyens et la médiation en souplesse du président sud-africain Nelson Mandela auront permis l’épilogue de mars 1999. Autre exemple, celui des relations avec Israël descendues à un stade «d’aigreur inhabituel sinon inédit». Le secrétaire d’État a commencé par menacer Israël d’un «réexamen» fondamental de l’approche américaine devant l’absence d’application des accords d’Oslo, pour finalement céder à l’obstructionnisme de Benjamin Netanyahu. Les États-Unis «n’étant finalement pas si prêts que ça à braver les conséquences politiques internes» de leur fermeté. La crédibilité des menaces de Washington contre l’Irak a de même été mise à mal par l’érosion de la coalition internationale. Dans la crise du Kosovo, Mme Albrigth a «engagé son prestige personnel» sur l’issue des négociations de Rambouillet, là encore avec un succès «limité». Au passage, les États-Unis auront été incapables de freiner la déliquescence du partenariat avec une Russie furieuse des frappes de l’Otan. Plus sinistres encore sont les prévisions de l’Institut sur les relations sino-américaines qui s’acheminent vers «un choc frontal presque garanti» après une période «euphorique». Le «partenariat stratégique» conclu à l’été 1998 s’est avéré «vaine rhétorique», estime l’IISS, pour la raison de fond que «la Chine n’est pas un partenaire stratégique des États-Unis». Au mieux, une diplomatie habile pourra faire en sorte que Pékin ne devienne «ni un rival ni une nuisance grave». Parmi les facteurs de tension, le différend sur Taïwan, avec une Chine «furieuse» de l’éventuel déploiement d’un système de défense antimissile américain. S’y est ajouté l’épisode d’espionnage chinois à la base de recherche nucléaire américaine de Los Alamos. La tentative d’entente avec la Corée du Nord n’est pas moins en péril, avec la déception de Pyongyang devant les faibles dividendes diplomatiques et économiques de sa bonne volonté et la frustration américaine devant son incapacité à juguler les programmes nord-coréens de missiles et autres armes de destruction massive. Pyongyang a testé un missile balistique au-dessus du Japon, démontrant la maîtrise d’une trajectoire et d’une capacité «bien au-delà de ce qui était attendu» et Washington la soupçonne fortement d’abriter un second site nucléaire clandestin. Même les anciens alliés, comme la France, ont ouvertement contesté l’hégémonie des États-Unis, contraints par leurs partenaires de l’Otan à reconcer à une «globalisation» de l’Alliance lors de la rédéfinition de son concept stratégique. Washington demeure «contraint de jouer les gestionnaires de crise» internationales, de l’Irak au Kosovo, mais il serait «étonnant que son savoir-faire politique ne soit pas mis en défaut sur au moins l’un de ces défis», conclut l’IISS.
Malgré les turbulences internes du procès en destitution affronté par le président Bill Clinton, les États-Unis ont tenu en 1998 un rôle diplomatique international hyperactif, mais qui n’a jamais semblé sous-tendu par une stratégie globale, estime l’IISS. Washington a vu tomber en déliquescence ses tentatives de partenariat avec les anciens ennemis russe et chinois, note l’IISS. Les menaces auxquelles ont répondu les interventions diplomatiques et militaires américaines sont bien davantage dirigées vers sa crédibilité que vers ses intérêts proprement dits, et les résultats n’ont été nulle part un «succès total». La «rhétorique énergique» convoyée par une Madeleine Albright «s’est trop souvent réduite à des fanfaronnades», comme dans le cas de son intransigeance à faire livrer par la Libye les...