À elles quatre, elles n’ont pas soixante-dix ans. Soit une moyenne d’âge à peine supérieure à dix-sept ans. Pourtant, Jelena, Mirjana, Kim et Alexandra ont tout bouleversé à l’intérieur du tableau féminin, au cours de la première semaine qui a pris fin samedi, dimanche étant traditionnellement jour de repos, quand la pluie n’oblige pas en dernière extrémité à rattraper le temps perdu. La plus iconoclaste fut incontestablement l’Australienne d’origine yougoslave Jelena Dokir, 129e mondiale, qui renversa sans ménagement l’idole suisse Martina Hingis, tête de série N°1 et N°1 mondiale, 6-2, 6-0. Depuis, elle a fait preuve d’un remarquable esprit combatif en éliminant la Slovaque Karina Studenikova, de dix ans son aînée, puis la Luxembourgeoise, Anne Kremer, sur le central. «Je suis habituée à la pression. Cela ne me dérange pas du tout. Personne ne peut imaginer cependant que je vais gagner le tournoi», a-t-elle déclaré après cet excellent dernier test. Elle avait en effet perdu le premier set et a dû lutter farouchement pour écarter Kremer, une adversaire qui a fait passer ses études à l’Université de Stanford, à San José (Californie), avant le tennis et vient d’accéder à la 35e place mondiale après avoir battu Monica Seles à Eatsbourne. De Mirjana Lucic, on disait monts et merveilles depuis plusieurs années, bien qu’elle n’ait encore que dix-sept ans. Mais son style était vraiment sommaire et les résultats tardaient. Il aura fallu qu’elle s’enfuie de chez elle et s’installe en Floride, en révélant que son père la maltraitait, pour qu’on comprenne les raisons de sa stagnation. Vers une demi-finale Lucic-Graf Désormais bien dans sa peau, son abondante queue de cheval en liberté, elle a éliminé, toute puissance déployée, l’Américaine Monica Seles, tête de série N° 4, au troisième tour. En montrant quelques finesses inhabituelles. Sa prochaine adversaire, la Thaïlandaise Tamarine Tanasugarn, 63e mondiale, manque singulièrement de puissance. Ce qui devrait lui ouvrir la porte des quarts de finale, éventuellement contre Nathalie Tauziat, tête de série N° 8. Après, ce pourrait être l’Allemande Steffi Graf, tête de série N° 2, dont elle est la réplique athlétique en plus jeune et en plus blond (1,81 mètre et 65 kilos), avec le même coup droit dévastateur. Des deux dernières, on ne savait pas grand-chose. La Néerlandaise Kim Clijsters, autre joueuse surpuissante qui rencontrera précisément Graf au prochain tour, n’a en effet que seize ans. Quant à Alexandra Stevenson, elle a préféré terminé ses études secondaires avant de se lancer à fond, à l’âge de dix-huit ans, dans le tennis professionnel. La première a sorti la Sud-Africaine Amanda Coetzer, tête de série N° 12. La seconde, la Française Julie Halard, tête de série N° 11. «À l’âge de neuf ans, j’ai pensé que je gagnerais Wimbledon à dix-neuf ans. Ce sera donc pour l’année prochaine», n’a pas craint d’affirmer cette joueuse américaine souple comme une liane (1,85 mètre et 71 kilos), au coup droit redoutable, qui a gagné douze de ses treize derniers matches sur gazon. Accessoirement, cette joyeuse personne chante du gospel et fait du théâtre. Interrogée à propos de cette floraison de talents, Mary Pierce, qui rencontrera Dokic lundi, ne s’en est pas étonnée outre mesure. «Le tennis féminin a désormais beaucoup de joueuses qui jouent bien et il n’est pas étonnant d’en voir sortir qu’on ne connaît pas et qu’on a jamais vues. Surtout sur gazon. Tout peut arriver maintenant dans le tennis féminin». Quant à Dokic, elle s’est contentée de commenter : «Je sais qu’elle tape fort. On verra bien ce qui arrivera». Elle n’avait pas l’air autrement effrayée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À elles quatre, elles n’ont pas soixante-dix ans. Soit une moyenne d’âge à peine supérieure à dix-sept ans. Pourtant, Jelena, Mirjana, Kim et Alexandra ont tout bouleversé à l’intérieur du tableau féminin, au cours de la première semaine qui a pris fin samedi, dimanche étant traditionnellement jour de repos, quand la pluie n’oblige pas en dernière extrémité à rattraper le temps perdu. La plus iconoclaste fut incontestablement l’Australienne d’origine yougoslave Jelena Dokir, 129e mondiale, qui renversa sans ménagement l’idole suisse Martina Hingis, tête de série N°1 et N°1 mondiale, 6-2, 6-0. Depuis, elle a fait preuve d’un remarquable esprit combatif en éliminant la Slovaque Karina Studenikova, de dix ans son aînée, puis la Luxembourgeoise, Anne Kremer, sur le central. «Je suis habituée à la...