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Actualités - Chronologie

Les médias occidentaux s'accordent un satisfecit

En dépit de la censure pratiquée par les belligérants et de l’impossibilité de circuler librement en Yougoslavie pendant les bombardements aériens, les médias occidentaux considèrent qu’ils ont pu informer correctement sur ce qui se passait au Kosovo. Pendant onze semaines, les journalistes du monde entier ont dû informer lecteurs, auditeurs et téléspectateurs du déroulement de la campagne aérienne de l’Otan contre la Yougoslavie, et évaluer la fiabilité des informations diffusées par les Alliés occidentaux et Belgrade engagés dans une guerre de propagande. Les responsables de plusieurs grands médias interrogés par l’AFP s’estiment aujourd’hui satisfaits. Malgré les difficultés rencontrées, il n’y a pas eu d’erreurs majeures, et ce qui a pu être observé sur place depuis la fin des hostilités n’a pas apporté de démenti essentiel à ce qui a été publié pendant la guerre. «Rétrospectivement, j’estime que nous n’avons pas fait d’erreurs importantes, ni dans les faits, ni dans les commentaires», estime Nikolaus Blome, chef du département étranger du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Même satisfaction de Pierre Haski, chef du service étranger du quotidien français Libération qui estime que son journal «a été globalement complet et suffisamment prudent dans l’utilisation des sources». «C’est un conflit pendant lequel beaucoup d’informations ont circulé et on ne découvre pas beaucoup de choses aujourd’hui». Libération a un grand regret, comme plusieurs autres médias occidentaux : ne pas avoir pu renvoyer un correspondant à Belgrade après les expulsions des premiers jours. «C’est notre vraie lacune», remarque-t-il. Si pour l’ensemble des journalistes occidentaux, les informations officielles venant de Belgrade ne pouvaient pas être fiables, la prudence était également observée à l’égard des conférences de presse quotidiennes de l’Otan. «La prudence était de mise, comme ce doit être le cas dans la couverture d’une guerre, mais l’expérience de la Bosnie et de la guerre du Golfe nous a aidé en nous rendant plus critiques», souligne Daniel Riegger, directeur de la rédaction du quotidien allemand Frankfurter Rundschau. «Nous avons pris soin de bien préciser aux lecteurs quelle était la source» des informations, ajoute-t-il. Ed Pilkington, chef du service étranger du quotidien britannique The Guardian, estime que l’Otan «ne semble pas avoir beaucoup trompé les journalistes. Ce que nous avons découvert correspond globalement à ce qu’a dit l’Otan». En dépit de la censure officielle imposée en Yougoslavie, les médias qui ont pu avoir un correspondant sur place considèrent que cette présence a été un atout important pour un couverture fiable et complète. «La presse a été beaucoup plus libre à Belgrade que, par exemple, à Bagdad. Après leur erreur initiale qui a consisté à expulser les journalistes, les autorités ont réalisé qu’il était de leur intérêt que la presse étrangère soit présente», souligne Robert Fisk, correspondant du quotidien britannique The Independent. Guido Sante Vecchi, rédacteur en chef étranger du quotidien milanais Corriere della Sera, estime également que son journal a pu avoir «une couverture équilibrée parce qu’il n’a pas eu pour seule source les points de presse militaires. Nos correspondants à Belgrade ont toujours pu nous appeler, malgré la censure», dit-il. Cette possibilité de diversifier les sources a également été appréciée par Kiichiro Harano, rédacteur en chef étranger adjoint du plus gros quotidien japonais Yomiuri Shimbun. «Par rapport au conflit du Golfe, nous avons été davantage en mesure de faire des reportages sur les habitants et leur vie quotidienne. Pendant la guerre du Golfe, il était quasiment impossible de parler librement aux Irakiens dans la rue», observe-t-il. Si la guerre du Golfe, en 1991, avait été marquée par l’utilisation massive des précieuses mais volumineuses stations de transmission satellitaire, le conflit du Kosovo a été de l’avis général marqué par l’intrusion d’un moyen de communication ultraléger, totalement mobile et fiable : le téléphone portable, ou la mini-station satellitaire, ce qui révolutionne les conditions de travail. «Les communications n’ont jamais été aussi faciles», souligne Pierre Haski. Autre nouveauté technologique mise à profit pendant la guerre du Kosovo, les sites Internet. Pourtant, les avis sont partagés. Si Guido Sante Vecchi estime qu’Internet «a permis d’être en contact non seulement avec les services officiels serbes mais aussi avec le citoyen ordinaire», Pierre Haski remarque «qu’il y avait tout et n’importe quoi sur Internet, ce qui a conforté le travail des journalistes. Internet n’a pas la fiabilité d’un journaliste sur le terrain», ajoute-t-il.
En dépit de la censure pratiquée par les belligérants et de l’impossibilité de circuler librement en Yougoslavie pendant les bombardements aériens, les médias occidentaux considèrent qu’ils ont pu informer correctement sur ce qui se passait au Kosovo. Pendant onze semaines, les journalistes du monde entier ont dû informer lecteurs, auditeurs et téléspectateurs du déroulement de la campagne aérienne de l’Otan contre la Yougoslavie, et évaluer la fiabilité des informations diffusées par les Alliés occidentaux et Belgrade engagés dans une guerre de propagande. Les responsables de plusieurs grands médias interrogés par l’AFP s’estiment aujourd’hui satisfaits. Malgré les difficultés rencontrées, il n’y a pas eu d’erreurs majeures, et ce qui a pu être observé sur place depuis la fin des hostilités n’a...