Le marché libanais des changes est demeuré calme et équilibré, mais sans relief durant toute la journée d’hier, le dollar ayant trouvé facilement un point d’ancrage au bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) et souvent en dehors d’elle. Le maintien de cette fourchette d’intervention en l’état entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente a donc servi, comme tous les jours depuis la mi-décembre, à faire clôturer le billet vert au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL. Mais il n’en demeure pas moins que l’offre a continué de l’emporter sur la demande du dollar, le faisant négocier pratiquement sur le marché interbancaire au point inférieur d’intervention de la BDL, soit entre 1502,25 et 1 502,75 LL au départ puis entre 1 502,00 et 1 502,25 LL par la suite et jusqu’à la clôture, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires ne s’est guère développé, hier, totalisant seulement quelque sept millions de dollars, en partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL. La faiblesse de Wall Street pèse sur le dollar À l’étranger, l’euro s’est un peu ressaisi face au dollar après un nouvel accès de faiblesse hier sur les marchés des changes internationaux, profitant d’un repli plus fort que prévu de Wall Street mais également de l’adoption par le gouvernement allemand d’un programme d’économies et de réformes fiscales, jugé encourageant par les investisseurs. Ce programme, prévoyant des coupes budgétaires de quelque 30 milliards de DM (15,3 milliards d’euros ou 15,8 milliards de dollars) pour l’exercice financier de l’an 2000 ainsi qu’une réforme de la fiscalité et des retraites, a été qualifié d’encourageant bien que le marché ne se soit pas longtemps penché dessus. La devise européenne a également quelque peu profité de déclarations du président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, lors de la traditionnelle conférence de presse d’été de la Banque centrale allemande, qui s’est tenue hier matin. Celui-ci a affirmé que l’économie germanique «ne se trouve pas dans une situation facile, mais nous voyons de plus en plus de signes positifs pour son évolution». Et d’ajouter qu’il ne faut pas sous-estimer le potentiel d’appréciation de l’euro. Le dollar a pâti de son côté d’un fort repli de la Bourse américaine, hier, dans un marché très nerveux à l’approche de la réunion, mercredi prochain, du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed) qui devrait se prononcer sur l’orientation des taux d’intérêt aux États-Unis. Bien que le marché ait déjà largement anticipé un relèvement d’un quart de point en pourcentage à 5 % du taux d’intérêt interbancaire au jour le jour sur les fonds fédéraux (Fed funds), certains investisseurs spéculent d’ores et déjà sur une hausse d’un demi point en pourcentage, perspective qui inquiète profondément Wall Street. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre hier que les commandes de biens durables aux États-Unis auraient augmenté de 1,4 % le mois dernier contre une baisse de 2,3 % en avril, témoignant de la franche tendance de l’économie américaine à la surchauffe. De son côté, la livre sterling s’est ressaisie face au dollar au lendemain d’une chute à ses plus bas niveaux depuis près de deux ans face au billet vert, provoquée par les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui ont relancé la veille les spéculations sur une prochaine baisse des taux d’intérêt britanniques. Mais cette perspective paraissait plutôt écartée après la publication hier par la Confédération de l’Industrie britannique de son étude trimestrielle sur le secteur manufacturier notant que les industriels prévoient une nouvelle amélioration de la production dans les quatre mois à venir. Cela étant, le dollar ne tardait pas à perdre beaucoup de son élan, se négociant à New York, comme suit : – 1,0400 pour un euro contre 1,0330, la veille. – 1,5880 pour un sterling contre 1,5795. – 1,8805 DM contre 1,8935. – 6,3060 FF contre 6,3500. – 1,5360 FS contre 1,5470. – 1 861,50 lires contre 1 874,40. – 121,75 yens contre 121,95. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est un peu ressaisie hier sous l’impulsion d’une petite hausse des actions au porteur des Ciments Blancs, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a légèrement augmenté de 0,04 % à 77,51 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 178,62 points. Pour ce qui est du volume d’affaires de la journée d’hier, il est resté très modéré ne dépassant pas quelque 73 218 actions d’une valeur globale de 168 697 dollars. Wall Street : nouvel accès de faiblesse Par ailleurs, Wall Street a continué de battre en retraite, subissant des liquidations liées aux perspectives d’un relèvement des taux d’intérêt de la Fed à l’issue de la réunion de son comité de l’open market mercredi prochain ainsi qu’aux mises en garde lancées hier par plusieurs sociétés américaines sur leurs résultats financiers au deuxième trimestre. Ainsi, les opérateurs, qui attendaient un relèvement d’un quart de point en pourcentage à 5 % des taux servis sur les fonds fédéraux, commencent désormais à anticiper une hausse d’un demi point en pourcentage de ces taux après l’annonce hier d’une augmentation de 1,4 % des commandes de biens durables, le mois dernier, confirmant la surchauffe de l’économie américaine. Une nouvelle fois, les inquiétudes des investisseurs se sont matérialisées aussi bien sur le marché obligataire que sur celui des actions avec l’apparition d’une forte tension sur les taux. De plus, les investisseurs ont manifesté une certaine nervosité après plusieurs mises en garde de groupes industriels sur des résultats financiers qui seront moins bons que généralement attendus par les analystes. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dégringolé d’un plus haut de la séance à 10 666,86 points à un plus bas à 10 471,20 points, avant d’afficher en préclôture 10 564,28 points, en nouvelle baisse de 102,58 points sur la veille. Les Bourses européennes dans la déprime Les Bourses européennes ont terminé en repli, jeudi, déprimées par la hausse des rendements obligatoires, les investisseurs craignant que la Réserve fédérale américaine n’annonce une hausse des taux d’intérêt plus importante que prévue la semaine prochaine. Les rendements obligataires ne cessent de monter depuis que les marchés se sont mis à se demander si la Fed n’allait pas relever ses taux d’intérêt à court terme de plus de 0,25 point. Certains opérateurs s’attendent désormais à ce que le Comité de politique monétaire de la Fed, le FOMC, annonce lors de sa réunion des 29 et 30 juin une hausse de 50, voire de 75 points de base des Fed Funds, pour tuer dans l’œuf tout germe de surchauffe de l’économie américaine. «Les marchés sont bien ennuyeux et tout cela parce qu’on attend une décision sur les taux aux États-Unis», a affirmé Udo Becker, de chez Merck, Finck & Co à Munich. Tokyo : clôture en hausse La Bourse de Tokyo est repartie à la hausse jeudi en gagnant 0,2 %, soutenue par des achats étrangers et la progression des valeurs de haute technologie à la suite de l’alliance entre NEC Corp. et Hitachi Ltd. sur les mémoires DRAM. L’indice Nikkei 225 a progressé de 41,57 points à 17 628,32, après avoir atteint un plus haut de 17 700,46 points, puis un plus bas de 17 528,90 points en cours de séance. L’indice élargi Topix a pour sa part gagné 1,95 point à 1 411,13 points.
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