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Actualités - Chronologie

Les enquêtes du TPI progressent, en terrain parfois miné(photo)

Les enquêteurs du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie ont pris leur «rythme de croisière» au Kosovo mais leur travail est rendu délicat par le minage de certains sites de massacres, en dépit du soutien de la Force internationale de paix. «Le travail progresse bien», a déclaré hier à La Haye le procureur-adjoint du TPI Graham Blewitt. «Des équipes médico-légales d’un certain nombre de pays sont déjà en place». D’autres «arrivent quotidiennement et cela va continuer aussi la semaine prochaine», a-t-il indiqué. «Nous allons atteindre le point, je ne sais pas quand, mais dans un avenir proche, où toutes les équipes médico-légales qui nous sont fournies seront au travail au Kosovo», a-t-il ajouté. Le procureur canadien du TPI, Louise Arbour, a obtenu la mise à disposition par l’Onu d’environ 300 experts de police scientifique et de médecine légale pour ses enquêtes dans la province yougoslave. Le tribunal a indiqué la semaine dernière qu’il ne devrait faire appel qu’à «80 ou 100» d’entre eux pour sa douzaine d’équipes sur le terrain. Américains, Britanniques, Français, Allemands, Néerlandais et Canadiens, entre autres, lui ont déjà apporté leur contribution. Graham Blewitt a souligné hier le caractère «toujours dangereux» de la mission des hommes de La Haye, contraints de s’en remettre à la Kfor pour la sécurisation des sites de massacres. «Nous repérons des pièges minés sur certains des sites», a-t-il indiqué. Le bras droit de Mme Arbour a rendu un hommage appuyé aux militaires de la Force internationale de paix. «Je voudrais souligner combien nous apprécions le niveau de soutien que la Kfor nous apporte», a-t-il déclaré. Il a noté le «net contraste» par rapport au concours apporté au TPI par la Force d’interposition de l’Otan (Ifor) déployée en Bosnie pendant l’hiver 1995-1996 après la signature des accords de Dayton. L’Otan avait fait vendredi de l’assistance aux enquêteurs du TPI une des «priorités» de la Kfor. Le procureur-adjoint du TPI a affirmé n’avoir «pas été surpris» par la découverte de «nombreux massacres» et charniers présumés au Kosovo. «Je m’attendais à voir une image d’ensemble assez horrible et je suis au regret de dire que c’est ce que nous trouvons», a-t-il déclaré. Il s’est toutefois refusé à estimer le nombre global de victimes, chiffré par les autorités britanniques à quelque 10 000. Depuis son entrée au Kosovo le 12 juin, la Kfor a déjà mis au jour 90 sites de fosses communes, selon l’Otan. M. Blewitt a confirmé que les forces serbes avaient tenté par endroits de dissimuler les traces de leurs exactions. «Il est avéré que des tentatives ont eu lieu de détruire des preuves», a-t-il indiqué. Selon M. Blewitt, celles-ci n’en constituent pas moins «une preuve plus solide que (celle) de la perpétration d’un crime». «Un accusé pourrait prétendre que les victimes (d’un massacre) sont celles d’une bataille. Mais si nous pouvons prouver que les auteurs sont revenus et ont essayé de détruire des preuves, il sera difficile pour l’accusé de dire qu’il s’agissait de victimes innocentes plutôt que de victimes d’une activité criminelle qu’on cherche à cacher», a-t-il estimé. Le procureur-adjoint du TPI a réaffirmé la satisfaction du tribunal de voir l’arrestation des criminels de guerre du Kosovo inscrite au mandat de la Kfor. Il s’est félicité de voir aussi l’Otan «encourager la Kfor à une approche plus agressive» de la question en Bosnie. Les responsables du tribunal de La Haye ne semblent toutefois guère se bercer d’illusions sur l’application concrète de ces engagements. «D’un point de vue pratique, il est difficile d’imaginer qui sera arrêté au Kosovo. Il est peu probable qu’un accusé de Serbie (y) soit localisé», a reconnu M. Blewitt.
Les enquêteurs du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie ont pris leur «rythme de croisière» au Kosovo mais leur travail est rendu délicat par le minage de certains sites de massacres, en dépit du soutien de la Force internationale de paix. «Le travail progresse bien», a déclaré hier à La Haye le procureur-adjoint du TPI Graham Blewitt. «Des équipes médico-légales d’un certain nombre de pays sont déjà en place». D’autres «arrivent quotidiennement et cela va continuer aussi la semaine prochaine», a-t-il indiqué. «Nous allons atteindre le point, je ne sais pas quand, mais dans un avenir proche, où toutes les équipes médico-légales qui nous sont fournies seront au travail au Kosovo», a-t-il ajouté. Le procureur canadien du TPI, Louise Arbour, a obtenu la mise à disposition par l’Onu...