Le fils benjamin d’Élisabeth II se marie au château de Windsor mais certains semblent n’en avoir cure. «On était venus visiter le château mais c’est fermé. Vous pouvez me dire ce qui se passe ?» demande sans plaisanter un touriste français en short et casquette. Hormis le carré d’inconditionnels de la monarchie, qui ne manquerait l’occasion pour rien au monde, les noces royales ne suscitaient qu’un intérêt mesuré samedi dans les rues de Windsor, pavoisées aux couleurs de la Grande-Bretagne. Rien à voir avec les foules qui avaient accompagné Charles et Diana à la cathédrale Saint-Paul en 1981. Trois heures avant le début de la cérémonie, à peine plus d’un millier de visiteurs commençaient à se presser contre les barrières au pied du château de Windsor qui domine la petite ville de l’ouest de Londres, reprenant possession d’un secteur jusqu’alors envahi essentiellement par les journalistes. La petite foule, petits «Union Jacks» en berne, ne manifeste aucun signe d’enthousiasme excessif. A peine si les drapeaux frémissent aux allées et venues de la fanfare militaire. Le public, composé en majorité de retraités et de touristes, trompe l’attente, un magazine ou un casse-croûte à la main. Beaucoup sont venus équipés de glacières et de chaises pliantes. Rues vides A quelques centaines de mètres du palais, les rues sont quasiment vides et on circule tranquillement sur les trottoirs. Seul signe tangible de cet événement «exceptionnel» en milieu de journée : les caméras de la BBC et quelques grappes de photographes attendant sur des bancs le passage du carrosse des mariés. La police locale n’attendait pas plus de 20 000 personnes à l’heure proprement dite de la cérémonie en fin d’après-midi dans la chapelle Saint-Georges du château. Une poignée d’acharnés, une dizaine, ont campé toute la nuit dans des sacs de couchage aux portes du palais pour «avoir une bonne place». La nuit à la belle étoile était une précaution inutile : les visiteurs arrivés samedi en fin de matinée en trouvent d’aussi bonnes. July, une Américaine venue spécialement de Las Vegas, est un peu surprise par l’affluence modeste. «Nous sommes arrivés à 7h30 ce matin et nous étions la deuxième voiture sur le parking. Il n’y avait pas plus de 20 à 30 personnes qui attendaient» devant le château, s’étonne-t-elle. «On est bien loin des cérémonies de Saint-Paul ou Westminster», lâche John, 81 ans, pourtant monarchiste convaincu. Il se targue d’avoir assisté à tous les mariages royaux depuis celui de la reine-mère le 26 avril 1923. Windsor achève sans se hâter les derniers préparatifs du mariage d’Edward Windsor et de Sophie Rhys-Jones. Sous l’œil détendu d’une poignée de policiers, des employés de la voirie bouchent avec du goudron des trous sur le parcours que doit emprunter le couple. Habitués à accueillir de nombreux touristes, les commerçants locaux ne sont pas sur le pied de guerre. «Ce matin, j’ai même vu moins de gens que les autres week-ends», souligne Eilene Trueman, qui tient une petite boutique de confiserie et de souvenirs. «D’habitude, ils arrivent dans l’après-midi», renchérit un peu inquiet Daniel Crawley.
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