Les mines, antipersonnel ou antichars, se révèlent le principal ennemi des troupes occidentales, une semaine après leur entrée au Kosovo. Partout dans cette province et plus particulièrement aux frontières, les soldats yougoslaves, en position défensive face aux guérilleros de l’UCK (Armée de libération du Kosovo), ont placé des mines. Les accords militaires de paix prévoyaient que les «plans de mines» soient communiqués. Mais l’information circule mal ou a été mal notée, comme l’ont constaté les Français quand ils ont voulu franchir la frontière par un chemin forestier. La colonne avait été stoppée une demi-journée avant que les démineurs ne trouvent une dizaine de mines de la taille d’une boîte de cirage. Tous ces engins, déposés en grand nombre par une armée yougoslave experte en la matière, vont constituer, s’ils ne sont pas enlevés, un danger mortel pour les habitants de la région, empêchant les cueillettes et les récoltes, freinant leurs possibilités de circulation et interdisant l’accès à certaines zones. Le premier blessé est un légionnaire francais Le premier blessé, non accidentel, de la campagne militaire occidentale au Kosovo est un légionnaire français dont le véhicule a sauté sur une mine vendredi après-midi (les trois soldats occidentaux – un Allemand et deux Américains – tués depuis le début de la campagne avaient, eux, trouvé la mort dans des accidents). Évacué par hélicoptère vers la Macédoine, le légionnaire du 1er Régiment étranger de cavalerie (1er REC) a été rapatrié en France, souffrant de fractures des membres inférieurs et d’une vertèbre, a-t-on appris de source officielle. Ses jours ne sont pas en danger. Son véhicule blindé léger (VBL) était en reconnaissance en début d’après-midi avec les autres engins de l’escadron d’éclairage et d’investigation (EEI). Il roulait sur un petit chemin au flanc d’une colline entre Mitrovica et Serbica à quelques dizaines de mètres de la route, quand il a sauté sur une mine antichar, a expliqué un officier. Son véhicule à l’avant en forme de pointe, haut sur ses roues, pesant 2,8 tonnes, était déjà passé sur le chemin peu auparavant. Un tracteur y avait été aperçu pendant la matinée. La mine a explosé au passage d’une des roues arrière. C’est l’observateur, placé au-dessus de cet essieu, qui a été le plus touché. Chauffeur et responsable du VBL, assis à l’avant, ont été commotionnés. À une dizaine de mètres de là, une musette qui devait être accrochée à l’extérieur du VBL pend aux branches d’un arbre. Un vêtement est accroché quelques mètres plus loin. Le disque de frein, en acier épais d’un centimètre, est brisé net. Samedi matin, alors que des couloirs «propres» avaient été soigneusement délimités et que les démineurs en tenue spéciale s’activaient à genoux piquetant tous les 10 centimètres pour détecter la présence éventuelle d’un autre engin, un groupe de villageois est arrivé par ce chemin, hors de tout balisage, pour voir ce qui se passait. «Ils sont venus me dire que des vaches sautent parfois dans les champs» sur des mines, explique le lieutenant, chef de l’équipe de démineurs. Cette colline, selon lui, a dû être le théâtre de combats. «On a trouvé beaucoup de douilles», dit-il, en ajoutant que «les Yougoslaves ont sans doute placé des mines de protection».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les mines, antipersonnel ou antichars, se révèlent le principal ennemi des troupes occidentales, une semaine après leur entrée au Kosovo. Partout dans cette province et plus particulièrement aux frontières, les soldats yougoslaves, en position défensive face aux guérilleros de l’UCK (Armée de libération du Kosovo), ont placé des mines. Les accords militaires de paix prévoyaient que les «plans de mines» soient communiqués. Mais l’information circule mal ou a été mal notée, comme l’ont constaté les Français quand ils ont voulu franchir la frontière par un chemin forestier. La colonne avait été stoppée une demi-journée avant que les démineurs ne trouvent une dizaine de mines de la taille d’une boîte de cirage. Tous ces engins, déposés en grand nombre par une armée yougoslave experte en la matière,...