Le Comité international olympique a préféré samedi Turin (Italie) au favori, la ville suisse de Sion, pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2006. Cette décision, annoncée par le président du CIO, l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, a été accueillie par des cris de joie dans la capitale du Piémont, tandis qu’une immense déception, voire la consternation, prévalait dans le camp helvétique. Le chef-lieu du canton du Valais avait pourtant les faveurs du CIO qui, dans son rapport d’évaluation publié fin 1998, mettait en valeur ses atouts – proximité de ses sites, solides traditions en matière de sports d’hiver et garanties en matière de sécurité. Mais la candidature de Sion a peut-être «payé» les révélations faites par Marc Holder, délégué suisse au CIO, qui avait «vendu la mèche» en décembre sur l’affaire de corruption entourant le choix de Salt Lake City (Utah) pour les JO d’hiver de 2002. Ses révélations sur l’«achat de votes» avaient plongé le CIO dans la plus grave crise de son histoire et entraîné le départ de dix membres de cette instance. «Je pense que le soi-disant “facteur Hodler” a joué un très grand rôle dans cette défaite», a confié à Reuters Raymond Loretan, membre du comité de candidature de Sion, présent dans la capitale de la Corée du Sud. Déception et « rage » «Les délégués ont été incapables de faire une distinction entre notre candidature et les évènements qui ont secoué le CIO». «Ils voulaient punir la Suisse et ils y ont réussi», a-t-il dit. Le comité de sélection des JO d’hiver 2006 a choisi la capitale du Piémont à partir d’une liste de six villes candidates, réduite par la suite à deux noms – Sion et Turin. Les six villes retenues au départ étaient, outre le vainqueur et Sion, Helsinki (Finlande), Klagenfurt (Autriche), Poprad Tatry (Slovaquie) et Zakopane (Pologne). Plus de 10 000 personnes rassemblées sur la grande place de Sion tôt ce samedi ont acceuilli dans un silence de mort le choix de Turin, avant que n’éclatent des huées et, pour certains, des pleurs. Le Conseil fédéral (gouvernement) suisse s’est déclaré pour sa part «déçu» par la décision du CIO tout en félicitant le vainqueur, Turin. Selon l’agence suisse ATS, «dans la foule, c’était la déception mais aussi une certaine rage vis-à-vis du CIO». «C’est un silence de mort qui a accueilli la décision, suivi de huées lorsque les responsables de Turin ont défilé sur l’écran devant Juan Santonio Samaranch». À Turin, qui a su profiter à merveille des sentiments antisuisses au sein du CIO et qui a fait une campagne appuyée, la victoire a été saluée avec jubilation et un grand «hourra». Après avoir poussé des cris aigus devant la salle de réunion du CIO, Evelina Christallin, présidente du comité de candidature de la capitale du Piémont, a déclaré à Séoul : «C’est le plus beau jour de ma vie. Je suis si heureuse, et l’émotion me submerge. Mais nous étions très sûrs de nous». «Pour nous tous, c’était un rêve, qui est devenu réalité», a commenté de son côté le maire de Turin, Valentino Castellani, lui aussi présent dans la capitale sud-coréenne, dans son discours de remerciement au CIO. Gueule de bois à Sion, après une nuit blanche trop optimiste Turin, souvent baptisée «Fiat-ville», est la troisième ville italienne en population, avec une forte implantation industrielle. Bien que relativement éloignée des pistes de ski alpines (la station de Sestrières est ainsi à une heure de route), cette métropole organisera les compétitions de glace. Plusieurs milliers de personnes ont accueilli abasourdis, samedi matin à Sion, la capitale du Valais (sud-ouest), le choix de Turin pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 2006, après avoir passé une nuit blanche, dans l’attente euphorisante de l’événement. Après un court silence tant la surprise était grande, des sifflets ont accueilli la décision du Comité international olympique (CIO) d’attribuer les jeux à Turin, de préférence à Sion, par 53 voix contre 36. La capitale valaisanne était pourtant donnée favorite, forte d’une excellente note technique de la comission d’évaluation du CIO décernée en février. «On ne comprend pas, c’est un scandale, cela va à l’encontre du rapport de la commission d’évaluation, le CIO est décrédibilisé», a aussitôt réagi, interloqué, le présentateur de la Télévision suisse romande (TSR), présent à Sion. Un écran géant dressé sur la place de la Planta, une vaste esplanade au cœur de Sion, retransmettait en direct de Séoul (Corée du Sud) la réunion. Les très nombreux spectateurs présents ont abondamment hué le président du CIO Juan Antonio Samaranch. Les premiers groupes de spectateurs commençaient à quitter les lieux, cinq minutes après l’annonce de la défaite de Sion. Nombre des 250 journalistes accrédités pour l’occasion ont dû réécrire en catastrophe des textes déjà préparés, tant la certitude était grande que Sion emporte le morceau. Sept journaux suisses devaient sortir des éditions spéciales dans la matinée : ils ont renoncé. Compte tenu du décalage horaire, le choix du CIO a été connu à 07h30 locales (05h30 GMT).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Comité international olympique a préféré samedi Turin (Italie) au favori, la ville suisse de Sion, pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2006. Cette décision, annoncée par le président du CIO, l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, a été accueillie par des cris de joie dans la capitale du Piémont, tandis qu’une immense déception, voire la consternation, prévalait dans le camp helvétique. Le chef-lieu du canton du Valais avait pourtant les faveurs du CIO qui, dans son rapport d’évaluation publié fin 1998, mettait en valeur ses atouts – proximité de ses sites, solides traditions en matière de sports d’hiver et garanties en matière de sécurité. Mais la candidature de Sion a peut-être «payé» les révélations faites par Marc Holder, délégué suisse au CIO, qui avait «vendu la mèche» en...