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Actualités - Chronologie

50.000 Kosovars reviennent, 50.000 serbes s'en vont

Dix-sept mille Kosovars sont revenus jeudi au Kosovo (14 000 d’Albanie, 3 000 de Macédoine), ce qui porte le total des retours à quelque 50 000 dans la province, a annoncé hier à Genève le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Concernant les départs de Serbes, le HCR a déclaré que les évaluations du Comité international de la Croix Rouge (CICR) tournent à l’heure actuelle autour de 50 000 personnes ayant quitté la province. Le HCR est pour sa part dans l’impossibilité de vérifier en Serbie même le nombre exact de Serbes qui sont venus du Kosovo ces derniers jours, a expliqué son porte-parole, Paul Stromberg. Les routes du Kosovo étaient encombrées hier de réfugiés qui rentraient chez eux, encouragés par le retrait yougoslave et le déploiement de la Kfor. La circulation était très dense sur la route entre le sud du Kosovo et Pristina, rapporte un correspondant de l’AFP, qui a vu des files de voitures de réfugiés rentrant de Macédoine et d’Albanie, rattrapant des réfugiés serbes, en tracteurs ou en camionnettes, fuyant vers le nord de crainte de représailles albanaises. Ce retour massif de réfugiés, que l’Onu tente de tempérer, «complique la tâche de la Kfor», a estimé le chef d’état-major français, le général Jean-Pierre Kelche, soulignant que le déminage «reste un gros problème». L’exode des Serbes, qui continuait, contrarie les Occidentaux qui défendent l’avenir d’un Kosovo multiethnique, encore plus improbable dans l’immédiat alors que depuis plusieurs jours les indices d’atrocités serbes contre les Albanais se multiplient. Washington a demandé jeudi à la minorité serbe de ne pas fuir, affirmant que la force de paix de l’Otan protégerait tous les habitants de la province. «L’Otan et la Kfor créeront un environnement sûr et tout le peuple du Kosovo en bénéficiera», a promis le porte-parole du département d’État, James Foley. L’exode serbe n’est pas «un phénomène positif, mais nous espérons qu’il est réversible», a déclaré M. Foley, affirmant que Washington espérait que beaucoup de Serbes qui sont partis reviendront. «Ils sont aussi chez eux», a-t-il ajouté. Par ailleurs, un haut responsable yougoslave, cité par l’agence Tanjug, a déclaré hier que les autorités de Belgrade considèrent que la Kfor n’assure pas une protection suffisante aux Serbes vivant dans la province. M. Nebojsa Vujovic, vice-ministre yougoslave des Affaires étrangères, a eu jeudi soir à Pristina des discussions séparées sur ce sujet avec le général britannique Michael Jackson, commandant de la Kfor, et Sergio Vieira de Mello, représentant spécial de l’Onu au Kosovo par intérim. M. Vujovic, président du comité yougoslave pour la coopération avec la mission de l’Onu au Kosovo, a déclaré que cette dernière «échouera si une seule des parties, la RFY (République fédérale de Yougoslavie), s’acquitte de ses obligations découlant de l’accord militaire technique» signé le 9 juin avec l’Otan. «L’autre partie (la Kfor) ne prend pas les mesures indispensables ni des actions concrètes en vue de combler le vide sécuritaire» apparu entre le retrait des forces yougoslaves et le déploiement de la Kfor et qui a permis un regain d’activité de l’UCK, selon M. Vujovic. Le responsable yougoslave a «demandé fermement que la mission de l’Onu agisse en conformité avec ses engagements, démilitarise et désarme les terroristes et séparatistes albanais» et assure une «sécurité absolue aux Serbes, Monténégrins et autres populations non albanaises», indique l’agence. De son côté, le gouvernement yougoslave a souhaité signer «le plus rapidement possible un accord civil avec l’Onu», une telle procédure étant «habituelle entre l’Onu et le pays dans lequel celle-ci engage une mission», selon un communiqué publié hier par la presse. Cet «accord civil» devra préciser notamment les prérogatives de l’État yougoslave dans les secteurs économique, monétaire, du commerce extérieur, des protections douanières et de la santé, indique le communiqué.
Dix-sept mille Kosovars sont revenus jeudi au Kosovo (14 000 d’Albanie, 3 000 de Macédoine), ce qui porte le total des retours à quelque 50 000 dans la province, a annoncé hier à Genève le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Concernant les départs de Serbes, le HCR a déclaré que les évaluations du Comité international de la Croix Rouge (CICR) tournent à l’heure actuelle autour de 50 000 personnes ayant quitté la province. Le HCR est pour sa part dans l’impossibilité de vérifier en Serbie même le nombre exact de Serbes qui sont venus du Kosovo ces derniers jours, a expliqué son porte-parole, Paul Stromberg. Les routes du Kosovo étaient encombrées hier de réfugiés qui rentraient chez eux, encouragés par le retrait yougoslave et le déploiement de la Kfor. La circulation était très...