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Actualités - Chronologie

Le retour des réfugiés crée de gigantesques embouteillages(photo)

Des milliers de réfugiés rentrent d’Albanie vers le Kosovo, créant de gigantesques embouteillages sur la route menant de Kukes (Albanie) à Prizren (sud du Kosovo). Camions, tracteurs et charrettes, engins agricoles de toutes sortes, mini-cars ou voitures se succèdent en une file continue de véhicules qui encombrent les 55 kilomètres séparant Kukes de Prizren. Kukes est le point de passage obligé des quelque 440 000 Kosovars ayant trouvé refuge en Albanie. La ville elle-même, à 30 km de la frontière, accueillait encore près de 130 000 réfugiés en début de semaine. Dans un sens, on venait chercher sa famille après avoir vérifié qu’on serait en sécurité au Kosovo, que la Kfor était réellement présente et que les forces yougoslaves avaient quitté le sud de la province ; dans l’autre, on quittait l’exil et les tentes inconfortables des camps pour retourner chez soi. Le flux était tel qu’il fallait en milieu de journée près de 7 heures pour faire le trajet. La route sinueuse qui monte sur les pentes montagneuses albanaises vers le poste-frontière de Morina est par endroit si étroite que deux véhicules ne peuvent s’y croiser. Parfois, un pneu éclate, un tracteur tombe en panne, et la route est totalement bloquée. Mais les réfugiés, entassés à quinze ou vingt dans des véhicules surchargés de matelas, couvertures et paquetages divers, gardaient le sourire. «Tout va bien, on rentre chez nous», crie Arietta en couvrant le bruit du camion. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) poursuit de son côté le pointage des personnes quittant l’Albanie au petit poste de Morina : «Combien êtes-vous dans le véhicule ? Tous des réfugiés de retour ?». Mardi, ils étaient 5 800 à avoir franchi la frontière albanaise. À Prizren, le HCR, arrivé mercredi, a commencé ses premières distributions d’aide alimentaire. Il est encore difficile de se nourrir correctement au Kosovo : quelques magasins ont rouvert dans les villes les moins touchées par les affrontements, mais la plupart des boutiques restent closes, les étals vides. Personnes en perdition À l’école primaire Emin Durako, en centre-ville, «plus de 10 000 personnes se sont présentées» pour recevoir une bouteille d’eau et une ration d’aide alimentaire pour une journée, a indiqué le directeur de l’école Élias Tamniku. De leur côté, la Kfor et le Pam (Programme alimentaire mondial) devaient commencer le largage par hélicoptère de nourriture dans certaines zones montagneuses où des personnes s’abritent encore. Dans les rues de Prizren, certains réfugiés ne savaient pas très bien où ils iraient les prochains jours. Si la ville de Prizren (120 000 habitants habituellement, 60 000 actuellement) a été peu détruite, certains villages du sud et de l’ouest du Kosovo, dont sont souvent originaires les Kosovars ayant fuit par l’Albanie, le sont en revanche dans leur intégralité. Sur la route de Prizren à Djakovica, où forces serbes et combattants de l’UCK se sont battus jusqu’au dernier moment, des villages entiers de maisons détruites et brûlées se succèdent. Et l’ensemble de la région est très fortement miné, ont prévenu l’UCK et les troupes de la Kfor. Certains réfugiés ne sont pas au courant. Mercredi à Prizren, Ahmed Cabrati attend avec sa femme et sa fille devant la maison des officiers, où l’UCK s’est installée. Il vient demander un hébergement pour quelques jours. «Je suis rentré mardi d’Albanie par Prizren et me suis rendu chez moi, à Planeja. Tout est détruit. Je ne sais plus où aller», dit-il. Planeja est un petit village kosovar, au pied du mont Pastrik, non loin de la frontière albanaise. Les affrontements entre serbes et UCK ont été intenses tout le long de la frontière, et Planeja a été bombardé jour après jour.
Des milliers de réfugiés rentrent d’Albanie vers le Kosovo, créant de gigantesques embouteillages sur la route menant de Kukes (Albanie) à Prizren (sud du Kosovo). Camions, tracteurs et charrettes, engins agricoles de toutes sortes, mini-cars ou voitures se succèdent en une file continue de véhicules qui encombrent les 55 kilomètres séparant Kukes de Prizren. Kukes est le point de passage obligé des quelque 440 000 Kosovars ayant trouvé refuge en Albanie. La ville elle-même, à 30 km de la frontière, accueillait encore près de 130 000 réfugiés en début de semaine. Dans un sens, on venait chercher sa famille après avoir vérifié qu’on serait en sécurité au Kosovo, que la Kfor était réellement présente et que les forces yougoslaves avaient quitté le sud de la province ; dans l’autre, on quittait l’exil et...