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Actualités - Chronologie

Biennale - L'art pour innover, provoquer, dénoncer Diversité latino à Venise

Pas moins de 23 artistes venus de 18 pays d’Amérique latine et des Caraïbes exposent leurs œuvres riches en diversité à la 48e Biennale d’art contemporain de Venise, inaugurée samedi sur la lagune. De la soif d’innover, voire de provoquer, à la volonté de dénoncer les inégalités sociales, la violence, la corruption en passant par le besoin de poésie et de retour aux traditions : les œuvres latino-américaines présentées à Venise offrent un large éventail de nuances et d’émotions. La majorité d’entre elles sont regroupées au pavillon de l’Institut italo-latino-américain, installé cette année aux Tese, un ancien entrepôt rénové le long des bassins de l’Arsenal. Ce pavillon expose 14 artistes originaires de Bolivie, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, d’Équateur, du Guatemala, de Haïti, du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, du Panama, du Paraguay, du Pérou et de la République dominicaine. Un véritable voyage où se croisent les aspirations parfois opposées de créateurs dont le plus jeune, le Guatémaltèque Andrès Bonifaci, n’a que 26 ans, et le plus âgé, le Bolivien Fernando Montes, 68 ans. Certains vivent depuis peu, ou plus longtemps, en Europe, à l’instar de ces derniers, tandis que d’autres ne veulent pas quitter «leur terre» comme Mariana Fernandez De Cordova, sculptrice de Quito, qui a fait de la lutte contre les injustices sociales son cheval de bataille. D’une pierre deux coups Afin de mieux mettre l’index sur les «contradictions du monde post-moderne», selon ses mots, elle n’hésite pas à utiliser un style kitsch pour illustrer l’extrême misère des enfants de son continent ou de l’Afrique. L’œuvre emmenée dans ses bagages représente un enfant noir, tenant un téléphone portable à la main et regardant, la bouche ouverte et le regard suppliant, des écouteurs de téléphone suspendus au-dessus de lui. «Il appelle, personne ne répond», commente la jeune artiste. L’univers du Bolivien Fernando Montes est tout autre : sa passion ce sont le «temps suspendu», les «silences inexplorés» et la culture inca. Il expose deux toiles aux teintes beiges, marron et blanches, figurant des portes d’antiques temples ouvertes sur l’«infini» dont la douceur frappe le regard. «Les Incas étaient en harmonie avec la terre et le monde», remarque-t-il, soulignant ne pas être pessimiste sur l’époque actuelle. «Je crois que le prochain siècle sera spirituel», dit-il mi-moqueur, mi-sérieux. Le contraste entre les différentes œuvres exposées est d’autant plus marquant que l’espace d’exposition du Pavillon est relativement restreint comme déplore, à l’envi, l’énergique Colombien Fernando Arias, 35 ans. Par esprit de provocation, comme il l’avoue lui-même, il n’a apporté à Venise qu’une petite «invention» : une sorte d’urne en plastique transparent. On peut y glisser dans un mince trou des billets de banque, s’ils sont au préalable finement roulés, «comme si on devait les utiliser pour sniffer de la cocaïne», explique franchement l’artiste affirmant qu’en Colombie, «cette drogue est omniprésente et qu’elle est liée à tous les problèmes du pays». Il fait d’une pierre deux coups, récupérant l’argent pour financer un projet devant initialement être exposé à la Biennale : celui d’installer un piano dans un aquarium géant. Outre le pavillon italo-latino américain, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela sont à Venise avec leur propre pavillon, ouverts au public, comme le reste de la Biennale, depuis dimanche et jusqu’au 7 novembre.
Pas moins de 23 artistes venus de 18 pays d’Amérique latine et des Caraïbes exposent leurs œuvres riches en diversité à la 48e Biennale d’art contemporain de Venise, inaugurée samedi sur la lagune. De la soif d’innover, voire de provoquer, à la volonté de dénoncer les inégalités sociales, la violence, la corruption en passant par le besoin de poésie et de retour aux traditions : les œuvres latino-américaines présentées à Venise offrent un large éventail de nuances et d’émotions. La majorité d’entre elles sont regroupées au pavillon de l’Institut italo-latino-américain, installé cette année aux Tese, un ancien entrepôt rénové le long des bassins de l’Arsenal. Ce pavillon expose 14 artistes originaires de Bolivie, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, d’Équateur, du Guatemala, de Haïti, du...