Le marché des changes de Beyrouth s’est montré indifférent hier aux tentatives de déstabilisation de la situation intérieure au lendemain de l’acte terroriste sans précédent qui a coûté la vie à quatre magistrats. De fait, aucune panique ne s’est emparée des opérateurs qui ont continué à se débarrasser du dollar au profit de la livre, le faisant négocier au bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) d’ailleurs maintenue en l’état entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Le billet vert a dû ainsi clôturer la journée d’hier au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL alors que les établissements de crédit continuaient à le traiter pratiquement entre 1 502,00 et 1 503,00 LL dans un marché équilibré de lui-même, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires est resté modéré, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Stabilité de l’euro et du dollar À l’étranger, l’euro s’est stabilisé hier sur les marchés des changes internationaux, au lendemain d’une nette progression liée aux espoirs d’une paix proche au Kosovo, tandis que le yen a progressé face au billet vert à la veille de la publication des chiffres sur la croissance japonaise. Pourtant la monnaie unique européenne était montée brièvement jusqu’à 1,0485 dollar dans les premiers échanges en Europe hier matin, au lendemain d’un accord entre les Alliés et la Russie sur un projet de résolution sur le Kosovo, ouvrant la voie à la paix après onze semaines de bombardements de l’Otan en Yougoslavie. Mais elle s’est ensuite tassée face au billet vert et n’a pas réagi aux informations du ministère allemand de la Défense selon lesquelles l’Otan s’abstenait de toute attaque sur la Yougoslavie dès mercredi matin. Selon les cambistes, l’effet du Kosovo sur l’euro est avant tout psychologique car il n’y a pas de raison fondamentale pour que cette devise fluctue en fonction de la situation dans les Balkans. Et d’ajouter que le net redressement de l’euro depuis mardi dernier est dû à une correction après la récente dépréciation de la monnaie européenne qui avait battu au début de la semaine un nouveau record de faiblesse à 1,0260 dollar. Certes, l’euro a continué de bénéficier également des chiffres meilleurs que prévu sur la croissance allemande publiés la veille. Il a profité aussi d’une nouvelle séance volatile à Wall Street qui pesait sur le dollar, le pénalisant aussi face au yen. La devise nippone a par ailleurs été soutenue par un regain d’optimisme des investisseurs à la veille de la publication du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) japonais pour le premier trimestre de l’année. Quant au sterling, il s’est montré vulnérable, les opérateurs faisant preuve de prudence à la veille de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui pourrait décider d’un nouvel assouplissement du crédit. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est négocié à New York sur un ton mitigé comme suit : – 1,0459 pour un euro contre 1,0460, la veille – 1,6020 pour un sterling contre 1,6050 – 1,8702 DM contre 1,8700 – 6,2715 FF contre 6,2735 – 1,5240 FS contre 1,5225 – 1 851,25 lires contre 1 851,85 – 118,95 yens contre 118,90. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a continué d’évoluer dans d’étroites limites vers le haut grâce notamment à la légère hausse des actions de Rymco pour la deuxième journée consécutive, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,05 point à 77,64 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 178,62 points. Toutefois, le volume d’affaires de la journée d’hier s’est nettement contracté pour ne pas dépasser quelque 82 255 actions négociées d’une valeur globale de 373 259 dollars. Wall Street : sous le signe d’une hausse des taux Quant à Wall Street, elle a été tirée à la baisse encore hier par les craintes d’un prochain relèvement des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed) face aux risques de reprise de l’inflation aux États-Unis. De fait, certains investisseurs craignent d’ores et déjà que la Fed n’enclenche une hausse des taux sur les fonds fédéraux (Fed Funds) lors de la prochaine réunion de son comité de l’open market fin juin ou même qu’elle ne frappe préventivement avant cette date si les statistiques américaines sur les prix à la production et à la consommation ainsi que les ventes de détail, dont la publication est prévue en fin de cette semaine et au début de la semaine prochaine, révèlent une surchauffe de l’économie. Dans cette crainte, nombre d’opérateurs ont estimé devoir se dégager sur les valeurs américaines. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est retombé d’un plus haut à 10 790,02 points à un plus bas à 10 689,97 points, avant d’afficher en préclôture 10 702,32 points, en nouvelle baisse de 63,32 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont terminé en légère hausse mercredi en dépit de l’augmentation des rendements obligataires aux États-Unis. La fermeté de Wall Street à l’ouverture et les espoirs d’un renforcement de la croissance en Europe au second semestre, portés par l’annonce la veille d’un PIB allemand meilleur que prévu au premier trimestre, ont soutenu la tendance. «Étant donné la hausse des rendements obligataires américains, il est tout à fait encourageant que les marchés d’actions européens se tiennent raisonnablement bien», a commenté Gareth Evans, stratégiste actions européennes chez ING Barings. «Tout le monde s’attend à ce que les États-Unis doivent refroidir la machine à un moment donné, mais si la croissance économique s’améliore en Europe, la situation pourrait être intéressante», a estimé Peter Wind, de chez ING Barings à Amsterdam. L’indice Cac 40 à Paris et l’indice Footsie de Londres ont terminé en hausse de 0,3 %, le XetraDax allemand s’est adjugé 1 % et l’Ibex de Madrid 0,2 %, tandis que Milan et Zurich étaient pratiquement inchangées. La plupart des secteurs, la distribution et les télécoms en tête, ont terminé sur une note positive. En revanche, les valeurs des médias, après avoir flambé à l’annonce, mardi, de la fusion Pathé-Vivendi, étaient à la traîne. L’indice large Eurotop 300 affichait un gain de 0,2 %, tandis que l’Euro Stoxx 50 des principales valeurs de la zone euro engrangeait près de 0,5 %. La Commerzbank est arrivée en tête des principales hausses de l’Euro Stoxx 50, avec un bond de 5,4 % après l’annonce par la banque allemande d’une forte hausse prévisible de ses résultats au deuxième trimestre et d’une possible introduction en Bourse cette année de sa filiale téléphonique Comdirect. Le géant anglo-néerlandais des produits de consommation Unilever, qui avait été malmené ces derniers temps, a rebondi de 4,5 % à Londres et de 2,1 % à Amsterdam sur une nouvelle recommandation d’achat émise par les analystes de Morgan Stanley. Deutsche Telekom, ayant révélé que la demande pour sa nouvelle tranche d’actions mise sur le marché était élevée, s’est adjugé 4,1 %, tandis que le français Alcatel, dont le parcours avait été décevant ces derniers temps, progressait de 5,1 % après l’annonce de nouveaux contrats. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a terminé mercredi sur une progression de 0,4 %, poursuivant ainsi sa progression dans l’attente de la publication jeudi des chiffres du PIB japonais pour le premier trimestre. L’indice Nikkei 225 a gagné 59,58 points, à 16 622,50 points, son niveau le plus haut depuis plus de trois semaines. L’indice élargi Topix a progressé pour sa part de 3,37 points à 1 342,51 points. Environ 490 millions d’actions ont changé de mains, en forte hausse par rapport aux 371,4 millions de titres échangés mardi. L’indice de référence du marché avait passé la barre des 17 000 points le mois dernier, à son plus haut niveau depuis octobre 1997, mais est redescendu depuis. «Cependant, le marché espère toujours que le gouvernement annoncera quelque chose d’important dans les prochains jours pour montrer, au moment où les dirigeants des pays du G7 se réunissent à Cologne (Allemagne), que Tokyo lutte contre la récession prolongée qui frappe le pays», a-t-il ajouté.
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