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Actualités - Reportages

Le Liban, un pays très concerné(photos)

L’eau est une denrée essentielle à tous les niveaux : pour boire, laver, cuisiner, produire, arroser... La liste est longue, mais une question demeure : la qualité de l’eau au Liban est-elle bonne? Parce que justement cette question reste sans réponse, les professionnels du traitement des eaux prennent une importance croissante. En effet, ils offrent une garantie que l’eau, quelle que soit son utilisation, répondra aux critères des uns et des autres. À l’aube du vingt et unième siècle, le secteur du traitement des eaux connaît un véritable boom commercial et technologique. «Le marché international connaît une véritable explosion dans ce domaine, indique Riad Dib, directeur de Water and Environment. L’environnement est un problème mondial. Le Liban est particulièrement concerné par la pollution de l’eau». Habib Daher, président de Overseas Trade Market, approuve : «L’environnement est le domaine du futur, au niveau de l’eau, de l’air et des sols. Sur le plan industriel, le recyclage permet de faire des économies importantes, c’est pourquoi il va intéresser de plus en plus de gens». Salim Makhoul, président d’Aquarius, abonde, précisant que, au niveau des particuliers comme à celui des industriels, les Libanais prennent conscience de l’importance d’une eau de qualité. Pour Khalil Bouéri, directeur de Watermaster, le traitement des eaux devient une véritable mission, car ce secteur fait partie des rares domaines industriels touchant à l’amélioration de l’environnement. «La faune marine est en train de disparaître, observe-t-il. Et ce phénomène va en s’aggravant». La nécessité de lois adaptées et respectées La situation actuelle au Liban est, selon Riad Dib, surtout liée à l’absence de lois dans ce secteur. «Le public n’est pas sensibilisé à cette question, c’est pourquoi il est nécessaire que le gouvernement soit sévère». «Il n’y a pas d’égouts à la montagne, ajoute Salim Makhoul. C’est pourquoi chacun creuse sa propre fosse septique qui infiltre les sols». Habib Daher va plus loin : «Nous avons besoin de lois, de respecter ces lois et d’avoir les personnes adéquates pour les faire respecter. Tout d’abord, il nous faut une loi définissant dans quoi l’eau peut être stockée». Ainsi, l’installation de fosses septiques inadaptées peut poser problème, car les impuretés pénètrent malgré tout le terrain. «Ensuite, poursuit-il, il est indispensable de réguler la consommation d’eau. Nous n’en disposons pas en quantités infinies, et nous risquons la pénurie. Aux États-Unis, l’eau coûte plus cher que l’essence! C’est pourquoi il faudrait d’abord installer des compteurs d’eau, comme il existe des compteurs d’électricité, ce qui aiderait les gens à moins dépenser d’eau». Quelle eau boire ou ne pas boire? Les carences les plus graves se situent à un niveau moins perceptible et plus dangereux qu’une montagne d’ordures : la question de la composition même de l’eau porte à controverse. Le processus est simple: «L’eau n’est pas distribuée en permanence et sous pression, explique Salim Makhoul. Aussi, les gens ont-ils pris l’habitude de la stocker dans des réservoirs. Là est le risque car cette eau est exposée à la pollution de l’air». «Il est important de connaître la composition de l’eau au niveau bactériologique mais aussi au niveau minéral», indique Habib Daher. Le degré de pollution de l’eau est donc variable, et le taux de particules dissoutes se calcule en ppm. Khalil Bouéri explique : «Le ppm signifie partie par million. C’est-a-dire que c’est la quantité en kilos de minéraux qu’il resterait si l’on faisait bouillir un million de litres de cette eau. La World Health Organization considère que l’eau est potable quand elle reste en dessous de 500 ppm. L’eau d’égout se situe entre 700 et 800 ppm. L’eau saumâtre est légèrement salée et contient 1000 à 10 000 ppm. Au-delà de 10 000 ppm, l’eau est saline. Enfin, l’eau peut être turbide, c’est-à-dire qu’elle est trouble». Au Liban, l’eau potable stockée par le gouvernement varie entre 200 et 250 ppm. Elle provient des eaux de surface, les rivières en particulier, et des eaux de pluie. Cette eau est traitée avant d’être distribuée. Le problème se situe ailleurs, au niveau des canalisations d’eau potable. «Les usines de traitement d’eau de l’État font un travail très correct, remarque Salim Makhoul. Mais le système de canalisation est vétuste. Beaucoup d’eau propre en sort et lorsqu’il n’y a pas d’eau, que la distribution est arrêtée, un appel d’air se produit et de nombreuses saletés sont aspirées». «Le réseau de distribution d’eau est vieux de 25 ans, s’exclame Riad Dib. Il n’est pas nettoyé régulièrement et est même percé à certains endroits. Même les réservoirs ne respectent pas les normes internationales puisqu’ils sont en abastos, un matériau qui a été interdit». Ceux ayant recours aux puits artésiens, à la montagne par exemple, ne sont pas à l’abri. La nappe phréatique peut être contaminée à plusieurs niveaux : par la fosse septique inadaptée du voisin, par le nitrate utilisé dans les engrais par les agriculteurs... La responsabilisation, la meilleure des solutions La solution réside dans une action double. Au niveau gouvernemental, des propositions sont faites pour l’installation d’usines de recyclage, qui demanderait de la place et du matériel sophistiqué – nécessairement cher – mais indispensable. Salim Makhoul indique toutefois que Beyrouth et les principales grandes villes sont en train de se doter des installations adéquates. «Le plus pratique et le plus économique serait de traiter toutes les eaux du pays en une même station, mais la géographie du pays ne le permet pas», regrette Khalil Bouéri. Évidemment, il revient aussi au gouvernement d’établir et de faire respecter des lois. «Désormais, pour obtenir un permis de construire, un entrepreneur doit fournir la preuve qu’il a intégré une station de traitement s’il ne dispose pas d’égouts», remarque toutefois Khalil Bouéri. Enfin, les professionnels du traitement des eaux pourraient former un syndicat, comme le suggère Habib Daher : «Si ces compagnies acceptaient de former un syndicat, nous pourrions apporter une aide importante au gouvernement, ne serait-ce qu’au niveau de l’information. Nous sommes tous responsables».
L’eau est une denrée essentielle à tous les niveaux : pour boire, laver, cuisiner, produire, arroser... La liste est longue, mais une question demeure : la qualité de l’eau au Liban est-elle bonne? Parce que justement cette question reste sans réponse, les professionnels du traitement des eaux prennent une importance croissante. En effet, ils offrent une garantie que l’eau, quelle que soit son utilisation, répondra aux critères des uns et des autres. À l’aube du vingt et unième siècle, le secteur du traitement des eaux connaît un véritable boom commercial et technologique. «Le marché international connaît une véritable explosion dans ce domaine, indique Riad Dib, directeur de Water and Environment. L’environnement est un problème mondial. Le Liban est particulièrement concerné par la pollution de l’eau»....