Les 28 d’Aimé Jacquet, les 22 et puis les critiques. Un an après, Christophe Dugarry n’a rien oublié de cette fin de printemps «pourri», de cette préparation au Mondial-98 de football, qui en avait fait d’abord un homme et ensuite un joueur au bord de la crise de nerf. Un an après, Dugarry a mûri. Toujours rebelle mais désormais père. Responsable. Enfin. En outre, depuis 1996, il éprouve une vraie satisfaction. Il vient d’accomplir une saison complète, même si elle a été blanche de titre, le joueur a remporté une victoire sur lui-même : il est redevenu le Dugarry de Bordeaux, conquérant et ambitieux. Elle est loin cette fureur de gagner qui lui avait fait «remarquer» au soir de la dernière journée de championnat «certaines choses pas très claires», ou encore que «Marseille ne jouait pas la même compétition que les autres». Au centre technique de Clairefontaine, Dugarry est redevenu plus serein. «Oui, Bordeaux méritait son titre. Dans nos deux affrontements, ils nous ont marqué six buts. Six buts ! Ca veut dire quelque chose», précise-t-il. Il n’éprouve plus le moindre regret concernant cette saison. Même, la finale de la Coupe de l’UEFA contre Parme passe par pertes et profits. «Les Italiens étaient les plus forts. 3 à 0, il n’y a rien à dire». Dugarry n’est plus belliqueux, lui qui déteste la défaite. L’expérience... Vacances Il y a un an, il aurait pu être détruit par les critiques. L’amitié, le réconfort de ses proches et sa propre personnalité l’ont aidé à remonter la pente, même si certaines cicatrices ne se sont pas refermées. «La vie, il faut la regarder devant. Le passé, il faut en tenir compte». Dugarry n’en dira pas plus. Demain, ce sont les éliminatoires de l’Euro-2000 (groupe 4), c’est la venue de la Russie au Stade de France à Saint-Denis, l’un des hauts lieux de sa rédemption avec le Stade vélodrome de Marseille. Duga n’est pas (encore) sûr de jouer. «Physiquement, c’est dur. À ce stade de la saison, si je dois jouer les deux rencontres ce sera difficile», précise le joueur de l’OM. «Là, j’aspire à des vacances, parce que la saison a été dure et prenante. Jouer à Marseille ce n’est pas toujours facile. Il y a la pression. Mais jouer à Marseille c’est terriblement passionnant», admet-il. L’avenir, Christophe Dugarry ne veut pas trop en parler. Dans cette période agitée où les bruits fourmillent notamment autour de l’OM, épicentre de tous les transferts, l’attaquant parle avec un détachement mâtiné de certitudes : «Oui, je suis à l’OM. Oui, je reste à l’OM», avant d’asséner : «Ne m’annoncez surtout pas au Paris SG. Jamais, même s’il ne faut pas dire, jamais je n’y jouerai». l’Irlande était jeudi au cœur d’une polémique diplomatico-sportive autour du report ou de l’annulation de la rencontre Eire-Yougoslavie, samedi à Dublin, en éliminatoires de l’Euro-2000. L’Eire a refusé de jouer un match que les autorités du football voulaient imposer «malgré la guerre», s’exposant ainsi à une sanction de la part de la toute-puissante Union européenne de football (UEFA). Elle avait au contraire joué samedi contre l’Irlande du Nord un match «pour la paix», au bénéfice des victimes de l’attentat d’Omagh, En refusant d’accorder des visas aux 94 membres de la délégation yougoslave, au moment où Belgrade semblait accepter les bases d’un accord éventuel sur le Kosovo, le gouvernement irlandais a rendu impossible la tenue de ce match, samedi à Lansdowne Road. L’UEFA a déjà indiqué que l’Eire risquait de perdre ce match par forfait, voire même d’être exclue définitivement du groupe 8 des éliminatoires, où elle est actuellement en tête... malgré une défaite à Belgrade en septembre (1-0). Dans ce groupe 8, un seul match a été joué en 1999, Malte-Yougoslavie le 10 février (0-3), et plusieurs rencontres ont déjà été reportées à une date ultérieure, dont Croatie-Malte, Yougoslavie-Croatie (reporté au 18 août), Yougoslavie-Macédoine (reporté au 4 septembre), Macédoine-Eire à Skopje (reporté au 9 octobre). Depuis plusieurs semaines, la Fédération irlandaise de football (FAI) avait demandé à l’UEFA de reporter aussi le match de samedi, pour éviter que ce match soit perturbé, d’une manière ou d’une autre, par des associations favorables aux réfugiés du Kosovo, ce qui pourrait aussi poser des problèmes de sécurité pour les joueurs yougoslaves. Ces derniers jours, en raison de l’inflexibilité de l’UEFA, le ton est devenu nettement plus politique. L’Irlande n’est pas membre de l’Otan et ne participe donc pas aux bombardements, mais son Premier ministre, Bertie Ahern, est venu renforcer la position de la FAI, en évoquant la politique de Slobodan Milosevic au Kosovo. Il a reçu le soutien immédiat de son opposition au Parlement irlandais et de la quasi-totalité de la presse du pays. L’Irish Independent a accusé l’UEFA «d’arrogance et de stupidité», estimant que «le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’interdire cette rencontre», car «la permettre équivaudrait à faire la propagande de Milosevic».
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