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Actualités - Reportages

Le point de vue du restaurateur(photo)

Béchara Nammour, président d’Idarat, répond aux questions de L’Orient-Le Jour au sujet des transformations subies par la Maison de l’Artisan. Il donne son point de vue de restaurateur, le ministère des Affaires sociales ayant confié le projet en BOT, en 1997, à la société Capital Restaurant ou Idarat, pour en faire une brasserie et un restaurant de poissons. Il déclare avoir obtenu l’aval des autorités de l’époque pour l’exécution de son projet, autrement dit, du gouvernement dirigé par Rafic Hariri, à la condition de réhabiliter aussi à ses propres frais l’aile destinée à la Maison de l’Artisan. Évoquant le manque de respect de l’architecture initiale du bâtiment de la Maison de l’Artisan, Béchara Nammour raconte : «Nous avons hérité de ruines. Après vingt ans de délabrement total, la structure métallique et le béton étaient littéralement pourris. Nous avons tenté au tout début des travaux de respecter l’esprit de l’ancienne construction, avec l’aide de l’architecte Pierre el-Khoury. Mais nous avons réalisé que l’ensemble serait trop vide, que cela ne pouvait engendrer aucune ambiance, que la décoration ne donnerait rien. Nous avons alors laissé tomber l’architecture initiale et avons fait appel au décorateur français Jacques Garcia. Et nous avons transformé ces ruines en ce que vous voyez». «Je suis libre de faire la décoration que je veux, affirme-t-il. Dans un restaurant, c’est le décor que je dois vendre. Je ne fais ni une maison libanaise, ni une salle d’exposition. Je ne peux installer une centaine de personnes à déjeuner dans une cage de verre où le soleil tape de partout, sans aucune protection. Je dois créer une ambiance et je n’ai pas peur d’aller jusqu’au bout». Il est vrai que M. Nammour exploite un restaurant, mais dans ce bâtiment il y a aussi et surtout une salle d’exposition, celle de la Maison de l’Artisan, qui garde sa mission première : celle d’encourager l’artisan libanais. «cette maison de l’artisan, poursuit-il, nous l’avons retapée à nos frais, pour le compte du ministère des Affaires sociales et n’en percevrons absolument rien. Extérieurement, elle a l’aspect de tout le projet, c’est-à-dire l’aspect orientaliste vu par Jacques Garcia. Mais intérieurement, nous avons respecté sa superficie initiale et nous avons même conservé l’idée du concepteur d’origine, autrement dit, les arcades et le marbre beige, pour mettre la marchandise en valeur». à la question d’une éventuelle infraction au niveau de la construction ou d’un empiètement illégal sur la mer, Béchara Nammour répond qu’il est «totalement réglo», autrement dit, en règle. «En fait, explique-t-il, cela paraît plus grand qu’à l’époque car nous avons utilisé et fermé les espaces qui servaient autrefois de balcons». Quant au complexe balnéaire où une piscine a été construite, une jetée aménagée et un ponton construit, pouvant accueillir quelques dizaines de bateaux, les travaux en auraient été étroitement surveillés depuis le changement de gouvernement, selon les propos de M. Nammour. «On nous a même empêchés d’effectuer certains travaux protégeant notre clientèle des vagues, très hautes à cet endroit», ajoute-t-il. Cependant, ce projet, d’ordre privé, contribue comme beaucoup d’autres complexes de la région à priver la population du droit de contempler la mer, alors que les balcons de la Maison de l’Artisan d’antan laissaient l’accès libre aux promeneurs. M. Nammour ne s’en démonte pas pour autant. «C’est une zone d’hôtels», dit-il. «Le gouvernement était conscient que cet espace allait être fermé. Il y était même favorable. Et puis, la Corniche est assez vaste pour accueillir les promeneurs». Béchara Nammour conclut : «J’aime bien cette nouvelle architecture». «Quant à la couleur, ajoute-t-il, d’un ton plus hésitant, c’est vrai qu’elle est un peu forte, mais les journalistes étrangers l’ont adorée».
Béchara Nammour, président d’Idarat, répond aux questions de L’Orient-Le Jour au sujet des transformations subies par la Maison de l’Artisan. Il donne son point de vue de restaurateur, le ministère des Affaires sociales ayant confié le projet en BOT, en 1997, à la société Capital Restaurant ou Idarat, pour en faire une brasserie et un restaurant de poissons. Il déclare avoir obtenu l’aval des autorités de l’époque pour l’exécution de son projet, autrement dit, du gouvernement dirigé par Rafic Hariri, à la condition de réhabiliter aussi à ses propres frais l’aile destinée à la Maison de l’Artisan. Évoquant le manque de respect de l’architecture initiale du bâtiment de la Maison de l’Artisan, Béchara Nammour raconte : «Nous avons hérité de ruines. Après vingt ans de délabrement total, la...