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Actualités - Chronologie

Conservation - Menace sur le tourisme gorille Gare aux hommes !

«Les gorilles sont pacifiques, n’ont pas de tribus, ne se battent jamais sans raison, alors que nous sommes capables de découper pour un rien notre prochain à la machette», remarquait Fidèle Nshogoza, ancien assistant de Dian Fossey, avant de connaître ce tragique sort dans les montagnes du Rwanda. Cette région, à cheval sur le Rwanda, l’Ouganda et le RDCongo (ex-Zaïre), à la une de l’actualité au moment du génocide au Rwanda, était presque oubliée. En mars, l’assassinat de huit touristes occidentaux sur les traces de gorilles en Ouganda est venu brusquement rappeler que l’atmosphère y est toujours explosive. Aux yeux de José Kalpers, un des responsables du Programme international de conservation des gorilles (PICG), ces primates sont aujourd’hui un baromètre des tensions humaines. Pour les mouvements rebelles, le sabotage du «tourisme gorille», autrefois véritable force économique, est un outil d’affaiblissement des régimes en place. Au Rwanda, ce tourisme était la troisième source de devises, après le café et le thé. Les chiffres établis en Ouganda peu avant l’assassinat des touristes sont tout aussi éloquents. «La vente de permis de visite aux gorilles, précise le scientifique belge, généraient un million de dollars par an. Avec l’hôtellerie et la restauration, il faut au moins tripler ce chiffre, et cela grâce seulement à trois familles de gorilles. Auparavant, elles étaient vingt à recevoir, dans les trois pays, des touristes ou des scientifiques». Une douzaine d’Africains engagés dans la protection des gorilles, gardes, guides ou conservateurs, figurent parmi les victimes de la violence généralisée. Aucun des mouvements armés ne donne cependant l’impression de vouloir s’attaquer aux primates eux-mêmes. Lorsque le premier gorille, un mâle à dos argenté, Mrithi, a été tué, en 1992, après le déclenchement des hostilités au Rwanda, la réaction a été symptomatique : «Nous ne toucherions jamais à notre patrimoine de gorilles !» juraient les autorités et la rébellion. En fait, Mrithi – qui a «joué» dans le film «Gorillas in the Mist», consacré à la primatologue Dian Fossey, assassinée au Rwanda en 1985, – a probablement été victime d’un accident. Une patrouille militaire serait tombée sur son groupe, le mâle aurait chargé et les soldats auraient tiré. À ce jour, dix-huit à vingt-trois gorilles ont été tués, sans qu’il soit possible de faire la distinction entre ceux qui l’ont été directement à cause de la guerre et les victimes de la reprise du braconnage favorisée par la guerre. «Avant les conflits, pendant dix ans, insiste José Kalpers, nous n’avons pas entendu parler d’un seul gorille tué». Comment protéger les gorilles pris dans le piège d’une guerre des hommes ? «Notre philosophie n’a pas changé, souligne-t-il. Depuis sa création, en 1979, par trois organisations internationales – African Wildlife Foundation, Fauna and Flora International et le Fonds mondial pour la nature –, le PICG n’a jamais voulu se substituer aux autorités locales». «Notre objectif, ajoute-t-il, était de contribuer à mettre en place un mécanisme d’autofinancement de la protection des gorilles, avec des retombées positives pour les populations locales. Ce mécanisme n’existe plus. Nous devons donc intervenir de façon urgente».
«Les gorilles sont pacifiques, n’ont pas de tribus, ne se battent jamais sans raison, alors que nous sommes capables de découper pour un rien notre prochain à la machette», remarquait Fidèle Nshogoza, ancien assistant de Dian Fossey, avant de connaître ce tragique sort dans les montagnes du Rwanda. Cette région, à cheval sur le Rwanda, l’Ouganda et le RDCongo (ex-Zaïre), à la une de l’actualité au moment du génocide au Rwanda, était presque oubliée. En mars, l’assassinat de huit touristes occidentaux sur les traces de gorilles en Ouganda est venu brusquement rappeler que l’atmosphère y est toujours explosive. Aux yeux de José Kalpers, un des responsables du Programme international de conservation des gorilles (PICG), ces primates sont aujourd’hui un baromètre des tensions humaines. Pour les mouvements...