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Actualités - Chronologie

Indonésie - Décompte des voix au compte-gouttes L'opposition en tête des législatives

L’opposition est en tête des élections législatives indonésiennes dont les résultats, plus de vingt-quatre heures après la clôture du scrutin, tombent au compte-gouttes. Selon un décompte partiel, portant sur moins d’un million de suffrages sur plus de 100 millions, l’opposition rassemble près de 70 pour cent des voix contre moins de 13 pour cent pour le Golkar, le parti du pouvoir et de l’administration. Au sein de l’opposition, le Parti démocratique indonésien de lutte (PDIP) de Mme Megawati Soekarnoputri arrive largement en tête avec plus de 40 pour cent des voix, distançant le Parti de l’éveil national (PKB, musulman modéré) d’Abdurahman Wahid (26 pour cent). Habitué aux triomphes électoraux de l’époque Suharto dont il était la courroie politique, le Golkar, maintenant rangé derrière le président Habibie, a reconnu mardi être distancé par le PDI. Il affirme cependant être en mesure de garder la seconde place avec au moins 20 pour cent des voix, alors qu’il en avait obtenu 74 pour cent aux dernières élections législatives en mai 1997. Les dirigeants du PDIP se gardent pour leur part de triomphalisme. Le président de la section de Djakarta, Roy Janis, estimant ainsi que «un minimum de 20 pour cent est assuré mais qu’il est possible que 30 pour cent soit dépassé». M. Janis s’inquiète également de la lenteur du dépouillement estimant que tout délai rend plus facile des «manipulations» tout en reconnaissant que «jusqu’à présent», la procédure s’est déroulée de manière satisfaisante. Les organisations non gouvernementales indonésiennes qui, pour la première fois, ont pu systématiquement surveiller de près le déroulement de la campagne et du scrutin, se refusent également à toute déclaration faisant valoir que «le processus est loin d’être terminé». L’une des raisons des lenteurs du décompte, selon l’un des responsables de la Commission électorale, Andi Malarangeng, est la lourdeur du système de double décompte et vérifications successives des résultats avant leur tabulation dans l’ordinateur principal. «Il ne faut pas non plus oublier que c’est la première fois depuis des décennies que l’on a à compter les bulletins après une journée d’élection», ajoute en plaisantant un journaliste indonésien dans une allusion aux pratiques électorales durant les 32 années de pouvoir absolu de M. Suharto. Pour la première fois en effet, des partis librement constitués – 48 – ont pu participer à l’élection de lundi qui visait à pourvoir 462 sièges des 500 sièges du Parlement, les 38 restants étant attribués sans vote à l’armée. Ce parlement fournira les deux tiers de l’Assemblée consultative populaire qui doit élire, en principe en novembre prochain, le président de la République. Le bon déroulement général du scrutin, un exercice périlleux dans un pays économiquement en ruines et secoué depuis plus d’un an par de meurtriers affrontements à base religieuse, ethnique ou sociale ont provoqué un soupir général de soulagement. «Un premier pas a été fait vers la démocratie mais n’oublions pas que ce n’est que le premier», note prudemment mardi The Djakarta Post alors que, Media Indonesia met carrément en garde écrivant : «Les élections se sont bien déroulées mais la tempête n’est pas encore passée». La Bourse de Djakarta, en revanche, a fait preuve de véritable exubérance. Après la fermeture lundi pour cause d’élections, elle a bondi mardi de plus de 14 pour cent, retrouvant un niveau qui était le sien en août 1997 avant la dévaluation de la roupie.
L’opposition est en tête des élections législatives indonésiennes dont les résultats, plus de vingt-quatre heures après la clôture du scrutin, tombent au compte-gouttes. Selon un décompte partiel, portant sur moins d’un million de suffrages sur plus de 100 millions, l’opposition rassemble près de 70 pour cent des voix contre moins de 13 pour cent pour le Golkar, le parti du pouvoir et de l’administration. Au sein de l’opposition, le Parti démocratique indonésien de lutte (PDIP) de Mme Megawati Soekarnoputri arrive largement en tête avec plus de 40 pour cent des voix, distançant le Parti de l’éveil national (PKB, musulman modéré) d’Abdurahman Wahid (26 pour cent). Habitué aux triomphes électoraux de l’époque Suharto dont il était la courroie politique, le Golkar, maintenant rangé derrière le...