L'humour noir, thérapie préférée des Serbes contre les raids
le 26 mai 1999 à 00h00
Assommés par les bombes de l’Otan, les Serbes ont recours à l’humour noir comme thérapie privilégiée pour lutter contre la déprime. Après deux mois de raids, les histoires «drôles» font florès à Belgrade et ailleurs. En voici une sélection: – Un Japonais et un Allemand tentent de consoler un Serbe qui pleure toutes les larmes de son corps. «Tu sais», lui dit le Japonais, «on a bien survécu à Hiroshima et Nagasaki». «Et nous», poursuit l’Allemand, «avec le plan Marshall, on est redevenu en dix ans la première puissance économique européenne». «C’est pas ça», répond le Serbe toujours larmoyant, «le problème, c’est que j’ai bien peur qu’on la gagne, cette guerre». – Savez-vous comment s’appellent les fenêtres barrées de bandes adhésives blanches que l’on trouve partout en Serbie et au Monténégro pour empêcher les éclats de verre lors des bombardements ? «Windows 99». – Quelle est la façon la plus rapide de relier Belgrade à Novi Sad (à 80 km au nord de la capitale yougoslave)? Prendre le train pour le port de Bar, au Monténégro, et traverser l’Adriatique jusqu’à Bari, en Italie. De Bari, reprendre le train vers le nord jusqu’à la base aérienne d’Aviano, où il y a un vol de l’Otan pour la Yougoslavie toutes les demi-heures. – Graffiti noté sur les murs d’une maison de Batajnica, dans la banlieue de Belgrade, proche d’un aéroport militaire plusieurs fois bombardé : «Ici, il n’y a que des gitans – pour l’aéroport, c’est un peu plus loin». – Graffiti noté sur les murs d’une autre ville épargnée par les raids : «Et nous, pourquoi n’avons-nous pas été touchés ? On n’a pas la lèpre!». Quelques jours plus tard, selon des habitants, la ville était bombardée.
Assommés par les bombes de l’Otan, les Serbes ont recours à l’humour noir comme thérapie privilégiée pour lutter contre la déprime. Après deux mois de raids, les histoires «drôles» font florès à Belgrade et ailleurs. En voici une sélection: – Un Japonais et un Allemand tentent de consoler un Serbe qui pleure toutes les larmes de son corps. «Tu sais», lui dit le Japonais, «on a bien survécu à Hiroshima et Nagasaki». «Et nous», poursuit l’Allemand, «avec le plan Marshall, on est redevenu en dix ans la première puissance économique européenne». «C’est pas ça», répond le Serbe toujours larmoyant, «le problème, c’est que j’ai bien peur qu’on la gagne, cette guerre». – Savez-vous comment s’appellent les fenêtres barrées de bandes adhésives blanches que l’on trouve partout en Serbie et...
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