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Actualités - Conferences Et Seminaires

Ressources naturelles Pour Traboulsi, la guerre de l'eau est inévitable

Après les ministres Issam Naaman et Nagib Mikati, c’était hier le tour du ministre des Ressources hydrauliques et du Pétrole Sleimane Traboulsi d’être l’hôte du déjeuner - rencontre qu’organise régulièrement à l’hôtel Le Gabriel la Chambre internationale de commerce, section-Liban (CIC) dans le but de renforcer le dialogue entre les milieux dirigeants et les différents acteurs et forces actives de la vie économique dans le pays. Avec beaucoup de rigueur et en véritable ancien magistrat (en 1996, il a été nommé, rappelle-t-on, procureur général près la Cour des comptes), M. Traboulsi a tenté de faire le point de la situation des deux départements dont il a la charge se référant constamment aux chiffres. «Les chiffres constituent la base des plans d’action des départements des ressources hydrauliques et du pétrole», a-t-il dit devant un parterre d’hommes d’affaires parmi lesquels on notait la présence du vice-président et du secrétaire général de la CIC, section Liban, MM. Assaad Sawaya et Louis Hobeika, du député Khaled Saab et du président de l’Association des Banques, M. Farid Raphaël. Abordant le dossier de l’eau, M. Traboulsi a affirmé que les ressources en eau du Liban ne sont pas intarissables. En l’an 2015, notre pays aura des besoins en eau supérieurs aux quantités dont il dispose. Conscient de la situation et dans le but de mieux exploiter les eaux de pluie, le ministère des Ressources hydrauliques en coopération avec le Conseil du développement et de la reconstruction a mis au point un plan décennal qui prévoit la construction de lacs en montagne et des barrages dans les cinq mohafazats conformément au principe du développement équilibré entre les différentes régions du pays. Ce plan décennal a été élaboré en prenant en compte le fait que la quantité d’eau de pluie accuse une baisse d’un tiers chaque trois ans d’étiage comme se fût le cas entre 1988 et 1991 et décroît de moitié chaque dix ans. M. Traboulsi, qui a affirmé que le plan décennal permettra de rassembler quelque 630 millions de m3 d’eau, s’est dit convaincu que les années à venir seront marquées par «une guerre de l’eau». D’après le ministère des Ressources hydrauliques, la quantité de pluie annuelle au Liban est de 8 500 millions de m3. Le volume de l’eau qui s’évapore est de 4 500 millions de m3 alors que celui qui se perd du fait de son écoulement vers les pays voisins est de 655 millions de m3 sans compter le gaspillage de 850 millions de m3 qui constitue la nappe phréatique. Les quantités disponibles du point de vue théorique sont de 2 555 m3. Selon la même source, la consommation actuelle de l’eau potable est de près de 400 millions de m3, pour l’industrie de 85 millions de m3 et pour l’irrigation de 1 000 millions de m3. Notre demande est de près de 1 480 millions de m3 alors que les quantités disponibles fin 1998 étaient de 2 200 millions de m3. En l’an 2015, nos besoins en eau potable seront de l’ordre de 900 millions de m3, de 250 millions de m3 pour l’industrie et de 1 700 de m3 pour l’irrigation. «La quantité d’eau destinée à l’irrigation pourrait être diminuée jusqu’à 1 400 millions de m3 si des techniques sophistiquées sont utilisées», a souligné le ministre des Ressources hydrauliques et du Pétrole. Évoquant le dossier de l’électricité, M. Traboulsi a indiqué que le courant électrique est assuré pratiquement 24h sur 24 grâce au fait que la production d’énergie est de 1 700 mégawatts alors que la consommation n’est que de 1 600 Mégawatts. «La production d’énergie devrait augmenter du fait de l’accroissement de 6 % par an de la demande», a-t-il fait valoir. Il a par ailleurs indiqué que le gouvernement a obtenu un prêt de la Banque islamique pour le développement afin de construire un réseau pour le transport de l’énergie produite par les deux unités thermoélectriques installées Deir-Ammar et Zahrani, 40 % seulement de l’énergie produite par ces deux unités étant pour l’instant utilisées. Au moment de la construction de ces deux unités thermoélectriques, l’installation d’un réseau de distribution n’avait pas été malheureusement prévue. Tout en n’écartant pas l’hypothèse d’une privatisation de l’EDL, M. Traboulsi a évoqué les difficultés de perception des factures d’électricité, affirmant que les factures émises par l’EDL et non payées sont de l’ordre de 17 % soit près de 250 milliards de LL. Il a par ailleurs rappelé que les dettes de l’EDL sont de 1 400 millions de dollars, l’État n’ayant octroyé pour le moment qu’une avance de 91 millions de dollars. M. Traboulsi a affirmé que depuis qu’il est à la tête du ministère du Pétrole, l’achat de ce produit et de ses dérivés se fait sur base d’appel d’offres. S’il a reconnu que son département fait des profits en approvisionnant le marché local en pétrole, le responsable a affirmé que le ministère essuie des pertes pour ce qui est de la commercialisation du fuel et du mazout. «Les profits d’environ un million quatre cent mille dollars par mois suffisent à peine à payer les employés et ouvriers des raffineries de Zahrani et Beddaoui. Les salaires de ces derniers atteindraient quelque 16 millions de dollars par an», a-t-il dit. S’il a affirmé que la question de la privatisation du secteur du pétrole n’a pas encore été tranchée, M. Traboulsi a fait valoir d’une manière catégorique que le pétrole importé pendant qu’il est en charge de ce portefeuille sera toujours conforme aux spécifications requises par la loi. Tout en reconnaissant que les prix du fuel et du mazout appliqués au Liban sont supérieurs à ceux en vigueur dans les pays voisins, il a affirmé ne pas être en mesure, compte tenu de la situation du Trésor, d’accorder un traitement privilégié aux industriels qui devraient se contenter d’un prix préférentiels «dérisoires » soit deux dollars en moins que le prix du marché.
Après les ministres Issam Naaman et Nagib Mikati, c’était hier le tour du ministre des Ressources hydrauliques et du Pétrole Sleimane Traboulsi d’être l’hôte du déjeuner - rencontre qu’organise régulièrement à l’hôtel Le Gabriel la Chambre internationale de commerce, section-Liban (CIC) dans le but de renforcer le dialogue entre les milieux dirigeants et les différents acteurs et forces actives de la vie économique dans le pays. Avec beaucoup de rigueur et en véritable ancien magistrat (en 1996, il a été nommé, rappelle-t-on, procureur général près la Cour des comptes), M. Traboulsi a tenté de faire le point de la situation des deux départements dont il a la charge se référant constamment aux chiffres. «Les chiffres constituent la base des plans d’action des départements des ressources hydrauliques...