L’autre soir, au Vidéo-Club de l’IESAV (c’était le lundi 18 janvier), à l’issue de la projection du film d’Akira Kurosawa, Vivre [1], un spectateur posait cette question pertinente: «Comment expliquer qu’un pareil film, réalisé sans recherche particulière, tourné en noir et blanc, parvienne à nous fasciner en nous parlant de gens simples qui mènent une existence quotidienne d’une grisaille absolue?». Il n’y a pas de réponse. Il ne peut pas y en avoir. Et si l’on pouvait donner une réponse (valable), c’est qu’on aurait dévoilé un secret qui est celui même de l’art du cinéma, percé un mystère qui est né sans doute avec les premières images s’étant animées sur un écran. Parce que le cinéma est aussi fait d’impondérables, de moments fugitifs et privilégiés, entre lesquels se glisse, s’impose comme un reflet de la vie (réelle ou rêvée, peu importe, ce ne sont que nuances), d’où un rapprochement justifié avec l’univers de la musique. Alors, devant nos yeux (fascinés, en effet), les personnages vivent, sur l’écran. Pourquoi les hommes et les femmes que filment Bergman, Fellini, Cassavetes, Murnau, Kurosawa et autres grands créateurs sont-ils réellement vivants? Le secret, toujours. Parce que c’est ainsi. François Truffaut avait dit: «Je demande à un film que je regarde d’exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l’angoisse de faire du cinéma, et je me désintéresse de tout ce qui est entre les deux, c’est-à-dire de tous les films qui ne vibrent pas». Cette vibration qui, selon Charles Tesson, est «cette qualité essentielle qui donne aux films la possibilité de traverser le temps sans tromper le monde». Rien n’est simple. Le cinéma est beau. [1]: affluence (presque) record, pour un temps exécrable! Une autre vibration qui réconforte...
L’autre soir, au Vidéo-Club de l’IESAV (c’était le lundi 18 janvier), à l’issue de la projection du film d’Akira Kurosawa, Vivre [1], un spectateur posait cette question pertinente: «Comment expliquer qu’un pareil film, réalisé sans recherche particulière, tourné en noir et blanc, parvienne à nous fasciner en nous parlant de gens simples qui mènent une existence quotidienne d’une grisaille absolue?». Il n’y a pas de réponse. Il ne peut pas y en avoir. Et si l’on pouvait donner une réponse (valable), c’est qu’on aurait dévoilé un secret qui est celui même de l’art du cinéma, percé un mystère qui est né sans doute avec les premières images s’étant animées sur un écran. Parce que le cinéma est aussi fait d’impondérables, de moments fugitifs et privilégiés, entre lesquels se glisse,...
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